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Accueil Social, économie et politique Je suis un vieux con Réac décomplexé !

Je suis un vieux con Réac décomplexé !

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Premier volet de la saga de notre Ami GAM le Réac. D’autres aussi croustillants sont à venir…

altPlus le temps passe, plus j’estime - à juste titre - être dans le vrai.

Fut un temps où je rasais les murs, effarouché à la seule vue de mon ombre qui profilait la silhouette de l’affreux Réac que je suis.

À croire les médias, les politiques, les analystes et intellos de toutes obédiences, j’étais (et reste) le mec à abattre, le ringard, le vieux con, l’homme de l’ancien monde, ce mâle blanc sexagénaire coupable de tous les maux qui empoisonnent notre planète : Racisme, nationalisme, xénophobie, machisme, intolérance…

Mais moi, je suis de ceux qui ne se repentent pas d’actes d’un passé auquel je n’ai pas pris part. La colonisation, je n’en fus pas. Ce sont d’ailleurs des gens du camp adverse au mien qui ont initié la grande «aventure coloniale», des hommes de gauche souvent, francs-maçons souvent, qui imposèrent notre génie civilisateur aux peuplades arriérées d’Afrique, d’Asie, d’Océanie… (ainsi les considéraient-ils).

Ce sont les mêmes, enfin leurs descendants, qui ont plus tard accordé les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain sous l’Occupation allemande et œuvré pour certains (et pas des moindres) à la collaboration avec l’ennemi. Les pires collabos, Pierre Laval et Jacques Doriot, furent à leur entrée en politique très engagés à Gauche. Proche de la CGT et de la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière) pour Laval. Membre du Parti communiste pour Doriot. Ce qu’omettent souvent de préciser les livres de l’histoire officielle.

Moi, le Réac de droite, j’estime donc n’avoir aucune responsabilité dans les tragédies du passé. Pas plus que mes ascendants. Un de mes arrière-grands-pères a été tué en 1917 dans la Somme. Un de mes grands-pères a été fait prisonnier en 1940 par les Allemands. Il a été incarcéré de longs mois dans des conditions épouvantables. Ces privations et mauvais traitements ont probablement écourté son espérance de vie. Il est décédé avant de profiter de sa retraite.

Je n’ai donc pas à rougir de mes aïeux, pas plus que de l’enrôlement (forcé) de mon père dans la Guerre d’Algérie, une mobilisation contrainte qui l’a privé de la naissance de son premier fils qu’il ne serrera dans ses bras que des mois plus tard.

Je ne me sens donc pas du tout responsable. Au contraire, mes aînés ont été victimes d’événements qu’ils n’ont en rien provoqués. Et si la France s’est rendue coupable de faits aujourd’hui répréhensibles, c’est en des temps révolus qu’on ne peut mesurer à l’aune de critères contemporains.

L’esclavagisme fut une abomination. Il ne vient à l’idée de personne de le contester. Mais ce fut une pratique courante et répandue sur tous les continents, à toutes les époques, depuis la nuit des temps. Égyptiens, Romains, Grecs, Arabes, Amérindiens, Océaniens, Asiatiques, Africains… furent tour à tour esclavagistes et esclaves.

Nombre de nos ancêtres Gaulois ou marins français du moyen-âge ont croupi dans les geôles romaines et barbaresques, contraints de servir les patriciens de la Rome antique et les sultans maghrébins des XIIe et XIIIe siècles. Des faits que les livres occultent pour ne s’intéresser qu’à ceux dont nous autres, descendants de Gaulois, nous rendrons coupables des siècles plus tard.

La condamnation légitime de l’esclavagisme consiste le plus souvent à désigner les blancs en oppresseurs des gens de couleurs, et rarement les gens de couleurs en persécuteurs de leurs congénères ou de blancs parfois même.

Le devoir de mémoire et la reconnaissance des crimes du passé nous sont infligés en repentance perpétuelle, en fautes impardonnables que nous devons expier jusqu’à la fin des temps sans rédemption possible, alors que nous ne les avons pas commises. Combien de générations de Français nés après l’abolition de l’esclavage et la décolonisation seront-elles encore tenues pour responsables de ces méfaits ? Dix, vingt, trente ? Jusqu’en l’an 2200 ou 2300 ?

