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ÉCHÉANCES 2007 : EN FINIR AVEC L'APARTHEID ÉLECTORAL !

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Dans quelques mois, la campagne pour les élections présidentielles (et législatives) battra son plein. Aujourd’hui, nous savons qu’il y aura pléthore de candidats à droite comme à gauche, et que cette multiplicité dispersera les votes sur tout échiquier politique, de l’extrême gauche à l’extrême droite.

Article écrit en février 2006. Il ne prend évidemment pas en compte les mobilisations sociales autour du CPE.

Assisterons-nous à un second tour pour lequel seront retenus deux candidats ayant rallié moins de 30% des suffrages : un Sarkozy à 15% et une Royal à 13%, par exemple ? Ou un Bayrou à 15% et un Le Pen à 12% ? Ou un Sarkozy à 14% et un Fabius à 13% ? Pendant que les autres candidats, les Laguillier, Besancenot, Buffet, de Villiers, Dieudonné… se partageront, lui 6%, elle 4,5%, et le dernier 0,5% des voix.

Un Président élu avec 12% d’opinions favorables !

Comme en 2002, on risque fort de se retrouver avec un Président de la République qui aura recueilli en première intention de vote (au premier tour donc), moins de 20% des suffrages exprimés, soit l’assentiment de 12 à 14% des Français en âge de voter (résultats correspondant aux maigres performances de Jacques Chirac en 2002).

Puis, lorsque les législatives s’annonceront, nous assisterons au ras de marée habituel (lié au mode de scrutin majoritaire) qui accordera une majorité absolue à un parti politique minoritaire, probablement le PS ou l’UMP. Par le biais d’accords électoraux locaux avec ces deux grandes formations, l’UDF, le PC et les Verts tireront encore leur épingle du jeu en récupérant quelques strapontins dans l’Hémicycle. Pendant que les autres, les «petits partis», n’obtiendront pas un seul député (en 2002, même le FN qui a totalisé 18% des suffrages au second tour des présidentielles n’a pas réussi à faire élire un seul représentant à l’Assemblée !).

Une majorité absolue pour l’UMP à l’Assemblée en 2007 ?

À un an des échéances électorales, nous clamons haut et fort que nous ne voulons pas revivre ce scénario catastrophe ! Et nous devons nous élever sans attendre contre un système électoral dans lequel nous ne nous reconnaissons pas.

Il n’y a pas à chercher bien loin pour trouver les arguments qui légitiment ce refus. Une fois n’est pas coutume, ils dépassent largement les clivages partisans et les frontières idéologiques qui départagent la gauche et la droite. Cette convergence des analyses et des expressions issues de tous les horizons politiques est certainement le garant du bien-fondé de cette revendication : IL FAUT CHANGER LES RÈGLES !

Plus pertinents qu’un long discours, listons les différentes déclarations et constats qui ont émaillé l’actualité de ces 10 derniers mois.

• Qui a écrit en juillet 2005 que «78% des Français ne s’estiment pas représentés à l’Assemblée nationale» ?

«Le Figaro» qui publiait un sondage de l’institut BVA.

• Qui a affirmé en août 2005 dans les colonnes du «Nouvel Observateur», à propos des hommes politiques : «Nous n’avons plus aucune légitimité !» ?

Franck Borotra, ex-numéro 2 du RPR, ex-ministre sous Juppé, ex-député, ex-président du Conseil général des Yvelines… et, effectivement, proche du Président de la République !

• Qui a récidivé en octobre 2005, en affirmant que «76% des Français ne font pas confiance à leurs représentants» ?

«Le Parisien/Aujourd’hui en France» qui s’appuyait lui aussi sur un sondage d’opinion !

• Qui a affirmé le 16 décembre 2005 que la France n'est «pas une démocratie» mais s'apparente plutôt à «une monarchie élective» ?

Hervé Morin, Président du groupe UDF à l’Assemblée nationale !

• Et qui a dit lors du même colloque : «Quand nous analysons les causes de l'échec, l'enlisement, la stagnation de la France, nous y voyons d'abord des causes institutionnelles» ?

François Bayrou !

Et à gauche, qu’observe-t-on ? Des convergences de vues de plus en plus fortes autour d’Arnaud Montebourg, chef de file du courant socialiste «Rénover maintenant» qui appelle à la réforme constitutionnelle et à l’avènement de la VIe République.

La France victime d’un profond malaise démocratique

Voilà le constat que l’on peut tirer d’une succession d’indices qui témoignent indiscutablement d’un profond malaise démocratique. Pourtant, rien ne change ! Les règles du grand jeu électoral sont figées dans le seul but de permettre aux partis de l’establishment, UMP et PS pour l’essentiel, UDF et PC dans une moindre mesure, de conserver leurs prérogatives et l’attribution d’une manne d’argent public qui finance leurs activités, leurs permanents et leurs campagnes.

Les règles du grand jeu électoral sont figées alors qu’il faudrait les réformer rapidement pour redynamiser l’engagement républicain de tous nos concitoyens. Mais les tenants du pouvoir semblent se contenter d’une situation où PLUS DE 50% DES FRANÇAIS ne sont pas représentés à l’Assemblée nationale, quand on additionne les abstentionnistes (30 à 35%), les votes blancs et ceux des Françaises et des Français qui se sont exprimés en faveur de formations politiques non représentées dans l’Hémicycle (LCR, LO, FN, MPF – quatre formations qui totalisent près de 30% des voix).

