
Le 25 mars 2005, sept d’entre nous saisissaient le Procureur de la République de Paris et le Président de la HALDE (Haute Autorité de lutte contre les discriminations) de 40 annonces présentant des critères d’âge discriminatoires, impliquant 70 entreprises, cabinets de recrutement et sites Internet (jobboards).
Après avoir étudié le dossier, la HALDE nous donna raison et saisit à son tour le Procureur de la République de Paris.
Aujourd’hui, celui-ci rend son verdict sur toutes nos plaintes : «classement sans suite». Le Procureur de la République justifie sa décision en estimant que : «les mis en cause ont cessé de diffuser les offres d’emploi incriminées».
Cette décision ubuesque nous fait bondir !
Par essence, une offre a une «durée de vie» limitée : un ou deux mois. Il est évident que quand la BRDP (Brigade de répression de la délinquance sur la personne) a mené l’enquête préliminaire diligentée par le Procureur de la République (six mois après le dépôt de nos plaintes), ces offres avaient été supprimées.
C’est un peu comme si vous vous rendiez coupable d’une infraction au Code de la route en vous faisant flasher à 200 km/h, et que vous vous justifiez en prétextant que quand vous avez été arrêté par les gendarmes, vous rouliez à 90 km/h.
Le Procureur de la République ne prend pas en compte le fait que la plupart des infractions constatées ont été commises par des professionnels du recrutement (cabinets et sites Internet spécialisés) qui – de notre point de vue – devraient parfaitement maîtriser l’encadrement juridique de leur activité.
Enfin, le Procureur de la République n’a, semble-t-il, pas eu connaissance du fait que certains «mis en cause», comme le site de recrutement Monster, ont continué de diffuser des dizaines d’annonces présentant des critères d’âge restrictifs et illicites (ce qui nous a contraint à ressaisir une nouvelle fois la HALDE le 11 avril 2006).
Mesdames et Messieurs les Discriminé-E-s, vous chômeuses et chômeurs de plus de 40/45 ans, vous êtes prié-E-s d’accepter cette décision d’Injustice !
Chacun sait bien, ici, qu’il n’y a pas de problème de recrutement chez les Seniors, que les discriminations à l’embauche sur des critères d’âge sont, en France, inexistantes, et que donc la Justice n’a pas à sanctionner les agissements délictueux de certains, même ceux qui font l’objet d’une Délibération solennelle de la HALDE dont nous retranscrivons ici un extrait :
«Les articles 225-1 et 225-2 du code pénal prohibent la discrimination lorsqu'elle consiste à refuser d'embaucher ou à subordonner une offre d'emploi à une condition fondée notamment sur l'âge. En l'espèce, les termes utilisés sont dénués d'ambiguïté et leur usage suffit à caractériser l'intention de discriminer. La seule publication des offres d'emploi visées par la réclamation est constitutive du délit prévu aux dits articles.»
…/…
Copie du courrier reçu ce jour par un des sept plaignants :
Paris le 26 juillet 2006
Le Procureur de la République
Objet : Classement sans suite, après rappel à la loi, des procédures d’enquête relatives à des offres d’emploi diffusées sur Internet et mentionnant une condition fondée sur l’âge.
Comme suite à votre plainte en date du 25 mars 2005, et à votre requête auprès de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE), transmise au parquet de Paris, j’ai l’honneur de vous faire connaître qu’à l’issue des enquêtes préliminaires menées par la Brigade de répression de la délinquance sur la personne pour chacune des annonces incriminées, le parquet de Paris :
• a transmis la procédure référencée XXXXX au parquet d’Amiens, territorialement compétent au regard du lieu du siège social de la personne morale mise en cause,
• a procédé auprès des mis en cause, dans les autres procédures, au rappel des obligations résultant de la loi, prévu par l’Article 41-1 du code de procédure pénale, compte tenu des explications des mis en cause, de la cessation de la diffusion des offres d’emploi incriminées ou de toute autre annonce illicite. Cette mesure, constituant un avertissement solennel, ne ferait pas obstacle, en cas de réitération de faits similaires, à l’engagement de poursuites pénales.
