Actu Chômage

dimanche
18 août
Taille du texte
  • Agrandir la taille du texte
  • Taille du texte par defaut
  • Diminuer la taille du texte
Accueil La revue de presse Le «blues des huissiers»

Le «blues des huissiers»

Envoyer Imprimer
C'est sous cet angle que Le Figaro a choisi d'évoquer la fin de la trêve hivernale qui débute jeudi... Impayable !

Le 15 mars, les huissiers vont reprendre du service. Avec la crise, ils ont découvert des situations de plus en plus douloureuses et éprouvent parfois un malaise à multiplier les expulsions.

Las de leur mauvaise réputation, les huissiers de justice se piquent de vouloir la changer. Alors que la trêve hivernale prend fin jeudi, ils s'adressent aux personnes «potentiellement concernées» par les expulsions pour vanter leur fonction méconnue de conciliateurs.

«L'huissier de justice est là aussi pour étudier les alternatives et les solutions, sous réserve qu'il soit contacté à temps», alerte la profession à travers un communiqué de la Chambre nationale des huissiers de justice. L'homme de loi, «souvent dernier lien social sur le terrain», «connaît bien les situations et les contextes de précarité des personnes soumises à un titre exécutoire d'expulsion, souligne cette campagne inattendue. Son objectif est d'identifier des solutions, en amont, afin d'éviter que ces personnes se retrouvent sans logement».

Comme la rancœur d'un chirurgien face à la mort, Jean-Daniel Lachkar, le président de la Chambre nationale, n'hésite pas : «Il faut bien comprendre que pour un huissier de justice, l'expulsion est un échec. Cela veut dire que toutes les démarches, notamment auprès des services sociaux, les solutions au cas par cas que nous avons essayé de mettre en place n'ont pas fonctionné».

«On n'est pas là pour leur mettre la tête sous l'eau»

Outil préventif de l'huissier, la conciliation ne reste souvent qu'un vœu pieux. Lettre morte, aussi. Proposée par courrier estampillé huissier de justice, elle dissuade et fait peur aux récipiendaires. «On n'y a pas cru» est souvent le motif de non réponse, atteste avec regret la corporation. «Quand vous voyez une lettre d'huissier de justice dans votre boîte aux lettres, vous avez peur d'appeler», concède-t-elle.

Des huissiers éprouvent pourtant chaque jour le succès des conciliations. «Dans mon étude cette année, un mois avant le début de la trêve, tous mes dossiers "expulsions" ont été réglés par des solutions humaines», témoigne un huissier de justice de Lorraine. Pour moi, on doit tendre la main à ces personnes. On n'est pas là pour leur mettre la tête sous l'eau».

Une action si efficace, selon eux, qu'elle damerait le pion à celle des services sociaux. «En France, on voit souvent les services sociaux se préoccuper des personnes en difficulté dans les derniers jours, or bien souvent, c'est nous qui trouvons les solutions sur le terrain», s'enorgueillit un huissier de la région Centre.

Côté chiffres, il y aurait 100.000 à 110.000 décisions de justice par an concernant une expulsion dont 10.000 effectives, réalisées par la force publique. Avancées par Benoist Apparu, le secrétaire d'Etat chargé du Logement, ces données ne donnent pas satisfaction à la Chambre nationale des huissiers de justice qui réclame aujourd'hui des chiffres moins approximatifs, qui ne soient pas uniquement fondés sur les statistiques issues du contentieux locatif. «Si l'on souhaite agir pour diminuer les expulsions, il faut que l'on puisse mettre en place des actions mesurables, interpelle Jean-Daniel Lachkar. Et pour cela, il faut des chiffres précis afin de pouvoir analyser, année après année, en fonction de leur baisse ou leur augmentation, la pertinence des initiatives prises dans ce domaine, notamment pour pouvoir distinguer la part des expulsions réellement réalisées et celle où la remise volontaire des clés se fait après la réquisition de la force publique».

(Source : Le Figaro)

Lire aussi :
Articles les plus récents :
Articles les plus anciens :

 

Votre avis ?

Après plus de 6 mois, que vous inspire le mouvement Gilets Jaunes ?
 

Zoom sur…

 

La lutte contre le chômage est une escroquerie intellectuelle

Vous estimez que la lutte contre le chômage n'est, visiblement, pas la priorité de ceux qui nous gouvernent ? Vous vous étonnez qu'il n'y ait, sur ce point et depuis si longtemps, jamais de projet ...

 

Ces associations qui se battent pour les chômeurs

Au nombre de quatre au niveau national, elles méritent la gratitude et l'adhésion de tous les précaires et privés d'emploi. Grâce à elles - il faut le dire -, en 2004, les «Recalculés» n'aura...

 

TPN/TSS : EDF, GDF et le gouvernement arnaquent les plus pauvres

Des centaines de milliers de Français modestes ou pauvres n’ont toujours pas accès aux tarifs sociaux de l’électricité (TPN) et du gaz (TSS). Du côté d’EDF, de GDF et du gouvernement, tout...