Et quand on s’intéresse de plus près aux origines socioprofessionnelles et ethniques des «représentants» du peuple, on mesure à quel point les diversités et la mixité de la société française sont des valeurs négligées pour ne pas dire bafouées dans les plus hautes instances de la République.

Femmes, classes populaires, Français d’origines étrangères, jeunes, tous exclus !

Commençons par l’inégalité de représentation la plus visible, la plus criante : Au Palais-Bourbon, on compte 75 femmes députées pour 502 hommes (13% de l’effectif total). Elles ne sont que 11% d’élues dans le groupe UMP, 17% dans le groupe PS, 18% dans le groupe Communiste et 3% à l'UDF !

Si parmi les députés, 37 sont avocats, 44 cadres supérieurs, 27 ingénieurs, 31 médecins, 11 chirurgiens et 18 dentistes, 8 pharmaciens et 21 industriels, seuls 3 sont d'anciens ouvriers et 2 sont d’anciens marins.
Si parmi les députés, 28 sont issus des grands corps de l'État et 27 de la plus haute catégorie de fonctionnaires (la A), seuls 9 sont issus des catégories B et C de la fonction publique. Enfin, sur les 21 députés agriculteurs, un seul était salarié agricole.

Nul besoin d’une paire de lunettes à double foyers pour observer que les classes populaires sont largement sous représentées à l’Assemblée nationale. Mais cette «comptabilité de classes» s’avèrerait presque anecdotique au regard de l’analyse «ethnique» de celles et ceux qui peuplent les rangs de l’Hémicycle : Ne cherchez pas un député «issu de l’immigration» (notamment africaine), il n'y en a pas !

Enfin, 2,6% des députés ont MOINS DE 40 ANS. On comprend mieux dès lors pour quelle raison le fossé se creuse entre la jeunesse de ce pays et ses "représentants". Cerise sur le gâteau, parmi les 10 députés les plus jeunes de la majorité et de l'opposition, il y a seulement une femme… soit 10% des effectifs !

Une Assemblée qui fleure bon le XIXe siècle

Par qui sont représentés les 5 ou 6 millions de musulmans de ce pays (qui sont majoritairement des Français d’origine africaine et nord-africaine) ? Par qui sont représentés les centaines de milliers de Français d’origine asiatique, et aussi les millions de Français issus des premières vagues d’immigration d’Europe du sud (Espagne, Portugal, Italie) et de l’est (Pologne) ?
En consultant les patronymes des représentants du peuple, on a le sentiment qu’il faut être Français de souche pour avoir quelque chance d’être élu à l’Assemblée nationale. Les rares noms de famille à consonance «exotique» sont ceux des député-E-s… corses !

Voilà à quoi ressemble l’Assemblée nationale sensée représenter les Français dans toutes leurs diversités socioprofessionnelles, ethniques et religieuses : une classe de Dupont/Durand, notables de province, qui fleure bon le XIXe siècle.

Mais nous sommes au XXIe et la société française est confrontée à des situations qui imposent que les communautés nationales soient équitablement représentées. Trop d’exemples récents soulignent ce déficit chronique. Lors des récents événements des banlieues, on a pu mesurer la dramatique absence de porte-parole et de représentants de ces millions de Français qui vivent dans des quartiers défavorisés, voire laissés à l’abandon. De même, la lamentable affaire de l’article 4 de la loi du 23 février 2005 qui évoque «les aspects positifs de la colonisation» a heurté les communautés d’origines antillaise et africaine, soit au bas mot plusieurs millions de nos concitoyens qui ont été complètement exclus du vote parlementaire qui a entériné (avec l’aval des socialistes rappelons-le) un article stupide et offensant.

Voilà à quoi conduit la non représentation des habitants de ce pays dans toutes leurs diversités : à des incompréhensions qui peuvent se transformer à force d’exclusions répétées en communautarisme, puis en sectarisme, voire en affrontements. De ce point de vue le pacte républicain et l’unité du pays sont en danger.

Attaquons-nous à ce déni de démocratie !

Aujourd’hui donc, nous nous élevons contre un système qui, de notre point de vue, marginalise un nombre croissant de Français. Il est nécessaire d’inverser une tendance qui prive la majorité d’entre nous d’une représentation équitable. Les élections présidentielles et législatives semblent prendre une tournure comparable à celle que nous avons connue il y a cinq ans. Sur la forme, les résultats seront certes différents puisqu’une femme ou un homme succèdera à Jacques Chirac à la tête de l'État. Mais sur le fond, notamment à l’Assemblée nationale, le mode de scrutin privera une majorité de Français de représentants et accordera certainement une «majorité absolue» à un parti politique minoritaire. C’est à ce déni de démocratie qu’il faut absolument s’attaquer !

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Un communiqué d'APNÉE/Actuchomage

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Mis à jour ( Lundi, 06 Février 2006 17:59 )  

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