Un type de ma trempe, de mon âge, est insidieusement désigné responsable des bassesses impardonnables de la nature humaine. Comme si les autres, ceux qui ne sont pas occidentaux, blancs, chrétiens, mâles, hétéros… ne s’étaient jamais rendus coupables d’abominations.

Les Aztèques, Zoulous, Hutus, Papoues et autres cannibales indonésiens furent-ils à ce point pacifiques et bienveillants à l’égard des peuples et ethnies qui les approchaient qu’on les exonère de toute responsabilité dans des atrocités commises à toutes les époques sur tous les continents ?

Dans bien des contrées pourtant, le colon blanc débarqué de ses terres lointaines fut accueilli comme le libérateur ou l’émancipateur de peuplades opprimées par leurs congénères ou voisins. Voilà une autre réalité soigneusement édulcorée, pour ne s’appesantir que sur les seules exactions occidentales.

Il en est ainsi dans tous les registres…

Comme si l’homme blanc était viscéralement plus xénophobe, raciste, machiste, intolérant que l’homme noir, brun ou jaune. Comme si l’homosexualité était mieux tolérée en Afrique ou en Arabie qu’elle ne l’est en Europe. Comme si la condition féminine était plus confortable au Maghreb ou en Inde qu’elle ne l’est chez nous. Comme si nous nous comportions plus brutalement avec l’étranger que le Hutu avec le Tutsi ou le soldat japonais avec le civil chinois pendant la Guerre de Mandchourie (1931).

Le processus de culpabilisation de l’occidental tyrannique se perpétue jusqu’à empoisonner notre quotidien. En 2020, il est de bon ton de ne point afficher son patriotisme et la fierté que l’on peut légitimement tirer de l’œuvre civilisatrice de nos ancêtres. Et quand un homme ou un peuple refuse de courber l’échine, redresse la tête et rejette le devoir de repentance perpétuelle qu’on lui inflige pour des fautes centenaires, il est immédiatement stigmatisé, taxé de toutes les infamies en «iste» et en «phobe» : raciste, xénophobe, homophobe, révisionniste, négationniste… La liste s’allonge à mesure que les paranoïas victimaires et leurs revendications délirantes gagnent du terrain et conquièrent les esprits formatés à s'y soumettre sans rechigner.

Il en fut de Donald Trump que les médias occidentaux, français en particulier, diabolisèrent dès qu’il eût l’outrecuidance de se présenter contre la candidate du système, Hillary Clinton, qui faisait consensus dans l’hyperclasse mondialiste des affaires, des médias et de l’entertainment hollywoodien (industrie des loisirs). À l’exception de l’Amérique profonde des «rednecks», ces «petits blancs» méprisés par les yuppies (Young Urban Professional) des métropoles de l’Est et de l’Ouest (New York, Boston, Washington, San Francisco, Los Angeles…), aucun réseau d’influence n’a soutenu la candidature de Trump.

En France, la quasi totalité des médias mainstream (dominants), des analystes, intellectuels et artistes ont pris fait et cause contre ce candidat «dégénéré» parce que trop masculin, trop white trash, grande gueule, politiquement incorrect, imprégné par la mentalité des colons qui conquirent les grands espaces états-uniens au détriment des populations autochtones qui payèrent de leur vie cette colonisation sans partage.

Dans un autre registre mais sur des récriminations approchantes, l’insoumis Vladimir Poutine s’attire l’antipathie des réseaux d’influence mondialistes qui sont tout puissants en Europe, à l’exception notoire de la Grande-Bretagne qui a claqué la porte de l’Union. Nigel Farage (l’instigateur du Brexit) puis Boris Johnson (l’homme qui l’a parachevé) ont, eux aussi essuyé les critiques quasi unanimes de la presse mainstream française notamment. Peu de voix se sont élevées pour défendre leurs visions et convictions tout à fait respectables et peut-être, nous le vérifierons dans les années à venir, fondées.

Eh bien moi, en bon Réac qui se respecte, j’ai soutenu Poutine, Trump et le Brexit dès l’annonce de leur engagement. Autant dire que je ne me fais pas que des amis quand j’interviens dans des débats entre potes, dans la vraie vie, ou entre anonymes sur le Web.

