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Crèche de Noisy-le-Roi : les gendarmes expulsent une chômeuse et son bébé

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Vendredi matin, sur ordre du maire, c'est entre trois gendarmes qu'Aurélie et son fils de 13 mois ont été chassés de la crèche municipale.

Le 22 septembre, nous vous avons raconté l'histoire d'Aurélie dont le bébé fut, "par erreur", accepté en crèche en cette rentrée alors que sa mère, à la recherche d'un emploi, ne remplissait pas la condition de travailler, et à qui la directrice a rapidement posé un ultimatum : si, avant le 30 septembre, Aurélie ne lui présentait pas de certificat d'embauche, son fils serait définitivement exclu.

Vendredi matin, bien que l'ultimatum ait expiré, Aurélie s'est tout de même présentée à la crèche avec son fils car elle avait un nouvel élément à apporter à la directrice. En effet, la veille, elle a in extremis décroché un emploi (un petit CDD qui va la dépanner), et l'employeur a même eu la gentillesse de lui fournir un justificatif écrit stipulant qu'elle commence dès lundi. Ainsi, sur cette preuve de bonne volonté, Aurélie espérait que la sentence soit levée.

S'attendant à la venue de cette maman un peu trop rebelle qui a osé saisir la presse pour dénoncer sa situation, la directrice de la crèche lui avait réservé un comité d'accueil très officiel, composé du maire de Noisy-le-Roi lui-même et de deux personnes du soi-disant "service de l'Enfance". Malgré le nouvel élément qu'Aurélie leur a présenté, ils sont restés inflexibles : lundi, elle doit aller travailler, et son fils n'a plus aucun mode de garde !

Irresponsabilité

Ils ont reconnu qu'ils avaient commis "une erreur" en acceptant Cyprien dans cette crèche alors qu'Aurélie était au chômage. Mais ils lui ont répété que, de toutes façons, maintenant c'est trop tard : son fils est définitivement exclu, qu'elle se débrouille ! Aurélie doit se tourner vers une assistante maternelle et, surtout, n'a plus rien à faire ici. Ouste, du balai !

Invoquant leur navrante "erreur", donc leur responsabilité dans cette affaire, Aurélie a insisté, refusant de quitter les lieux sans qu'on lui trouve une solution. De bonne grâce, ils ont téléphoné à une douzaine d'assistantes maternelles exerçant sur la commune : or, aucune n'avait de place disponible ! Aurélie a campé sur ses positions : pas question de sortir de là sans alternative pour son fils alors qu'elle n'a personne pour le garder lundi.

Mesquinerie et violence sociale

Le maire lui a alors sorti (sans lui laisser la consulter) une liste, soi-disant à jour, des inscrits à Pôle Emploi de sa commune, prétendant qu'elle n'y figurait pas, donc sous-entendant qu'elle ment et n'est pas en recherche d'emploi : une manœuvre aberrante ! Cette liste nominative, qui existe vraiment et que Pôle Emploi fournit aux maires qui en font la demande écrite, est censée être utilisée à des fins de placement des demandeurs d'emploi et pour l'attribution d'avantages sociaux. Dans le cas d'Aurélie, Monsieur Colin en a fait un tout autre usage, puisqu'elle lui a servi de prétexte fallacieux pour la déstabiliser, l'envoyer promener et la priver d'une place en crèche pour son fils.

Aurélie s'est donc fâchée. Monsieur Colin, agacé car à bout d'arguments, lui a opposé une fin de non recevoir et appelé la gendarmerie afin de faire évacuer cette femme ô combien dangereuse. Trois gendarmes sont, rapidement, venus expulser Aurélie et son bébé de la crèche. Impuissante, elle les a suivis. Les trois hommes, dubitatifs, ont exécuté l'ordre du maire, qui accusait Aurélie d’"agression sur sa personne"... L'intervention a été classée sans suite, et c'est désespérée qu'Aurélie est rentrée chez elle avec son bébé dans les bras.

Voilà comment, dans cette commune des Yvelines, on traite une mère de famille qui cherche du travail et s'apprête à accepter n'importe quel job pour qu'on n'éjecte pas son gosse. Voici comment un "service de l'enfance" qui commet "une erreur" traite un bébé de 13 mois : par l'intervention de la force publique !

Peu de médias ont réagi à notre premier article alors que nous les avions massivement sollicités. Les chômeurs, aujourd'hui, plus il y en a et moins on en parle ! Nous allons renouveler l'opération en espérant que, cette fois-ci, ils seront plus nombreux à s'emparer de cette scandaleuse affaire.

SH

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Mis à jour ( Mercredi, 17 Octobre 2012 14:01 )  

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