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Accueil Social, économie et politique Prime de Noël : le chant du cygne ?

Prime de Noël : le chant du cygne ?

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Avec la généralisation du Revenu de solidarité active en juin 2009, c'est peut-être la dernière fois que la prime de Noël sera versée, en fin d'année, aux minima sociaux concernés.

Car le RSA, sous-financé, nécessitera de nouveaux arbitrages, dont la suppression de nombreux droits connexes tels que prévus dans le «document de cadrage» de Martin Hirsch. Outre le rognage ou la suppression de divers dispositifs (PPE, primes de retour à l'emploi, gratuité des transports en commun, CMU, allocation logement, exonération de la taxe d’habitation et de la redevance audiovisuelle…) dont les modalités d'application restent floues entre ceux qui vont «reprendre le chemin du travail» — surtout précaire et mal payé — et ceux qui resteront sur le carreau, la suppression de la prime de Noël était aussi sur la sellette, puisqu'elle devait permettre de grapiller 370 millions d'euros.

Une aumône en guise de revalorisation

Invité ce matin sur Europe 1, le ministre du Travail Xavier Bertrand a déclaré qu'au contraire, face à la crise économique et financière qui grève le pouvoir d'achat des Français et fait remonter le chômage, «il faut penser à ceux qui sont éloignés de l'emploi». «Pour tenir compte de l'inflation», il a d'abord promis d'augmenter de 11% les pensions de réversion perçues par 600.000 veufs et veuves au titre de leur conjoint décédé. Puis il a annoncé que «la prime de Noël sera maintenue, elle sera même avancée, et même majorée» (sans aucune précision sur la hauteur de cette majoration, alors que les minima sociaux n'ont été revalorisés que de 1,6% au 1er janvier dernier).

La prime de Noël, qui est actuellement de 152,45 € pour une personne seule — soit moins de 13 € par mois —, est versée à la mi-décembre aux titulaires du revenu minimum d’insertion (RMI), de l’allocation spécifique de solidarité (ASS), de l’allocation pour la création ou la reprise d’entreprise (ACCRE), de l’allocation d’insertion (AI), de la rémunération des stagiaires de la formation professionnelle (RPS) et de l’allocation équivalent retraite (AER). Ainsi, quelque 1,5 million de personnes sont autorisées à participer à la grande messe consumériste de fin d'année mais, pour beaucoup, elle permet de résorber les retards de factures. Cette modeste prime fut arrachée de haute lutte par les associations de chômeurs en 1997. Au début, elle était ouverte à tous les chômeurs, indemnisés ou pas. Puis elle a été rapidement restreinte aux plus pauvres d'entre eux.

Par souci de «cohésion sociale», Xavier Bertrand a assuré que cette mesure serait financée malgré les graves difficultés budgétaires de la France, qui a dû renoncer à son objectif de retour à l'équilibre du budget de l'Etat en 2012... Quelle sacrifice ! Quelle générosité ! Mais ce geste, ne nous leurrons pas, en sonne le glas.


=> DERNIÈRE MINUTE : La prime de Noël passera «exceptionnellement» à 220 € pour une personne seule afin de «compenser le retard» sur l'inflation, et sera versée le 20 novembre.

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Mis à jour ( Jeudi, 18 Novembre 2010 13:40 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2008-10-01 21:54 (…) Il serait bon que la pauvreté, celle que les minima sociaux permettent d'atténuer, ne soit pas la grande oubliée des choix à venir. Or on peut le craindre, compte tenu du freinage délibéré des recettes publiques et des budgets sociaux.

Un cas exemplaire est celui du RMI. (…) Le pouvoir d'achat des RMIstes n'a cessé de décrocher, depuis 1990, par rapport à la richesse économique par habitant et au niveau de vie moyen. Et même par rapport au seuil de pauvreté.

Entre 1990 et 2004, le produit intérieur brut par personne a progressé de 20,1% contre seulement 4,6% pour le pouvoir d'achat du RMI - une divergence spectaculaire. En 1990, le niveau de vie moyen en France représentait environ 3,8 fois celui d'un RMIste. En 2002, ce rapport était passé à 4,2 ; et il a encore progressé depuis cette date.

Le RMI a décroché aussi par rapport au seuil de pauvreté, défini comme la moitié de la "médiane" des revenus. En 1990, le montant du RMI pour une personne seule représentait 70% du seuil de pauvreté. En 2001, il n'en valait plus que 66%. Il est certain que les années 2002 à 2004, pour lesquelles on ne dispose pas encore de données, vont encore creuser l'écart. Dernier chiffre : en 1990, le RMI mensuel équivalait à 67 Smics horaires brut. En 2004, ce chiffre n'est plus que de 50. Comparé au Smic, le RMI a perdu 25% de sa valeur !

Les salariés et les retraités ont pour eux des organisations syndicales disposant de pouvoirs reconnus de grève et de négociation, et qui les défendent lorsque le patronat et le gouvernement refusent de "partager les fruits de la croissance". Les plus pauvres, eux, n'ont rien de tout cela, en dehors de réseaux associatifs qui s'efforcent, avec des moyens limités, de faire connaître leur situation et leurs exigences de dignité.

Les revalorisations annuelles des minima sociaux sont décidées par des gouvernements qui, au cours de cette période, ont été obsédés, d'une part, par la baisse des prélèvements obligatoires et, d'autre part, par la crainte non fondée que le RMI n'incite les pauvres à la paresse (la "désincitation" au travail). La dégradation continue du pouvoir d'achat du RMI s'est produite sur un fond idéologique de culpabilisation des pauvres, qu'il fallait remettre au travail en leur montrant que celui-ci "paie". Cela devait réduire le chômage. Or, en contradiction complète avec ce raisonnement, le chômage a progressé alors que l'écart s'est nettement creusé entre RMI et bas salaires.

Enfin, puisqu'il est beaucoup question de relancer la consommation des ménages (le "moral des ménages") au nom de la croissance et de l'emploi, rappelons une évidence : contrairement aux 10% des ménages les plus riches qui épargnent 40% de leur revenu, les pauvres le dépensent en totalité. Ils sont les meilleurs acteurs d'une relance de la consommation !

La "cohésion sociale" est partout invoquée. Un ministère lui [fut] même consacré. Sa première priorité ne devrait-elle pas consister à éviter que le pouvoir d'achat des plus pauvres ne décroche par rapport au niveau de vie moyen ? Augmenter fortement les minima sociaux, c'est bon pour l'emploi, c'est une exigence morale et c'est, aujourd'hui, une urgence sociale.

Par Jean GADREY pour Le Monde du 23/03/05
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0 # superuser 2008-10-02 14:01
Selon Les Echos, la revalorisation des minima sociaux au 1er janvier 2009 n'intègrera pas le rattrapage de 1,3% correspondant à l'écart entre le taux d'inflation 2008 et la revalorisation de 1,6% du 1er janvier dernier. A l'inverse des retraites et des allocations familiales, la loi n'impose pas de rattrapage automatique l'année suivante en cas de décalage avec l'inflation prévue. La prochaine augmentation des minima sociaux se limitera donc à l'inflation prévisionnelle 2009, soit 2%, entérinant ainsi une perte de pouvoir d'achat. Et il en ira de même pour le Revenu de solidarité active : la compensation d'un éventuel surcroît d'inflation restera optionnelle…
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