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Accueil Social, économie et politique Paix sociale : le gouvernement fait vraiment dans son froc

Paix sociale : le gouvernement fait vraiment dans son froc

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Bientôt, les affairistes n'auront plus de souci à se faire : Nicolas Sarkozy envisage de supprimer les juges d'instruction. En parallèle, on incarcère sans preuves de dangereux «gauchistes» ou bien on les inculpe… pour 223 €.

L'heure est grave pour l'UMP qui, en dépit de la crise, tente de poursuivre ses réformes anti-sociales tout en craignant de futurs débordements. Ainsi elle se prête, par anticipation, à de grossières manœuvres dissuasives censées anéantir toute velléité de révolte chez les citoyens lambda un peu trop en colère, à grand renfort de «justice» sommée de châtier des épouvantails.

Les signes ne trompent pas. Quelques «exemples» :

D'abord l'affaire de Tarnac où des actes de vandalisme perpétrés sur des lignes TGV ont été qualifiés d’«actes de terrorisme» (tandis que les cinq bâtons de dynamite découverts dans les toilettes du Printemps avaient tout du pétard mouillé)... Le ridicule ne tue pas, même s'il est parfois tragique. A ce jour, depuis le 15 novembre, Julien Coupat et sa compagne Yldune Levy sont incarcérés à la Santé et à Fleury-Mérogis, présumés coupables bien qu'aucune preuve formelle ait pu, semble-t-il, être apportée à leur participation dans cette affaire, sauf un mode de vie et des opinions politiques jugés hautement suspects. Nombreux sont ceux qui, par ailleurs, croupissent en prison dans des conditions similaires sans être médiatisés pour autant.

Puis l'affaire Schivardi, Gérard de son prénom, ancien candidat à la présidentielle pour le Parti ouvrier indépendant (POI, soutenu par le Parti des travailleurs) qui nous a bien fait rire parce qu'on ne comprenait rien à ce qu'il racontait. Maire d'une petite commune et réélu démocratiquement au Conseil général de l'Aude en mars 2008 avec plus de 62% des voix au second tour, il a été démis de ses fonctions par le tribunal administratif de Montpellier et déclaré inéligible pendant un an. Motif : il n'avait pas ouvert de compte de campagne... D'une impardonnable modestie, ce brave homme n'avait dépensé au total que 223,45 € correspondant à une facture d'imprimerie pour des convocations à des réunions publiques. Et, trop vertueux, il l'a payée de sa poche, s'abstenant de se faire rembourser par la dispendieuse Commission des comptes de campagne. «Profondément touché» par cette décision, lui qui n'a «rien caché, rien volé», il pense faire appel auprès du Conseil d'Etat. «Quelle confiance peut-on faire à la justice de notre pays ? s'interroge-t-il. On voit des gens qui ont été condamnés pour des prises illégales d'intérêt et qui ne sont pas démis de leurs fonctions. Si les règles doivent être suivies, alors qu'elles soient appliquées à tout le monde.»

Bouquet final : Nicolas Sarkozy veut supprimer le juge d'instruction — indépendant, chargé des crimes et des très sensibles affaires politico-financières — pour confier l'ensemble des enquêtes judiciaires au parquet, sous le contrôle d'un magistrat appelé «juge de l’instruction», qui dépendra… du ministère de la justice. Un tour de passe-passe sémantique qui suit cette même logique de mainmise du pouvoir sur une institution désormais vouée à soulager ses riches amis (grâce à une dépénalisation progressive du droit des affaires et de la délinquance en col blanc) et à tourmenter ses petits ennemis, peu importe si justice il y a.

Paradoxalement, sur certains points, Nicolas Sarkozy craint d'être impopulaire (alors qu'il l'est déjà depuis longtemps) : par exemple, il rechigne à récupérer le dossier de l'assurance-chômage en cas d'échec du paritarisme et tente de manipuler les syndicats afin qu'ils endossent la responsabilité d'une nouvelle convention qui va nuire aux futurs privés d'emploi, massivement issus des classes moyennes. Mais sur d'autres, il ne craint ni le ridicule ni de provoquer des tollés, y compris dans son propre camp. On pourrait mettre ces incohérences sur le compte de la maladresse. On connaît néanmoins l'habile stratège qu'est cet animal politique. Cependant, ces couacs deviennent si frénétiques qu'ils révèleraient plutôt un malaise grandissant. On peut donc se demander combien de temps notre monarque, chantre de l'avènement d'une «démocratie mature», réussira ainsi, de scandales feutrés en autoritarisme crasse, à maintenir un semblant de paix sociale d'ici la fin de son mandat.

