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État visible, État profond, État secret : le complotisme dans tous ses états

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Quand la réalité dépasse la fiction

altComplotiste et conspirationniste sont avec antisémite, raciste et négationniste, les qualificatifs les plus infamants du moment.

Toute personne soupçonnée de complisme ou de conspirationnisme se voit généralement affublée des trois autres accusations.

Un complotiste serait donc par essence un antisémite, un raciste et un négationniste (personne qui nie des faits historiques de portée universelle incontestable). Amalgame que nous réfutons.

Un complotiste est avant tout une personne qui émet par principe des doutes sur une théorie officielle, parce qu’il sait que le récit historique et le traitement de l’actualité ne sont jamais totalement objectifs, que des zones d’ombre subsistent toujours.

À la lumière de cette définition, cela fait un an maintenant que nous tentons ici de dédiaboliser le complotisme en démontrant que non seulement l’histoire n’est que succession de manigances, de conjurations et autres coups montés, mais aussi que les plus grands propagateurs de la théorie du complot sont des personnalités de tout premier plan.

Nous n’avons que l’embarras du choix pour le démontrer. Les exemples à venir n’apprendront rien à ceux qui nous suivent. En revanche, le dernier que nous évoquerons longuement est inédit ici.

Ainsi, lors de son discours du Bourget (en janvier 2012), le complotiste François Hollande désignait son «ennemi qui n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, et pourtant qui gouverne» : la finance internationale.

Un autre complotiste de renom l’avait précédé de quelques mois, au Grand Journal de Canal+ (le 28 novembre 2011) : «On est complètement manipulés. Vous avez des banques et des officines dont le travail est d’organiser la spéculation en Europe. Elles sont américaines en général. Le matin, elles se disent : Quelle monnaie ou quel pays attaque-t-on ?». Valéry Giscard-d’Estaing, ancien ministre de l’Économie et des Finances, ancien Président de la République.

Manipulation de grande ampleur confirmée par un autre conspirationniste bien connu, François Mitterrand : «La France ne le sait pas mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment […] mais une guerre à mort». (Déclaration rapportée par le journaliste biographe Georges-Marc Benamou dans son ouvrage «Le Dernier Mitterrand»).

Plus récemment, Philippe de Villiers confiait dans l’émission Salut Les Terriens que François Fillon, alors Premier ministre de Nicolas Sarkozy, lui aurait confessé : «Nous n’avons pas le choix, ce sont ces gens-là qui nous gouvernent». Fillon évoquait alors le Groupe Bilderberg qui réunit chaque année le gratin de l’hyper classe mondiale (nous y reviendrons ultérieurement).

Ainsi, dans quatre citations de trois anciens Présidents de la république et d’un ex-Premier ministre, on trouve les mots : ennemi, manipulation, spéculation, attaque, guerre permanente, guerre à mort, nous n’avons pas le choix. Excusez du peu, mais là, nous sommes bien au cœur du complot, celui ourdit contre la France par la finance internationale, par l’hyper classe mondiale (ou oligarchie), par les banques américaines et les États-unis plus globalement.

De Gaulle fut aussi complotiste. Oui le Général de Gaulle lui même ! Dans un autre registre cependant.

Le 27 novembre 1967 est organisée à l’Élysée une conférence de presse qui réunit la fine fleur du journalisme français et international. Ils sont plus de 500 dans le grand salon du palais. À l’époque, de Gaulle est au faîte de sa gloire, une icône respectée dans le monde entier. Cette conférence de presse est un succès considérable. De Gaulle y est plus flamboyant que jamais. Il impressionne son auditoire (1).

Seulement voilà, si jamais pareil discours était prononcé aujourd’hui, son orateur serait accusé de complotisme par les sous-entendus qu’il distille, mais aussi d’antisionisme et d’antisémitisme par la virulence de ses mots.

Lors de cette conférence de presse, le Général de Gaulle dénonce «les conditions plus ou moins justifiables de la colonisation des terres palestiniennes», «cette volonté de saisir toute occasion qui se présenterait pour agrandir le territoire israélien», «le sort scandaleux des réfugiés en Jordanie», «cette occupation qui ne peut aller sans oppression, sans répressions et expulsions», «cette résistance qu’à son tour Israël qualifie de terrorisme». Une première charge !

