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Wauquiez fait son buzz en surfant sur la crise du logement

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Mais que ferait la France sans Laurent Wauquiez, qui croit inventer la poudre à chacune de ses sorties médiatiques ?

Il y a quelques mois, Laurent Wauquiez avait tenté de dresser la France du Smic "qui souffre" contre les allocataires du RSA (qui, eux, ne souffrent pas…) en lui faisant croire qu'elle perçoit des revenus inférieurs à ceux de l’"assistanat", véritable "cancer de la société". Avant de battre en retraite de manière assez affligeante face à l'évidence des chiffres qui prouvent le contraire.

Mercredi, le ministre de l'Enseignement supérieur, qui semble ne rien connaître au dossier du logement, a eu cette idée lumineuse : il propose de "réserver une partie des logements sociaux à ceux qui travaillent".

On se demande pourquoi personne n'y avait pensé jusqu'ici. Laurent Wauquiez a vraiment du génie. Sauf que ses déclarations suscitent de la gêne, voire de la colère dans son propre camp.

De la gêne, car c'est un peu embêtant de constater qu'un ministre de la République, ancien parlementaire, maire d'une ville moyenne (Le Puy-en-Velay) et diplômé de l'ENA, ignore tout du fonctionnement des HLM qui représentent pourtant 4,2 millions de logements et où habitent près de 11 millions de personnes, soit près d'un habitant de l'Hexagone sur six.

Dans la réalité, les attributions de logements sociaux obéissent à la règle des trois tiers :

- un tiers des HLM sont attribués sur le contingent du 1% logement. Ils sont destinés aux salariés des entreprises privées ou des entreprises publiques (SNCF, EDF, La Poste, la RATP...);

- un autre tiers de HLM est attribué sur le contingent préfectoral. Le préfet s'en sert notamment pour loger les fonctionnaires d'Etat (policiers, enseignants, employés des préfectures ou des ministères) et aussi des demandeurs ordinaires, dont des personnes en difficulté;

- le dernier tiers des HLM est attribué par le maire de la commune où se trouve l'immeuble. Là encore les attributions concernent tout le monde : des employés municipaux, des personnes travaillant dans le privé, des familles qui éclatent et qui ne disposent plus que d'un seul revenu pour se loger, ou des gens en grande difficulté.

Voilà les personnes que l'on trouve lorsque l'on va dans des immeubles HLM, que Laurent Wauquiez semble peu fréquenter. Une étude récente de l'Union des HLM situe à 7% la part des chefs de ménage sans activité professionnelle dans le parc social, contre 8% dans le parc privé. Les attributions se font selon des processus plus complexes que ses phrases toutes faites, intellectuellement creuses et paresseuses : "Faire du social dans notre pays ne peut pas consister à le faire en oubliant ceux qui travaillent".

Sa petite phrase est une vacherie pour son collègue du gouvernement en charge du Logement, Benoist Apparu, car elle laisse entendre qu'il "oublie ceux qui travaillent". Si l'on s'en tient à ses déclarations, tout le gouvernement semble coupable de les oublier aussi. A part Laurent Wauquiez lui-même...

C'est aussi très stigmatisant pour les habitants des HLM : en creux, il laisse entendre que ce sont tous des assistés.

Hier, parmi des parlementaires de la majorité contactés par Libération, certains avaient la dent très dure contre ministre de l'Enseignement supérieur : "Bien sûr qu'il sait comment fonctionnent les HLM, nous disait l'un d'eux. Mais Wauquiez n'est pas gêné de tordre le cou à la réalité pour se faire passer pour le seul défenseur des couches moyennes".

Chantre de la droite autoproclamée "sociale", l'ambitieux ministre sait utiliser les bonnes vieilles ficelles pour faire du buzz. Quitte à monter les gens les uns contre les autres : les logés en HLM contre ceux qui attendent un logement social (on compte 1,2 million de demandeurs en France, qui traverse une grave pénurie tandis que la loi SRU n'est pas appliquée…), les Smicards contre les chômeurs (qu'il assure ne pas vouloir stigmatiser…), etc.

(Source : Libération)

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Mis à jour ( Vendredi, 28 Octobre 2011 04:14 )  

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