Vous gardez la faculté, soit de poursuivre vous-même devant le juridiction civile ou pénale compétente (…).
Le Procureur de la République
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Commentaires
L’affaire «Radiateur» pour laquelle Yves Barraud - Président de l’association qui édite le site Actuchomage - est convoqué par un Juge d’instruction de Saint-Nazaire (1) illustre parfaitement ce constat quand on la confronte à une autre procédure juridique engagée cette fois par nous-mêmes contre 70 entreprises (dont EDF et la SNCF), cabinets de recrutement et jobboards (sites Internet d’annonces d’emplois).
En mars 2005, nous saisissions la HALDE (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) de plusieurs dizaines de petites annonces de recrutement présentant des critères d’âge illicites, et à ce titre, passibles de poursuites en vertu des articles 225-1 et 225-2 du Code pénal (2). Cette institution présidée par Louis Schweitzer nous donna raison et transmit le dossier au Procureur de la République de Paris qui, lui-même, diligenta une enquête préliminaire menée par la police judiciaire (la Brigade de répression de la délinquance sur la personne). Une affaire simple, claire, limpide, incontestable, qui concerne des centaines de milliers de Français-E-s de toutes origines socioprofession nelles confronté-E-s à des discriminations par l’âge dans leurs recherches d’emploi.
Nos démarches sont à ce point «fondées» que la HALDE a même demandé au Premier ministre, aux ministres des Transports et de l’Industrie de «justifier» les procédures de recrutement discriminatoire s dans les deux grandes entreprises publiques que sont EDF et la SNCF (3).
Mais le 26 juillet 2006, nous apprenons que TOUTES NOS PLAINTES sont classées SANS SUITE ! (lire dans les commentaires)
De l’autre côté, un message de quatre lignes posté sur les forums d’Actuchomage fin janvier 2006 par un «agent de l’ANPE» en colère, resté malencontreusem ent en ligne pendant deux jours, risque de valoir à Yves Barraud une mise en examen et, si c’était le cas, une possible condamnation financière, voire une peine de prison avec sursis !
La démonstration s’impose d’évidence : La justice de ce pays ne se porte pas bien. Et quand il y a moins de justice, il y a plus d’inégalités, et c’est contre cela que NOUS, nous nous battons.
(1) Un responsable d’Actuchomage prochainement mis en examen ?
(2) La HALDE donne raison aux sept chômeurs discriminés
(3) Discriminations : le Premier ministre et les Présidents de la SNCF et d’EDF doivent se justifier
=> À suivre : Le fil d'informations concernant cette affaire sur nos forums.
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Le gouvernement brasse de l'air avec brio et dépense de l'argent public pour faire croire au bon peuple qu'il lutte en faveur de l'emploi des seniors et de l'intégration des "minorités", alors qu'il existe déjà un Code du travail et un Code pénal pour lutter contre ces pratiques => IL SUFFIT D'APPLIQUER LES LOIS, ce que bien sûr personne ne songe à faire !
En vérité, le gouvernement n'en a rien à fiche de la discrimination : il se contente de faire semblant, et méprise les discriminés.
Le gouvernement prétend qu'il lutte contre le chômage. Il mobilise le service public de l'emploi pour fliquer et radier les chômeurs, multiplie les dispositifs qui truquent les statistiques (CRP, contrats aidés, etc), dilapide l'argent public dans de multiples cadeaux aux entreprises qui n'ont aucun effet sur la création d'emploi et accentuent la précarité, puis affiche un "patriotisme économique" de façade à l'occasion de licenciements massifs.
Surtout, il renforce les sanctions contre les chômeurs et les RMIstes, et n'hésite pas à faire traduire en justice un agent ANPE en colère ainsi que le responsable d'un site internet de chômeurs pour une histoire de message provocateur sur un forum : pour ça, le Code pénal, il existe ! Et au lieu de lutter contre le chômage, on continue de lutter contre les chômeurs…
Quelle coïncidence ! L'affaire "Radiateur", avec la comparution de Yves, et le classement sans suite de nos plaintes tombent sur le tapis en plein milieu de l'été, à une période où dénicher un avocat est difficle, et où tout battage médiatique serait quasi nul.