Par la suite, de Gaulle réaffirme les positions extrêmement fermes de la France, quand il rappelle que la Cinquième République «s’est dégagée vis-à-vis d’Israël des liens spéciaux et très étroits que le régime précédent avait noué avec cet état», que la France a refusé de «donner son aval à l’occupation d’un quartier de Jérusalem dont Israël s’était emparé», «a exigé l’évacuation des territoires qui ont été pris par la force» et, crime de lèse-majesté, «a tenté d’imposer un statut international pour Jérusalem». Deuxième charge !

Même si le Général de Gaulle y met les formes, il s’agit-là d’une véritable déclaration de guerre aux sionistes les plus résolus. Mais pas seulement. Ses mots ont par moments une stupéfiante portée antisémite quand il estime que «les juifs sont restés ce qu’ils avaient été de tous temps, c’est-à-dire un peuple d’élites, sûr de lui-même et dominateur». Une saillie bien connue, suivie d’un lapsus révélateur qui l’est nettement moins : «En dépit du flot tantôt montant, tantôt descendant des malveillances qu’ils (les juifs) provoquaient», avant de corriger le tir par un «qu’ils suscitaient plus exactement, dans certains pays, à certaines époques».

Malgré de prudentes circonvolutions, l’homme finit par révéler le fond de sa pensée en émettant une généralité blessante («peuple dominateur de tous temps») et un cruel lapsus («malveillances qu’ils provoquaient») explicitement antisémites, devant le gratin de la presse française et internationale. Auxquels se surajoute une charge très virulente contre la politique israélienne.

Aujourd’hui, aucun candidat, aucun ministre, aucun président ne se hasarderait à prononcer pareils propos. Sa carrière ne s’en relèverait pas. L’antisionisme (la critique de l’État d’Israël) étant quasiment assimilé à l’antisémitisme (haine des juifs).

Mais à l’époque, de Gaulle est intouchable. Il est de ces quatre personnalités qui ont marqué l’histoire du XXe siècle, aux côtés de Staline, Roosevelt et Churchill. Personne ne s’aventurera à l’accuser d’antisémitisme.

Pourtant… Quelques mois après avoir prononcé ces mots, son pouvoir est profondément ébranlé par les mouvements sociaux de la classe ouvrière (qui se déclarent dès janvier 1968) et plus encore par la fronde estudiantine de Mai 68 emmenée par nombre de leaders juifs, comme en convient lui-même Daniel Cohn-Bendit dans «Le Grand Bazar» (Éd. Belfond) : «Les juifs représentaient une majorité non négligeable, sinon la grande majorité des militants». Outre Dany le Rouge, figure emblématique des événements, la révolte fut menée par Alain Geismar, Henri Weber (qui fonda avec Alain Krivine le mouvement trotskiste de la Jeunesse Communiste Révolutionnaire), Robert Linhardt, Benny Lévy (co-fondateur de Libération et secrétaire particulier de Jean-Paul Sartre), André Glucksmann, Bernard Kouchner, Alain Finkielkraut…

Le 27 avril 1969, Charles de Gaulle démissionnait à la suite du rejet du référendum qu’il défendait, portant sur la réforme du Sénat et la régionalisation, lâché par l’aile sioniste de sa majorité. Trois ans quasiment jour pour jour après la fameuse conférence de presse du 27 novembre 1967, Charles de Gaulle s’éteignait le 9 novembre 1970 dans sa maison de Colombey-les-deux-Églises, victime d’une rupture d’anévrisme. En un peu moins de trois ans, le Général passe du sommet au tombeau.

Par les mots et lapsus prononcés, par l’enchaînement invraisemblable des événements, cet épisode de notre histoire s’inscrit indubitablement dans une dynamique complotiste. Même si le hasard en a fixé le déroulement, il y a de quoi s’interroger. D’autant que, bien plus tard, d’autres politiques de premier plan exprimeront des soupçons coïncidents. Écoutons-les :

Raymond Barre - Premier ministre pendant 4 ans et 8 mois : «Je considère que le lobby juif, pas seulement pour ce qui me concerne, est capable de monter des opérations qui sont indignes. Et je tiens à le dire publiquement». (Source : France Culture, le rendez-vous des politiques). Précision : Raymond Barre était marié à Ève Hegedüs, elle-même originaire d'une riche famille juive hongroise. 

