Actu Chômage

mardi
23 juillet
Taille du texte
  • Agrandir la taille du texte
  • Taille du texte par defaut
  • Diminuer la taille du texte
Accueil Social, économie et politique Prime de Noël : un montant inchangé depuis… 14 ans !

Prime de Noël : un montant inchangé depuis… 14 ans !

Envoyer Imprimer
Bonne nouvelle, cette aide exceptionnelle aux allocataires de certains minima sociaux (RSA socle, ASS, AER, ATS…) est reconduite en 2012 et pérennisée pour les exercices suivants. Mauvaise nouvelle, son montant reste désespérément le même.

Afin d'apaiser les incertitudes qui, chaque année en novembre, agitent ses bénéficiaires potentiels et les collectifs qui les défendent, le gouvernement a décidé d'intégrer désormais la prime de Noël aux projets de loi de Finances. Pour assurer son financement, jusqu'ici erratique, il a choisi d'en confier la gestion exclusive au Fonds national des solidarités actives (FNSA) via un budget supplémentaire qui sera dégagé par l'augmentation de 0,35 point de la taxe sur les revenus du capital : la contribution sociale additionnelle sur les produits de placement et les revenus du patrimoine, communément appelée "taxe RSA", passera de 1,1% à 1,45%.

Il est important de souligner que le Fonds national des solidarités actives, créé en 2009 pour financer notamment le RSA "activité" ou le RSA "jeunes" — des prestations qui ne "décollent" pas… —, est excédentaire depuis sa mise en place (+1,3 milliard fin 2010, +476 millions fin 2011…) et que le renouvellement de la prime de Noël a toujours été un faux suspense, celle-ci ne coûtant au total que 400 millions d'euros distribués à 1,7 million de démunis.

En comparaison, bien qu'abrogé depuis un an et demi, le bouclier fiscal a coûté 735 millions à l'Etat en 2011, profitant à une poignée de 13.034 nantis, et devrait coûter encore 450 millions cette année tandis que l'ISF rapportera 462 millions d'euros de moins. Aujourd'hui au pouvoir, le gouvernement "socialiste" se plaint des sommes que le Trésor doit aux plus riches, mais continue à les payer rubis sur l'ongle sans envisager un seul instant de prendre une mesure d'urgence, simple et de bon sens : l'arrêt immédiat de ces remboursements scandaleux.

La charité au rabais

Donc, plus de souci à se faire : grâce au nouveau gouvernement, le versement annuel de la prime de Noël est pérennisé sur la mandature. Mais son montant reste inchangé. Et on rappelle en passant que les chômeurs à l'ASS perçoivent invariablement le minimum de 152,45 € car la composition de leur foyer n'est pas prise en compte, contrairement aux allocataires du RSA "socle". Mais si, parmi ces derniers, certains ont un peu travaillé et que la somme de leurs revenus dépasse le montant de leur RSA, la prime leur est sucrée, ce qui n'est pas le cas des allocataires de l'ASS exerçant un petit boulot. Comme toujours, selon le bon vieux principe du "diviser pour mieux régner", aucune homogénéité n'est recherchée.

La prime de Noël a été attribuée pour la première fois en 1998 par le gouvernement Jospin sous la pression de mouvements de chômeurs. Au début, elle était ouverte à tous les privés d'emploi. Puis elle a été rapidement restreinte aux plus pauvres d'entre eux, allocataires de minima sociaux comme l'ASS ou le RMI, répertoriés en tant que tels à l'Assedic ou à la CAF le mois précédant son virement — à signaler que celui-ci est toujours effectué à la dernière minute (aux alentours du 20 décembre) et que cette somme, censée permettre d'affronter un peu plus dignement les fêtes de fin d'année, sert pour beaucoup à payer des arriérés de factures...

Quand on est très pauvre, Noël renforce le sentiment d'exclusion et n'inspire plus grand chose, sinon de la tristesse. Comble de l'ironie, depuis 14 ans, alors que le coût de la vie a explosé, cette prime n'a jamais été revalorisée. Paradoxalement, seul Nicolas Sarkozy avait fait un geste fin 2008, la portant «exceptionnellement» à 220 € pour une personne seule afin de «compenser le retard» sur l'inflation. Mais ensuite, plus rien. Les associations de chômeurs continuent de réclamer son augmentation ainsi que l'élargissement du champ de ses bénéficiaires : en vain.