La boucle est bouclée : on attend la rentrée ! Répondre | Répondre avec citation | Citer
Si le lien ne fonctionne pas, se reporter à l'annonce du 17 juillet 2006 de la société DXO pour un poste de comptable unique à Boulogne (92). En plus, cette offre d'emploi porte le label : PRODIVERSITE SUR MONSTER.FR, TOUJOURS INCROYABLE… MAIS VRAI!! Répondre | Répondre avec citation | Citer
Il faut que les informations circulent pour que les mentalités changent, faute de quoi les trentenaires d'aujourd'hui seront les exclus de demain ! Ils n'ont plus qu'une petite dizaine d'années devant eux !
Je vois régulièrement des annonces dont le titre du poste à pourvoir se termine par le mot "senior", et, où dans le texte, il est clairement précisé que le profil recherché correspond à 4 ans d'expérience !
A ces conditions-là, si vous avez plus de 40 ans, vous n'avez plus qu'à attendre la retraite, puisque le robot de l'ordinateur de la DRH vous aura éliminé dès la première étape de sélection !
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Copie du courrier adressé le 11 avril 2006 aux Présidents de la HALDE (Haute Autorité de lutte contre les discriminations ) et de la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés).
Monsieur Louis Schweitzer, Président de la HALDE
Monsieur le Président de la CNIL, Commission nationale de l’informatique et des libertés
Paris, le 11 avril 2006
Messieurs les Présidents de la HALDE et de la CNIL,
Par ce courrier, nous tenons à vous saisir d’un nouveau dossier de «discrimination » concernant le site de recrutement Monster.
Comme vous en avez eu certainement connaissance, Monster est partenaire/prestataire d’une initiative gouvernementale , chaperonnée par le ministère délégué à la Promotion de l’Égalité des Chances, le site www.diversite-emploi.com…
Il apparaît que, malgré l’action engagée auprès de la HALDE en mars 2005 par sept adhérents de notre association à l’encontre de Monster qui diffuse en grande quantité des annonces de recrutement assorties de critères d’âge illicites (en vertu des articles 225-1 et 2 du Code
pénal), cette entreprise persiste dans cette voie.
Vous trouverez jointe à ce courrier une sélection d’annonces relevées sur Monster les 25 et 26 mars derniers qui laissent apparaître ces critères d’âge illégaux.
Les 2.000 membres et adhérents de notre association exigent des sanctions exemplaires à l’égard d’une entreprise qui ne respecte pas l’application des dispositions du Code pénal et du Code du travail en matière de recrutement.
Comble de l’ironie, le sceau de la République (Liberté, Égalité, Fraternité) est aujourd’hui associé au logo de Monster sur la page d’accueil du site Diversité-emploi !
Nous vous prions d’agréer, Messieurs les Présidents de la HALDE et de la CNIL, l’expression de nos sentiments respectueux.
Pour l’association APNÉE
Yves Barraud, son Président Répondre | Répondre avec citation | Citer
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Je m'adresse aux différentes personnes qui auront à juger le dossier "Radiateur" en interrogeant le président de l'association APNEE et directeur de publication du site Actuchomage, Yves, dont je suis solidaire => vous êtes invités à "classer sans suite" toute responsabilité qui pourrait lui être reprochée puisque deux jours après le message de "Radiateur", faiblement lu, celui-ci a été supprimé. Je compte sur nos "observateurs assermentés par la même république" pour faire suivre ce conseil.
Pour conclure, je suis à la disposition des membres officiels de la HALDE pour les aider à se réinsérer dès qu'ils auront compris la réelle utilité de cette structure. Pourquoi pas devenir plus actifs au sein de Actuchomage mesdames et messieurs ? Les faits montrent que nous sommes bien plus "présents" et "tenaces" pour lutter contre les discriminations et les inégalités…
La justice est…injuste ! Nous serons "justes" face à l'injustice !!!
Vincent
Alias Mentor Répondre | Répondre avec citation | Citer
En conséquence, en cas de silence, tout citoyen plaignant dispose de la possibilité de se porter partie civile, avant l'expiration du délai de 6 mois, auquel cas une instruction devra être ouverte, la plainte ne pourra plus être classée sans suite.