Jean d’Ormesson (Journaliste, académicien, proche de François Mitterrand) : «Les dernières paroles qu’il a prononcées comme Président de la République, c’est à moi qu’il les a dites : […] Vous constatez là l’influence puissante et nocive du lobby juif en France». D’Ormesson poursuit : «On ne met plus en doute, même quand on m’attaque avec une violence inouïe, que ces paroles aient été prononcées. Mais immédiatement après, on me dit, il les a peut-être dites mais il ne fallait pas le répéter. […] Mais pourquoi ?» (Extrait du magazine Apostrophes présenté par Bernard Pivot sur France2). Précision : François Mitterrand comptait un grand nombre de personnalités juives dans sa garde rapprochée (Jacques Attali, Jack Lang, Laurent Fabius…) et dans son entourage familial (il avait pour beau-frère l'acteur Roger Lévy, dit Roger Hanin).  

Ces témoignages confirment si nécessaire qu’on ne nous autorise à voir que l’écume des choses, rarement les courants des grandes profondeurs. Cette écume s’appelle l’État visible, celui que nous croyons naïvement investi de tous les pouvoirs. Il n’en est rien !

Les complotistes savent depuis toujours qu’ils existent d’autres niveaux plus profonds où se cachent les vrais centres névralgiques. Pourtant, pendant des décennies, on les a ignorés avant de les condamner quand ils devenaient trop bruyants, trop visibles. Certains même, comme le journaliste Patrick Cohen, n’hésitant pas à les qualifier de «cerveaux malades». Rien que ça !

Mais l’apparition d’Internet et des nouvelles sources d’information a favorisé l’émergence de révélations jusqu’alors inconnues du plus grand nombre, et a encouragé des investigations plus poussées. Elles ont totalement changé la donne. Tout le monde est aujourd’hui en mesure de découvrir le dessous des cartes.

Et qu’avons-nous découvert ces 20 dernières années ? Que l’État visible est la partie émergée d’un iceberg qui cache trois autres niveaux que nous allons détailler : L’État profond, le Pouvoir profond et le Pouvoir secret. Là, on entre dans la troisième dimension du complotisme… qui n’en est plus puisque ces niveaux de décisions sont à présent clairement objectivés.

On ne conteste plus l’existence et la réalité de l’État profond (Deep State), ces administrations ou institutions qui peuvent par exemple contrarier ou paralyser l’action d’un gouvernement ou d’un président. Donald Trump fustige régulièrement celles qui se dressent contre lui. D’autres, comme le Président J-F Kennedy, en ont peut-être été victimes. Et pour ceux qui exigeraient des références plus solides, Emmanuel Macron a récemment dénoncé l’État profond, mot pour mot, du Quai d’Orsay (ministère des Affaires étrangères) qui entraverait son rapprochement avec la Russie de Poutine. Il n’a pas évoqué cet État profond en comité restreint ou sur un coin de table, mais devant la Conférence des Ambassadeurs qui se tenait dernièrement au palais de l’Élysée (2).

L’État profond dispose de marges manœuvres néanmoins limitées en France. Les hauts-fonctionnaires peuvent être mutés et les administrations remises au pas sous réserve d’en avoir le temps et la volonté politique.

Le Pouvoir profond, lui, est bien plus influent car il émane de l’hyper classe, aussi appelée oligarchie industrielle, financière et médiatique. À ce niveau, on ne combat pas dans la même catégorie. Si un homme politique peut contraindre une administration récalcitrante, il est désarmé face à un puissant lobby ou une multinationale de l’envergure de Facebook, Google ou Total.

En France et à l’international, des lobbies et cercles d’influence font la pluie et le beau temps au plus haut sommet des états. Aux USA, on peut citer la NRA - National Rifle Association, le lobby des fabricants d’armes, ou l’AIPAC - American Israel Public Affairs Committee, le lobby juif américain dont l’influence est considérable sur les politiques intérieures et extérieures US (3).

En France, le Crif (Conseil représentatif des institutions juives) exerce une influence comparable à celle de son équivalent état-unien. D’autres lobbies (armement, bancaire, agro-alimentaire, médecine/chirurgie, LGBT…) pèsent de tout leur poids pour préserver leurs intérêts.

