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Le président de la HALDE a discriminé autrefois

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Couleur correcte exigée : tel était le titre de l'excellent "Pièces à conviction" d'Elise Lucet diffusé dimanche soir sur France 3. La discrimination raciale à l'embauche et au logement y furent abondamment et pertinemment traités. En prime, nous avons même eu droit à trois petits dérapages savoureux, de ceux qui donnent tant de piquant aux émissions télévisées !

Incontournable invité, Louis Schweitzer, ex Pdg de Renault et actuel Président de la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité), était bien sûr présent aux côtés de Marie-Flore Agbotton, une ravissante jeune fille au chômage depuis plus de deux ans malgré ses diplômes (juriste, Bac +5) et son intelligence évidente. Seul problème : elle ne peut camoufler sa couleur de peau.

"Extermination sociale"
Un vrai cas d'école : Marie-Flore a raconté son parcours du combattant, puis exprimé son sentiment d'injustice et son découragement avec beaucoup de dignité, parlant même d'extermination sociale. On a senti M. Schweitzer particulièrement ému par ses propos qui, s'ils concernaient les candidats "d'origine étrangère", pouvaient se calquer sur tous les chômeurs qui subissent une discrimination en cette période de pénurie sciemment organisée, qu'ils soient trop gros, trop laids, trop vieux ou trop jeunes, trop diplômés ou pas assez, ou tout simplement femmes, comme l'a justement fait remarquer le consultant en ressources humaines Khalid Hamdani.
L'extermination sociale est bien le terme qui correspond au non-emploi ou sous-emploi de masse que nous connaissons, avec ses dérives que nous dénonçons quotidiennement sur Actuchomage.

L'affaire Laurent Gabaroum
C'est là que notre vénérable Louis Schweitzer s'est retrouvé coincé. Autrefois Pdg de Renault, M. Schweitzer se souvient qu'en 1986 un certain Laurent Gabaroum, jeune diplômé Français d'origine tchadienne, a assigné Renault en justice et fait une grève de la faim pour qu'on lui reconnaisse son droit à une carrière de cadre. Recruté au départ "à la chaîne", comme tout bon travailleur de couleur, il a passé les concours nécessaires pour gravir les échelons, mais on l'a ensuite volontairement sous-payé et sous-employé. Renault a été condamné à lui verser 120.000 euros de dommages et intérêts mais le Conseil des Prud’hommes n’a jamais reconnu la discrimination raciale. M. Gabaroum a donc fait appel. Aujourd'hui, à 54 ans, il est toujours "au placard" dans un petit bureau à la Porte de Pantin...
Louis Schweitzer n'a pas souhaité se prononcer sur ce scandale. Et durant son temps de présence dans l'émission, il est resté fuyant et consensuel sur la plupart des sujets.

Une population volontairement "parquée"
Le cas de Gérard Dezempte, maire UMP de la petite ville de Charvieu-Chavagneux (38), était écœurant de grossièreté non dissimulée. Il a refusé l'accès à la propriété d'une famille d'origine algérienne sur sa commune, prétextant qu'ils "se faisaient avoir" et que c'était "pour leur bien". Sous couvert de "quotas" (on pense au concept fumeux de discrimination positive initié par Nicolas Sarkozy), cet homme se vante d'avoir fait diminuer de moitié la population "d'origine étrangère" de sa commune depuis son élection, et ne cache pas qu'il les "parque" dans des quartiers spécifiques. A Charvieu-Chavagneux, des caméras de surveillance sont installées partout dans les rues (on pense encore à la logique sécuritaire du président de son parti), et la mosquée a été rasée. Interviewé dans le reportage, on aurait juré que Gérard Dezempte était plutôt membre du Front National !

Un "bail à l'essai"
Pour défendre les propriétaires qui pratiquent la discrimination au logement, le président de l'UNPI (Union nationale de la propriété immobilière), un certain Jean Perrin, a affirmé que "le propriétaire doit avoir la liberté de choisir ses locataires, tout comme les locataires ont le droit de choisir leur appartement" (sic). Il a même suggéré qu'on créé un "bail d'essai" pour "cette population" : selon le comportement du locataire, on le garde !!!
Même Louis Schweitzer s'est insurgé contre cette idée de mettre des locataires "en stage"… ou en période d'essai. Un concept qui peut faire penser au CNE/CPE : n'est-ce pas, finalement, le même principe ?

Nous passerons sur les videurs qui se font condamner à la place de leurs patrons dans les affaires de discrimination dans les discothèques, et sur les méthodes des agents immobiliers ou des employés de l'OCIL : ce magazine était riche en exemples édifiants. Remercions Elise Lucet et toute son équipe pour ces grands moments de vérité !

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Mis à jour ( Mercredi, 01 Mars 2006 15:41 )  

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