Si 1.000 francs représentaient encore quelque chose en 2000, douze ans après, 152 € n'est plus qu'une somme dérisoire. Le gouvernement "socialiste" a certes pérennisé l'aumône, mais il garde les yeux fermés sur la flambée des prix et du coût des charges incompressibles qui frappent durement les plus pauvres. Peut-être ne souhaite-t-il pas fâcher cette partie de l'opinion qui pense toujours que les chômeurs en fin de droits sont des bienheureux, et déploie une mesquinerie impressionnante à l'évocation du versement de cette prime — exemple ici en commentaires.

SH

Lire aussi :
Articles les plus récents :
Articles les plus anciens :

Mis à jour ( Jeudi, 06 Décembre 2012 06:00 )  

Commentaires 

 
0 # Trinita. 2012-11-24 11:34 D'après l'article de l'Expansion que vous mettez en lien,
"La prime de Noël, accordée aux bénéficiaires de minima sociaux - RSA, allocation spécifique de solidarité retraite (ASS)"…
Aux ASS, je me disais en préretraite, mais je ne savais pas que c'était officiel.
Pas de commentaire sur les commentaires, si ce n'est que, travailleurs ou feignasses de chômeurs, l'orthographe, c'est facile pour personne.
Répondre | Répondre avec citation |
 
 
0 # tristesir 2012-11-24 12:35 Nous n'avons pas élucidé une question:

Il se peut qu'il y ait un montant de ressources qu'il ne faut pas dépasser, même si on est au RSA, pour percevoir cette prime.

Concrètement, si je comprends bien et ce n'est pas sûr, si un célibataire au RSA perçoit (salaires, aides déclarées mais hors RSA) plus de 475 euros (c'est un tout petit peu moins en fait) au mois de novembre, il peut s'assoir sur la prime de Noël.
Répondre | Répondre avec citation |
 
 
0 # hervé85 2012-11-26 12:24 pour toucher l'Ass , les revenus du couple ne doivent pas déplacer un plafond. Si votre femme , ou mari touchent un peu plus que le SMIC vous n'avez plus droit à l'Ass donc à la prime de noël !!!! Bref vous n'avez le droit à rien et le devoir de payer vos factures ! Répondre | Répondre avec citation |
 
 
0 # baby 2012-11-26 13:35 eh oui vive la misère ! faut vivre avec et se démerder toujours les mêmes qui trinquent pour ne pas changer … Répondre | Répondre avec citation |
 
 
0 # Francoise02 2012-12-12 20:40 Bonjour

Je tiens a signaler, quand 2011 du temps de Sarkozy, je n'ai pas toucher 220 € de prime, mais bel et bien 152 € comme les autres années. Mais moi je suis célibataire sans enfants, peut être que l'augmentation était uniquepment pour les personnes avec enfants.
Répondre | Répondre avec citation |
 
 
0 # superuser 2012-12-13 10:08 Relisez l'article : c'était fin 2008, et à titre "exceptionnel". Répondre | Répondre avec citation |
 

Votre avis ?

Après plus de 6 mois, que vous inspire le mouvement Gilets Jaunes ?
 

Zoom sur…

 

La lutte contre le chômage est une escroquerie intellectuelle

Vous estimez que la lutte contre le chômage n'est, visiblement, pas la priorité de ceux qui nous gouvernent ? Vous vous étonnez qu'il n'y ait, sur ce point et depuis si longtemps, jamais de projet ...

 

Ces associations qui se battent pour les chômeurs

Au nombre de quatre au niveau national, elles méritent la gratitude et l'adhésion de tous les précaires et privés d'emploi. Grâce à elles - il faut le dire -, en 2004, les «Recalculés» n'aura...

 

TPN/TSS : EDF, GDF et le gouvernement arnaquent les plus pauvres

Des centaines de milliers de Français modestes ou pauvres n’ont toujours pas accès aux tarifs sociaux de l’électricité (TPN) et du gaz (TSS). Du côté d’EDF, de GDF et du gouvernement, tout...