Je me retrouve souvent seul contre tous, rapidement accusé des pires travers. En France, la bien-pensance est dictatoriale. Le progressisme gauchisant a tous les droits, à commencer par celui de réduire au silence tout esprit contestataire. Nous sommes dans l’inversion totale des valeurs. Les progressistes se comportent comme ces «fachos» qu’ils dénoncent en permanence, dès lors que vos convictions n’épousent pas les leurs. Et le «facho» que je serais (je m’en défends) n’a plus qu’à raser les murs et à peser chaque mot qu’il prononce ou écrit.

Car la bien-pensance n’accorde à ses contradicteurs qu’une liberté d’expression limitée, très encadrée par des lois de plus en plus restrictives, toujours plus contraignantes et liberticides. En France, on peut être condamné à de la prison ferme pour avoir exprimé son point de vue, en vertu des lois Gayssot, Perben et bientôt Avia, qui sanctionnent majoritairement des hommes blancs, ces grandes gueules qui n’ont pas leur langue dans la poche comme Donald Trump, Vladimir Poutine, Nigel Farage ou Boris Johnson.

En France, la justice a fini par museler les mal-pensants comme Jean-Marie Le Pen (qui n’a plus son équivalent au Rassemblement national depuis son éviction) ou même Jean-Luc Mélenchon dans un autre registre, et nombre d’individus se revendiquant de la «dissidence», ces journalistes, essayistes, chercheurs, qui contestent les diktats bien-pensants.

Bien que ces dissidents soient relégués à la marge, dans l’arrière-cour du Web, suivis par un nombre négligeable de sympathisants, étouffés par la stratégie de l’édredon (qui leur interdit l’accès aux médias dominants), l’acharnement judiciaire qui s’abat sur eux est disproportionné. Certains dont je tairai le nom ici de crainte d’être catalogué plus extrême que je ne le suis, ont subi 50 ou 60 procédures judiciaires ces dix ou quinze dernières années. Ils ont écopé de centaines de milliers d’euros d’amendes et de dommages intérêts, et parfois même de peines de prison ferme.

Face à la lourdeur des sanctions, certains se sont exilés. Oui, il y a aujourd’hui des Français exilés à l’autre bout du monde (au Japon pour l’un, en Angleterre pour l’autre, dans les pays de l’Est pour certains) parce que leur opinion heurte la doxa dominante. Précisons que ces mal-pensants pourraient exprimer leurs vues sans entrave, librement, sans encourir la moindre poursuite judiciaire en Russie, aux USA et en Angleterre. Fermons le ban !

Donc le simple fait d’exprimer une certaine sympathie pour Poutine, Trump ou le Brexit mobilise contre vous une unanimité réprobatrice qui peut vous inciter à douter de la légitimité et de la pertinence de vos propres convictions.

On ne peut avoir raison contre tout le monde, assure - à tort - l’adage. Les moins persévérants finiront par se soumettre de crainte de se voir rejetés par leur entourage familial ou amical. D’autres garderont pour eux leurs opinions et éviteront soigneusement de les exprimer. Les plus résistants afficheront leurs convictions en toutes circonstances même les plus délicates, mais le paieront parfois très cher. Nombre d’esprits réfractaires souffrent d’exclusion intellectuelle et sociale. Les jeunes dissidents sont souvent célibataires. Ce célibat contraint (par manque d’âmes sœurs féminines partageant leurs vues) est une préoccupation régulièrement évoquée sur les réseaux sociaux.

Aujourd’hui, il n’est pas facile d’être un jeune patriote, défendre son identité et sa culture, et le revendiquer haut et fort. On passe pour un ringard, un Réac, un conservateur, un «facho».

Si à 50 ou 60 ans, on peut afficher sans scrupule ces positions, à 25 ou 30 ans, c’est une toute autre histoire. Avec les filles, avec les potes, à la fac ou au boulot, il est préférable de rester discret sur des opinions furieusement rejetées par tout progressiste.

D’un âge bien avancé et de convictions pleinement assumées, je n’éprouve plus la crainte d’être marginalisé pour ce que je pense, pour ce que je dis ou écris. Je le suis moins encore quand, année après année, les faits confortent mes intuitions et me donnent souvent raison.

