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L'emploi n'est plus l'objectif final des gouvernements ou des entreprises

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C'est ce que vient de déclarer Guy Ryder, le secrétaire général de la Confédération internationale des syndicats libres (le CISL, qui représente 145 millions de travailleurs à travers 234 organisations affiliées) dans un entretien publié dans le quotidien La Croix.

Guy Ryder y explique pourquoi la tendance de l'emploi au niveau mondial est négative (+ 2,2 millions de chômeurs en 2005), car "d'après la mesure qu'en fait le Bureau international du travail (BIT), le chômage touche 192 millions de personnes dans le monde, contre 180 millions il y a deux ou trois ans" malgré une croissance à 4,3% => (re)lire à ce sujet notre article du 24 janvier dernier : 200 millions de chômeurs dans le monde.

"L'emploi n'est plus l'objectif final des gouvernements ou des entreprises. Le mécanisme qui voulait que la croissance d'aujourd'hui donne les emplois de demain ne fonctionne plus. Les gouvernements comme les institutions internationales ont renoncé au plein emploi, qui servait d'objectif principal. Certes, l'Union européenne s'était fixé cet objectif en 2000 à Lisbonne à l'horizon 2010 mais cette stratégie de Lisbonne, on le sait, n'est pas mise en oeuvre."
"La recherche maximale de profits à court terme, pour flatter les marchés financiers, est aussi devenue une fin en soi. Le contrat social qui prévalait entre entreprises et leurs employés est rompu, comme le trahit la rémunération scandaleuse des grands dirigeants, alors qu'on impose modération aux salariés ou délocalisations de la production."

Il est grand temps d'admettre que, s'il ne peut plus y avoir d'emploi pour chaque être humain, le travail ne doit plus être considéré comme la valeur suprême de nos sociétés, et l'unique source de revenu possible. A moins de rayer 200 millions d'individus de la planète, il devient vital d'élaborer un compromis offrant une place à chacun.

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Mis à jour ( Vendredi, 10 Février 2006 20:02 )  

Commentaires 

 
0 # Simontrois 2006-02-12 10:50 Comment s'étonner du constat de Guy Ryder, alors que l'ouverture des frontières et le "Libre-échange " généralisé (mondialisation ) à pour conséquence logique, en l'absence d'accords mondiaux sur un droit du travail protecteur s'appliquant à tous, de transformer les salariés en une marchandise comme les autres sans souci aucun pour la justice et la dignité humaine.

Une masse de chômeurs importante est "objectivement" nécéssaire à une système capitaliste mondialisé et dérégulé :

1) il permet de maintenir des salaires bas en maintenant l'offre de travail à un niveau supérieur à la demande.

2) Il dissuade les salariés qui ont un emploi de revendiquer l'amélioration de leurs rémunérations et conditions de travail et organise par la peur et la culpabilité la division de la gande majorité des êtres humains victimes du système.


Le plein emploi n'est donc pas un objectif du système économique mondial en vigueur, c'est le contraire qui est vrai ! Ce système réalise au moins (à défaut des autres) l'une des prédictions de Marx : l'avènement d'un monde où l'échange marchand devenu généralisé transforme l'être humain en un simple objet, une sorte de "matièretravaill ante" échangeable partout et en tout lieu, sans autre considération que celle du profit.

Il faut inventer de nouvelles formes de lutte pour déféndre des droits humains fondamantaux (revenu décent, logement,santé, accès à la connaissance, temps libre hors du "travail ou du non-travail obligatoires" ) et ne pas tomber dans ces histoires ubuesques de "plombiers polonais" qui introduisent des divisions entre ceux qui devraient s'organiser pour défendre leurs droits.

A QUAND LA PREMIERE CYBER-GREVE MONDIALE ?
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0 # superuser 2006-02-13 10:15
C'est bien connu, la pénurie d'emplois fait baisser les salaires. Mais il existe un taux de chômage en deçà duquel les salaires augmentent à nouveau.

Comme une augmentation des salaires suscite une augmentation de l'inflation, il n'est pas souhaitable d'avoir un taux de chômage durablement inférieur à ce taux (d'où son assimilation fréquente au chômage structurel).

Pour cette catégorie de chômage, l'acronyme anglo-saxon NAIRU (Non Accelerating Inflation Rate of Unemployment) est souvent utilisé.

Tout sur le NAIRU dans http://lenairu.blogspot.com !!!
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