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Tout ça pour ça ?

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Six mois de mobilisations Gilets Jaunes n’ont pas bouleversé le paysage politique français.

altGrosse déception pour les comme moi qui espéraient qu’une onde de choc se propage dans l’électorat en résonance au mouvement Gilets Jaunes.

Je m’attendais à voir les grands équilibres (ou déséquilibres, au choix) quelque peu chamboulés par la dynamique née en novembre 2018.

Ben non ! On se retrouve dans une configuration comparable au premier tour des présidentielles d’il y a deux ans : Un duel Rassemblement National/La République en Marche qui, cette fois, a tourné légèrement à l’avantage du premier.

Candidement, je pensais que la majorité présidentielle serait sanctionnée. Je caressais le secret espoir qu’elle n’atteigne pas la barre des 20%. Une désaffection qui aurait alors profité aux partis défiants .

Pas du tout ! Nous nous sommes enfoncés un peu plus profondément dans l'enfumage du bipartisme opposant les «progressistes» et les «conservateurs souverainistes».

Les Insoumis, les Frexiteurs (dont j’étais) et autres rebelles à l’ordre établi ont pris le bouillon. Une bonne claque, concédons-le.

Aucune voix vraiment dissidente ne sort du lot, en dehors de l’écologie qui renouvelle une percée qu’elle a connue naguère… sans lendemain (la liste menée par Daniel Cohn-Bendit ayant dépassé les 16% il y a quelques années si je me souviens bien).

Et que pouvons-nous espérer des résultats du 26 mai ? Rien ! Les positions des uns et des autres se trouvent confortées, avec un Emmanuel Macron qui se dresse en rempart face à la «bête immonde» qui nous promet un retour aux heures les plus sombres de l’histoire, aux guerres, aux camps de concentration et aux chambres à gaz… J'exagère… à peine.

Le mouvement Gilets Jaunes a accouché d’une souris. Même un gars de mon expérience (acquise en 20 ans de militance et 40 ans de ressentis politiques) est tombé dans le panneau.

Après m’être immergé 6 mois dans le mouvement, participé et filmé toutes les manifestations parisiennes (réalisations parfois suivies par 200.000 et même 400.000 personnes sur Youtube et Facebook), discuté et débattu avec des centaines de manifestants… j’ai cru que la conscientisation allait déboucher sur une redistribution des cartes. Walou !

Je ne regrette pas cet engagement qui s’imposait d’évidence mais de là à imaginer deux secondes qu’il n'aboutirait à rien d’autre qu’un statu quo légèrement reverdi par une montée de sève écolo, j’en reste coi.

Il faut reconnaître que Macron a habilement manœuvré. Après avoir liquidé le PS et Les Républicains, il a contenu la vague contestataire populiste et souverainiste en trustant les médias avec le Grand Débat et son engagement partisan dans la dernière ligne droite de la campagne électorale.

Macron a un boulevard devant lui. Le RN est pour toujours relégué à ce rôle de faire-valoir ou d’épouvantail qu’il joue – malgré lui ? – depuis les années 80 au profit de l’oligarchie.

Pour rester à la manœuvre, le président dispose d’une réserve confortable de socialistes (les amis de Glucksmann et Hamon) qui se mobiliseront en sa faveur lors d’un duel l’opposant au clan Le Pen. Il peut aussi compter sur les écologistes en mal de reconnaissance qui se laisseront comme toujours récupérés par le pouvoir en place. L’écologie politique, dont l’influence est très fluctuante au fil des scrutins, n’a jamais été une vraie force d’opposition.

Le plus étonnant étant le score minable recueilli par l’UPR de François Asselineau qui représentait – à mon sens – la seule vraie défiance au nouvel ordre européen, soutenue par Étienne Chouard ardent promoteur du RIC (Référendum d’initiative citoyenne) et partisan d’une nouvelle constitution.

À l’heure où la Grande Bretagne confirme sa farouche volonté de sortir de l’Union (à laquelle s’oppose l’oligarchie européenne et britannique depuis deux ans), les Frexiteurs (listes UPR et Patriotes) représentent en France moins de 2% des votants, derrière la liste du Parti Animaliste.  

Oui, décidément, il n’y a plus grand chose à attendre… d’autre que la retraite pour ce qui me concerne. ;-)

Yves Barraud


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Mis à jour ( Mercredi, 29 Mai 2019 16:26 )  

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