Ainsi Vladimir Poutine restera à n’en pas douter l’un des plus charismatiques chefs d’état de l’entame du XXIe. Un homme de parole, qui ne trahit pas ses alliances (avec la Syrie de Bachar el-Assad par exemple), qui parle peu et agit avec détermination et maîtrise. Car c’est bien la Russie de Poutine qui a terrassé l’État islamique tout en préservant les grands équilibres géostratégiques moyen-orientaux. Les États-Unis, eux, ne savent plus intervenir autrement qu’en provoquant le chaos ; de celui qui perdure en Irak depuis près de trente ans. Pour autant, Donald Trump qu’on nous présentait comme un illuminé, un mégalomane impulsif, prêt à en découdre à la première occasion, n’a jusqu’à ce jour engagé aucun nouveau conflit militaire contrairement à ses prédécesseurs, dont l’un fut auréolé d’un Prix Nobel de la Paix avant même de faire ses preuves, l’inconsistant mais adulé Barak Obama.

Trump a pourtant été poussé à mener bataille par l’État profond états-unien, ces faucons néoconservateurs qui œuvrent au profit du complexe (ou lobby) militaro-industriel en poussant à la guerre. La Corée du Nord ou l’Iran étaient (et restent) dans la ligne de mire d’une intervention militaire US. Mais malgré tous ses défauts, Trump s’en est jusqu’à présent gardé. Il n’est pas certain qu’Hillary Clinton, la «va-t-en-guerre» dévoilée par les révélations de Julian Assange (1), aurait manifesté la même retenue si elle avait été élue à la Maison Blanche.

La dernière édition du Point (semaine du 10 février) est particulièrement pertinente. Sous un portrait du président US, ce titre : «L’homme qu’il fallait prendre au sérieux». Il aurait été plus judicieux encore d’écrire : «L’homme que les médias et politiques français n’ont pas pris au sérieux». Ils se sont quasiment tous fourvoyés, comme sur Vladimir Poutine, comme sur le Brexit où, pendant trois ans, ils nous ont asséné que les Britanniques regrettaient amèrement d’avoir voté en faveur de la sortie de l’Union, que la Grande-Bretagne serait confronté à la pire récession et à un effondrement financier dévastateur au lendemain même de la confirmation du divorce. Il ne s’est rien passé de tout ça.

La situation est stable de l’autre côté de la Manche. Elle l’est nettement moins de ce côté-ci depuis plus de 16 mois de mobilisations Gilets Jaunes et syndicales contre la réforme des retraites.

Dans ces registres, nous avons été une nouvelle fois abusés par une inversion complète des valeurs et réalités. Là où les médias et politiques nous prédisaient le chaos, on observe la stabilité (en Grande-Bretagne). Là où on nous annonçait l’avènement au pouvoir d’un fou furieux imprévisible (Trump), on découvre un homme qui tient ses promesses électorales et ses engagements. Et quand tous les menteurs patentés de l’oligarchie médiatique française nous dépeignaient un chef de guerre au sang froid prêt à sacrifier des milliers d’innocents pour satisfaire sa stratégie impérialiste, on découvre un libérateur (Poutine) qui rétablit la paix là où d’autres auraient semé le chaos. C’est ahurissant !

Et ces médias, journalistes, analystes, politiques et autres spécialistes qui nous ont trompés et nous trompent toujours, restent inamovibles, accrochés aux commandes de l’opinion publique, délégués indéboulonnables au formatage des cerveaux.

Pas de mea culpa, pas de sanctions, pas de limogeages pour incompétences notoires ! Les mêmes poursuivent leur œuvre bien-pensante totalement déconnectée des réalités. Propagande qu’ils ne dissimulent plus.

Parce que si Trump, Poutine et les Brexiteurs (Farage, Johnson…) sont contestés en France, ils sont en revanche très populaires chez eux, chez leurs administrés, leurs compatriotes, leurs peuples. Peut-on en dire autant de celui qui nous gouverne, Emmanuel Macron, qui convainc moins de 25% des Français ?