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«Nous n'allons pas en rester là. Nous allons contre-attaquer et, si besoin, saisir la Cour européenne des Droits de l'homme». A 55 ans, le Champenois Michel Legros n'a pas l'intention de baisser les bras après le classement sans suite des plaintes pour discrimination à l'embauche en fonction de l'âge déposées en mars 2005 au parquet du Tribunal de grande instance de Paris avec six autres plaignants. Les plaintes visaient 70 entreprises qui faisaient apparaître à tort une limite d'âge dans leurs annonces d'embauche sur Internet, selon les sept co-plaignants, cinq hommes et deux femmes sans emploi qui avaient entre 43 ans et 57 ans. A l'issue des enquêtes préliminaires menées par la brigade de répression de la délinquance contre la personne, le parquet de Paris a classé les plaintes pour lesquelles il était territorialemen t compétent. Au préalable, il a toutefois adressé un rappel à la loi aux sociétés mises en cause.
Pour le parquet, il s'agit d'«un avertissement solennel (qui) ne ferait pas obstacle, en cas de réitération de faits similaires, à l'engagement de poursuites pénales». Les entreprises concernées ont cessé la diffusion des offres d'emploi incriminées «ou de toute autre annonce illicite», selon le parquet. Elles encouraient entre 45.000 et 225.000 euros d'amende.
Le parquet de Paris indique par ailleurs qu'il a transmis les autres procédures aux différents parquets concernés : Strasbourg, Bordeaux, Lille et Toulouse.
«Déni de justice»
«C'est un déni de justice flagrant : il y a une infraction et elle n'est pas poursuivie», s'insurge Michel Legros. Il vient de faire part de son «écœurement» par courrier au président de la République.
Licencié économique à 51 ans alors qu'il était directeur administratif et financier d'une entreprise de Reims, ce polyglotte qui parle cinq langues assure avoir essuyé plusieurs refus d'embauche en raison de son âge. Après avoir «beaucoup galéré pendant quatre ans», dit-il, envoyé en moyenne cinq CV par jour sur Internet, parcouru 80.000 kilomètres à travers toute la France et suivi plusieurs formations, le quinquagénaire champenois a fini par retrouver un emploi. A 55 ans, après avoir travaillé huit mois comme chef comptable dans une entreprise alsacienne de vente par correspondance d'armes et de munitions, l'ancien cadre marnais a été embauché en mars dernier comme responsable administratif et financier par un grossiste spécialisé dans le matériel pour l'énergie solaire dans le Var. Son épouse, qui est restée dans la Marne, devrait le rejoindre prochainement. «Elle m'a beaucoup soutenu», témoigne l'ancien chômeur avec reconnaissance.
«Se battre»
«Même si j'ai de nouveau un emploi, je reste solidaire des autres co-plaignants qui sont toujours au chômage. Nous allons continuer à nous battre», affirme le tonique quinquagénaire.
Michel Legros rappelle au passage que «la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE) nous a donné raison». Pour lui, «le recrutement d'un salarié ne doit s'opérer que sur les seuls critères de compétence, d'aptitude, de volonté et de dynamisme».
(Source : L'Union) Répondre | Répondre avec citation | Citer
Rappelons que la HALDE (Haute Autorité de lutte contre les discriminations ) nous a donné raison sur ce dossier en confiant l'affaire au Procureur de la République… qui l’a finalement classé sans suite.
Mais la constitution de ce dossier nous a coûté de l'argent : téléphone pour réunir les plaignants, se mettre d'accord, courriers recommandés, démarches diverses… et surtout, tous les plaignants ont été entendus à la BRDP (Brigade de répression de la délinquance sur la personne) à Paris, dans le cadre de l'enquête préliminaire diligentée par le Procureur.
Notre copine Huguette et nos copains Vincent, Gérard, Michel… y ont été de leur poche pour se rendre à Paris.
Et quand on est au RMI, à l'ASS ou sans aucune ressource, débourser 60 à 80 euros pour s'acquitter d'un aller/retour SNCF, ça fait un trou sur le compte en banque.
Tout ça pour rien ! Répondre | Répondre avec citation | Citer