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Mis à jour ( Jeudi, 08 Janvier 2009 04:16 )  

Commentaires 

 
0 # tristesir 2009-01-08 15:07 On apprenait dans le Canard Enchaîné du 19 décembre (repris par le journal Le Monde) :

«… depuis un mois, à la maison d'arrêt des femmes de Fleury-Mérogis, la nuit, toutes les deux heures, la lumière s'allume dans la cellule d'Yldune Lévy, présumée d’"ultragauche" saboteuse de caténaires SNCF (…). Officiellement, c'est "pour la protéger d'elle-même". En réalité, comme le concèdent des juges en privé, il s'agit d'abord d’"attendrir la viande" de cette "dangereuse terroriste".»

L'article du journal Le Monde continue plus loin :

«Avec l'altération des rythmes de sommeil, c'est ainsi une des méthodes de privation sensorielle utilisée à grande échelle par les forces américaines dans le cadre de la "guerre contre la terreur", qui serait employée en France à l'endroit d'une personne présumée innocente. Le but est toujours le même : briser la résistance psychique du détenu. Or de telles pratiques, dont la capacité destructrice est indéniable, sont qualifiées, en droit international, d'actes de torture. C'est à ce titre qu'elles font l'objet d'une prohibition inconditionnell e.»

Lire en entier
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0 # superuser 2009-01-09 01:52 Nicolas Sarkozy a estimé jeudi que la crise du capitalisme financier n'était pas "la crise du capitalisme" et que l'anticapitalisme était "une impasse". Une excellente nouvelle pour le parti d'Olivier Besancenot dont le nom trouve désormais toute sa légitimité.

"La crise du capitalisme financier n'est pas la crise du capitalisme, (…) l'anticapitalisme , c'est une impasse, c'est la négation de tout ce qui a permis d'asseoir l'idée de progrès", a-t-il estimé devant la chancelière allemande Angela Merkel et l'ex-Premier ministre britannique Tony Blair, invités à la conférence internationale "Nouveau monde, nouveau capitalisme" qui avait lieu à Paris.

"On doit moraliser le capitalisme et pas le détruire, (…) il ne faut pas rompre avec le capitalisme, il faut le refonder", a insisté le président français, accusant ceux qui refusent cette "refondation" de "faire le lit de ceux qui veulent détruire la capitalisme". "Soit on refonde le capitalisme, soit on le détruit", a poursuivi Nicolas Sarkozy, se prononçant une nouvelle fois pour un capitalisme "d'entrepreneurs" que l'Etat devrait "animer, entraîner". "Il faut rééquilibrer les rôles respectifs de l'Etat et du marché", a-t-il dit, estimant que la crise actuelle signait "le retour de l'Etat (et) la fin de l'idéologie de l'impuissance publique".

Encore un signe qui ne trompe pas : Nicolas Sarkozy (qui sait très bien que son capitalisme n'a rien à voir avec une quelconque "idée de progrès" et, qu'au contraire, il est une impasse pour une majorité de Français) commence à faire dans son froc !
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0 # superuser 2009-01-09 22:48
Eva Joly (affaires Tapie ou Elf), Eric Halphen (HLM de Paris et des Hauts-de-Seine), Jean-Louis Bruguière (anti-terrorisme), Marie-Odile Bertella-Geffroy (vache folle, amiante, sang contaminé), Renaud Van Ruymbeke (frégates de Taïwan, Clearstream, Kerviel)…
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0 # superuser 2009-01-11 20:43
Le "groupe de Tarnac" ne se serait pas attaqué qu'aux caténaires. Même si les avis divergent en haut lieu, des vérifications sont actuellement en cours pour tenter de déterminer si les mis en cause du groupuscule d'extrême-gauche peuvent être impliqués dans une série d'incendies et de tentatives qui avaient visé des ANPE et des antennes Assedic entre 2005 et 2007 un peu partout en France.

=> LIRE ICI

… On atteint des sommets !!!
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