Eh oui, l’affreux Réac que je suis est finalement plus en adéquation avec les réalités politiques, sociales et sociétales du monde que bien des progressistes totalement à côté de la plaque. Pourtant, mon opinion reste marginale, inaudible à la télévision, chez Ruquier, Hanouna, Barthès, C à Vous, sur France Inter aussi, France Info, France Culture, dans Le Monde, Libé, Le NouvelObs… enfin dans la quasi totalité des médias que je finance de ma redevance et subventionne de mes impôts. Pire, la plupart de ces organes de propagande gauchiste progressiste me crachent à la gueule en toutes circonstances, tentent de me culpabiliser pour les opinions nauséabondes et mensonges que je relaierais, alors qu’ils ne cessent de m’abuser, de me tromper… de nous mentir.

Voilà où nous en sommes. Voilà dans quelle fange la France se vautre…

GAM pour Actuchomage

(1) Sur Hillary Clinton, Assange écrit en février 2016 sur WikiLeaks : «J’ai des années d'expérience dans le suivi d'Hillary Clinton et j'ai lu des milliers de ses courriels. Hillary manque de jugement et poussera les États-Unis dans des guerres stupides et sans fin, qui propageront le terrorisme».

PS : Que vous soyez Réac, Progressiste, Révolutionnaire, Libertarien, Anarchiste, Gauchiste, Droitard, Désabusé, Déboussolé… exprimez-vous sur Actuchomage. Nous publierons votre témoignage. Pour nous joindre : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.


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Mis à jour ( Mercredi, 03 Juin 2020 00:00 )  

Commentaires 

 
0 # Yves 2020-02-26 15:34 Le témoignage d'un autre vieux con… réactionnaire et juif. ;-)

Ah l’enchantement de ces temps-là ! La vie était facile, on se logeait pour pas cher, les salaires étaient élevés, et les filles gentilles. Le monde s’offrait à nous comme un tas d’huîtres perlières sur un plateau d’argent. On pouvait voyager, changer de pays et de boulot comme on voulait, on pouvait se battre pour la justice et plus de miséricorde pour les autres, chacun cherchait son chemin vers Dieu à sa guise. C’était beau, d’être né après la guerre.

Vous n’allez pas le croire, vous les enfants des générations suivantes, que la vie ait pu être aussi rayonnante. On pouvait s’acheter une maisonnette avec deux chambres dans le Kensington, avec ma paye de journaliste débutant à la BBC. On pouvait traverser l’Afrique et grimper sur les neiges du Kilimandjaro, randonner au Népal, être reporter de guerre, et aller passer un week-end à Paris.

Et le monde débordait de variété. Rien à voir avec la fausse diversité qui consiste à avoir pour voisins un Noir, un Chinois et un Indien, qui vont au même supermarché et voient les mêmes navets d’Hollywood que vous ; l’Angleterre était anglaise, et le Japon japonais. À Londres à la fin des années soixante, ou début soixante-dix, les pubs servaient de la vraie bière chaude, des saucisses grises bien british, et de la tourte au steak et aux rognons ; et le thé Ty-Foo à cinq heures ; et on pouvait fumer à table, et sauter dans un bus à deux étages ; pas l’ombre d’une ceinture à attacher. Les serveuses dans des cafés aux cuillers grasses m’appelaient « Luv »… À Kyoto, les femmes se promenaient en kimono ; et les hommes passaient de longues nuits à boire du saké ; regarder fleurir les cerisiers, et assister au Nô, c’était populaire. La Suède était blonde et n’en avait pas honte, les filles du Nord aux seins nus bronzaient et vous éclaboussaient dans les lacs frais.

Israël, c’était pauvre et âpre, le pays des garçons et des filles basanés, avec leurs fiers keffiyeh. Nous étions fiers de notre service militaire et de faire pousser du blé dans les kibboutz, tandis que les Arabes étaient de nobles paysans, et vivaient dans de vieilles demeures magnifiques. Les Israéliens avaient bonne réputation à l’époque en tant que randonneurs increvables. On s’appelait entre nous les « chasseurs blancs », comme dans les récits d’Hemingway sur l’Afrique.

Tout cela a disparu.

L’autre jour, je n’ai pas pu trouver un seul pub anglais à Londres ; ils servaient du vin et de la cuisine européenne. Pas une dame en kimono à l’horizon, à Kyoto. Les Suédoises ont remis leurs soutiens-gorges parce que les migrants n’arrêtent pas de les regarder avec insistance. Les Israéliens sont devenus insolents et gras. Et plus question de fumer nulle part, ni de boire en conduisant, et les ceintures sont obligatoires même dans les bus.