Il existe aussi d’autres cercles d’influence en France et à l’international qui oscillent entre Pouvoir profond et Pouvoir secret, tels que le Dîner du Siècle, les Young Leaders de la French American Foundation, le Groupe Bilderberg, la Trilatérale, sans oublier les loges maçonniques qui, selon les circonstances et les époques, agissent au niveau du Pouvoir profond ou du Pouvoir secret.

En revanche, ce qui n’est plus un secret, c’est que pour atteindre les plus hautes sphères dirigeantes, il faut être adoubé par ces cercles d’influence, à l’instar du Groupe Bilderberg, un réseau international de personnalités du business et de la politique, qui se réunit tous les ans. Rien ne filtre des entretiens entre les grands de ce monde. L’édition 2019 du Bilderberg était organisée à Montreux en Suisse. Le journaliste Vincent Lapierre a cherché à savoir ce qu’il s’y tramait. Sans succès il va de soi. À défaut de nous éclairer des discussions présentes, il nous a listé quelques faits passés.

Les naïfs n’y verront que pures coïncidences. Les initiés saisiront la stupéfiante influence que certains réseaux semblent avoir dans l’accession au pouvoir de nos dirigeants.

Emmanuel Macron : Invité au Bilderberg en 2014, ministre de Hollande trois mois plus tard • Christine Lagarde : Invitée au Bilderberg en 2010, Directrice générale du FMI en 2011 • Édouard Philippe : Invité en 2016, Premier ministre français en 2017 • Margaret Thatcher : Invitée en 1975, Première ministre britannique en 1979 • Bill Clinton : Invité en 1991, Président des États-Unis en 1992 • Angela Merkel : Invitée en mai 2005, Chancelière d'Allemagne en novembre 2005.

On se rappellera la confession du complotiste François Fillon au complotiste Philippe de Villers : «Nous n’avons pas le choix, ce sont ces gens-là qui nous gouvernent».

Nous conclurons cet article sur le niveau le plus complexe à circonscrire : le Pouvoir secret qui, comme sa dénomination l’indique, nous plonge dans des arcanes que nous ne maîtrisons pas. Les mieux identifiées sont évidemment les loges maçonniques qui projettent leur influence à tous les niveaux : Pouvoirs secret et profond, États profond et visible. Ces trois derniers siècles, elle furent les plus actives, notamment le B’nai B’rith, loge réservée exclusivement aux juifs. Les autres ne sont pas en reste, comme en France : le Grand Orient, la Grande Loge et la Grande Loge Nationale qui compteraient à elles trois plus de 100.000 membres. Elles constituent toujours de très puissants réseaux.

À des profondeurs plus impénétrables encore, on trouvera des sociétés secrètes ou sectes imprégnées de mysticisme ésotérique ou de satanisme. Ou plus simplement, des réseaux crapuleux et mafieux internationaux dans lesquels s’inscrit la tentaculaire affaire Epstein dont on a «étonnamment» peu parlé en France. Pourtant, elle connecte les composantes les plus abjectes du Pouvoir secret : pédocriminalité, prostitution, personnalités de haut rang, services de renseignements (le Mossad)…

À elle seule, l’affaire Epstein confirme que les thèses complotistes ne sont pas délirantes. La réalité des scandales, manipulations et escroqueries de ces dernières années dépassant les fictions conspirationnistes les plus abracadabrantesques, aurait dit Jacques Chirac, qui fut un agent servile des Pouvoirs profonds et secrets, comme la plupart de nos dirigeants.

Jusqu’au jour où les Roland Dumas, Raymond Barre, Giscard d’Estaing, François Mitterrand, Charles de Gaulle ou plus récemment Arnaud Montebourg et François Fillon, recouvrent leur liberté de parole, au crépuscule de leur vie pour les uns ou quand ils se mettent en retrait de la vie politique pour les autres. Parce qu’ils n’ont plus rien à gagner et plus rien à perdre…

 

(1) L'intégralité de la conférence de presse de Charles de Gaulle

(2) Voir la chronique de Nicolas Beytout sur cet "incident" (Source : Europe1)

(3) Lire ou relire "Télérama ouvertement complotiste mais s'en défend"

Mis à jour ( Samedi, 02 Novembre 2019 10:24 )  

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