Notre génération était plus sophistiquée que la précédente. Nous avions interdit d’interdire en 1968. Nous avons arrêté la guerre au Viêt Nam. Nous avons mis fin à la discrimination raciale. Les gays dansaient et ne pensaient pas au mariage, ils ajoutaient une pincée d’exotisme dans le chaudron de la vie, tout comme les étrangers, qui étaient rares même à Londres ou à Paris. J’étais un oiseau rare, quand je me retrouvais avec d’autres écrivains dans les cafés parisiens. Les ouvriers étaient invariablement des locaux et natifs du lieu, tout comme la bouffe et la boisson. L’art du cinéma était florissant. Les meilleurs films étaient faits pour nous par Bergman et Buñuel, Godard et Oshima. Nous observions la course spatiale de deux super-puissances, et nous pensions arriver bientôt sur Mars. L’optimisme social n’avait pas de limites, nous étions sûrs que nos lendemains seraient plus beaux que notre présent.

On en a bien profité… Dommage que le monde que nous laissons à nos enfants et petits-enfants ne soit pas aussi merveilleux, tout surpeuplé et hyper-réglementé.

Nous arrivions dans un monde fraîchement fertilisé par des millions de morts, après la grande calamité de la guerre mondiale. Les historiens disent qu’après la peste noire, le monde était délectable. On le ressent, cela, même si on n’ose pas le dire, il y a là un facteur qui explique en partie l’attirance de l’humanité pour l’Armageddon.

Le nouveau virus chinois nous offre un exemple. Il fait 2 % de morts, ce qui n’est pas beaucoup. Il semblerait que les enfants et les Européens n’en meurent pas, même en cas d’infection. C’est donc une sale variété de grippe, mais pas plus. Chaque virus de la grippe qui se répand aux États-Unis fait bien plus de victimes. La grippe porcine en Amérique avec ses milliards de contaminés et ses centaines de milliers de morts en 2009, c’était une montagne à côté d’un petit pois, le coronavirus. Il s’agit peut-être d’une arme biologique bricolée en laboratoire, mais dans ce cas, elle n’est pas très efficace, à moins que sa férocité ne se révèle bien plus tard.

Quoi qu’il en soit, le battage est immense. Chaque cas de cette super grippe est traité par les médias comme une poussée de peste bubonique. En Israël, il ya zéro cas du nouveau virus, mais toutes les infos commencent par des rapports sur la progression de la chose. En Russie, zéro cas ; plus exactement, deux touristes chinois sont tombés malades, et s’en sont remis. Ceci étant, la Russie connaît bien moins d’hystérie virale que l’Occident ; et le président Poutine a exprimé son soutien au peuple chinois, ce dont ils lui sont reconnaissants ; mais la Russie a quand même fermé sa frontière aux touristes chinois, sauf s’ils sont en transit. Poutine a probablement hésité à prendre le risque d’avoir quelques décès (inévitables) que ses ennemis lui imputeraient à lui personnellement .

Oui, il s’agit d’une agression contre la Chine. Je vois qu’elle a été amplifiée par les suspects habituels, ceux qui écrivent sur l’Holocauste des Ouïgours et les combattants pour la liberté de Hong Kong. Mais ce sont les Chinois qui nous ont mis en alerte rouge avec leurs mesures préventives peu communes.

Il y a un facteur supplémentaire : nous attendons l’Apocalypse, l’invasion des zombies, la guerre nucléaire, le désastre climatique, non pas au niveau de la peur mais de l’anticipation, comme un débiteur épuisé attend le coup du sort ultime qui en finira avec lui comme avec son créancier impitoyable. Nous sommes des débiteurs, endettés et assaillis par l’État et par les grandes firmes. Depuis 1789, les Européens n’ont jamais été aussi déssaisis du pouvoir. Nous ne saurions survivre sans le soutien de l’État, avoir accès aux soins médicaux ou funéraires si nous ne faisons pas corps avec le système. Tout agent de l’État peut faire de nous ce qu’il voudra. De plus en plus souvent, ils exigent le remboursement à l’État des prestations sociales et des pensions perçues, avec effet rétroactif, s’ils estiment que la situation du débiteur a quelque chose de louche. Aux États-Unis, les prestations de l’État rétrécissent, comme les bons postes de travail se raréfient, mais les frais d’inscription pour les étudiants sont en hausse.

Nous sommes face à des lendemains lugubres.

L’intelligence artificielle va mettre des millions de gens au chômage, si le chômage peut encore exister comme tel. Les milliardaires vont se pavaner comme sous l’Ancien Régime. Tous ceux qui s’indignent des excès de la Révolution française ou de la Révolution russe, et qui les imputent aux juifs et aux franc-maçons, vont avoir une occasion d’en juger par eux-mêmes, car le régime pré-révolutionnaire pourrait bien être en train de revenir. La démocratie n’y survivra pas ; nous n’y survivrons pas, à moins que nous choisissions l’esclavage. Pourquoi est-ce que les Européens ne se multiplient pas, pour survivre, vous demandez-vous ? Survivre pourquoi faire ? La réponse est à chercher dans le sens de la vie.

Si tellement de gens appellent au niveau subconscient de leurs voeux une nouvelle grande guerre, elle arrivera, à moins que sainte Greta Thunberg et ses guerriers verts n’aient balayé notre civilisation auparavant. Dès qu’ils auront le champ libre, nous allons être ramenés à l’Âge de pierre.

Ce serait moins traumatisant de revenir à certaines recettes déjà testées dans nos jeunes années de baby boomers. Aidons les gens à rêver d’un avenir meilleur, aussi radieux que notre passé l’était.

En voici les ingrédients :

- que les loyers soient abordables. Même The Economist, la revue britannique thatchériste, le suggère. Pour cela, il faut que la propriété immobilière cesse de rapporter, et que ce soit douloureux. Des taxes foncières dissuasives, et interdiction pour les propriétaires de jeter les locataires à la rue. Taxation des logements vacants. Cela, les travaillistes anglais dans les années 1960 l’ont fait, avec le plus grand succès, et les propriétaires occupants ont remplacé les propriétaires spéculateurs. Cela serait taxé d’antisémitisme , à tous les coups, mais qu’y a-t-il de mal dans un peu de pragmatisme ?

- revenir à la conscription dans les forces armées. La guerre est trop importante pour qu’on la sous-traite. C’est stimulant, pour un jeune homme, de faire son service militaire. Quelqu’un qui n’a jamais servi dans l’armée peut devenir un John Bolton, un cruel apprenti faucon, et en envoyer d’autres à la guerre. Un homme qui a servi sous les drapeaux peut devenir un John Kennedy, qui se battra pour la paix. Il n’y a pas de mouvement anti-guerre aux États-Unis parce qu’il n’y a pas de listes d’appelés. Les jeunes Américains s’en fichent, des guerres sans fin en Afghanistan et en Syrie, parce qu’ils ne sont pas appelés à aller se battre là-bas et à mourir là-bas. Le service militaire ramènerait une politique militaire responsable.

- faire que les choses durent. Une voiture peut servir pendant trente ans, si elle est bien entretenue. L’iPhone a été conçu pour ralentir le vieillissement des vieux modèles, et c’est un bon exemple. Que chaque objet soit réparable. Rendre obsolète le terme obsolète.

- encourager les artisanats plutôt que la production de masse ; maintenir de hauts salaires pour les travailleurs, limiter la migration de masse et l’importation massive d’aliments. Mettre fin au tourisme de masse.

- et si vous en voulez encore : apprenez aux enfants que la cupidité est plus grave que le racisme. Mettez les financiers sur la paille. Ils ne devraient pas gagner plus qu’un travailleur qualifié. Taxez-les durement, pas tellement dans une perspective de redistribution, mais afin de sauver ces gens dynamiques de l’avarice comme religion, et orientez-les vers des activités utiles. Comme Henry Ford, Walt Disney et notre Ron Unz qui ont su prendre ce virage. Ce n’est pas une coïncidence si ces personnalités se méfiaient de l’amour traditionnel des juifs pour l’argent.

Le paradis perdu de notre époque de baby boomers est plus facile à retrouver que notre jeunesse. On en a bien profité, à votre tour, les gars !

Israël Adam Shamir
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