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Accueil Social, économie et politique Le gel des salaires est responsable de la crise financière

Le gel des salaires est responsable de la crise financière

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Relevé sur France 5 dans le magazine «C dans l'air» de vendredi consacré à la récession, le propos plus que pertinent de l'économiste Dominique Plihon.

Il a affirmé que — hors flambée du pétrole — la crise financière actuelle, issue des Etats-Unis et qui se propage chez nous, est avant tout une crise du surendettement qui trouve ses racines dans la modération salariale pratiquée depuis un quart de siècle dans nos pays dits «développés».

On avait l'habitude d'accuser le consumérisme à outrance qui pousserait les gens à s'adonner aux joies du crédit : c'est en partie juste. Mais on constate désormais qu'au delà de s'en servir pour acquérir une auto, un logement ou se meubler, de plus en plus de ménages sont obligés d’y recourir pour s'acheter à manger ou règler leurs factures, tant il est vrai qu'il est plus facile d'aller chez Cetelem que de réclamer une augmentation à son patron...

Cet état d'esprit désastreux est même véhiculé par des responsables politiques tels que Martin Hirsch, créateur d'un RSA partenaire du sous-emploi et qui voit dans le «microcrédit» une solution pour aider les pauvres à s'en sortir, ou bien la ministre de l'Enseignement supérieur qui propose aux étudiants désargentés des prêts bancaires «garantis par l'Etat». Ils sont pourtant censés savoir que le crédit est un transfert fictif de pouvoir d'achat.

L'engrenage

On le sait : depuis plus de vingt ans, le fossé n'a cessé de se creuser entre les revenus du capital et ceux du travail, le premier étant instigateur d'un chômage de masse qui fait pression, à la baisse, sur le second. Cet inique déséquilibre, source d’une répartition des richesses de plus en plus mauvaise, montre aujourd'hui ses limites et, surtout, sa dangerosité. Quand on ne gagne pas assez pour vivre, on se tourne vers le crédit : à modération salariale persistante, développement du crédit… puis du surendettement.

Dominique Plihon a cité l'exemple extrême des Etats-Unis où la culture du crédit est considérable, avec un taux d'endettement qui atteint 135% du revenu disponible des ménages (alors qu'on en est à 65% dans la zone euro, ce qui est déjà beaucoup). Les dérives d'un système spéculatif avide, irresponsable et faussement auto-régulé ont abouti au scandale des prêts hypothécaires à risques ou subprimes, touchant d'abord 3 millions de familles modestes qui ont voulu acheter leur maison et se retrouvent à la rue, puis corrompu le circuit bancaire international, avec des conséquences sur l'économie réelle qu'on commence tout juste à entrevoir.

Moralité : si les actifs percevaient des revenus décents, ils n'auraient pas tant besoin de succomber aux sirènes du crédit aux particuliers, secteur qui, bénéficiant d'un effet d'aubaine à long terme distillé par un contexte économique en dégradation constante, s'est lui aussi vautré dans le lit d'une rapacité endémique et se retrouve, maintenant, infesté. Merci, Monsieur Plihon, d'avoir fait part de cette vérité éclairante que nous relayons ici.

Pour revoir l'émission en ligne

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Mis à jour ( Lundi, 06 Février 2012 12:26 )  

Commentaires 

 
+1 # gérard 2008-10-04 14:46 C'est le sujet d'une excellente émision récemment rediffusée sur France Inter dans "Là-bas si j'y suis" :

"Depuis le début des années 80, la part des salaires dans le PIB de la France a baissé de 9,3%. Qui sont partis dans la poche du Capital. Ces 9,3% équivalent à plus de 150 milliards d’€ : soit une douzaine de fois le trou de la Sécu ! Un hold-up géant, renouvelé chaque année, au détriment des salariés.
Ce chiffre, 9,3%, suffit à contester toutes les « réformes » en cours : allongement de la durée de cotisations pour les retraites, salaires qui stagnent depuis vingt ans, mise en place de la franchise médicale… Car toutes ces mesures ont un dénominateur commun : gratter encore quelques avantages aux salariés. Tandis que la question du partage des richesses n’est jamais posée…
Remerciements : Pierre Concialdi, Jacky Fayolle, Michel Husson, tous trois économistes à l’IRES. Et à Stébar."
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0 # Maxerem 2008-10-06 19:49 L'argent n'est rien, c'est l'activité qui compte!

Banquiers, assureurs et politiques ont installé un système qui fabrique des pauvres, des endettés et des exclus de plus en plus nombreux. Ce système concentre le profit et les patrimoines dans les mains d'une minorité.

Problème: cet appauvrissement d'une majorité par rapport à l'élite est du poison pour une économie de masse qui repose sur le plus grand nombre.

Il faut de l'investissement productif et donc de l' épargne, mais les financiers ont cru qu'on pouvait faire de l'argent avec de l'argent , et même gagner encore plus d'argent en faisant payer des taux d'intérêt excessifs à ceux qui n'ont rien

Ce racket absurde explose en vol, et ça ne s'arrangera que si la minorité de privilégiés accepte de se défaire en partie de ses "acquis", mais ça ne s'est jamais vu, nulle part!
Alors il faut une crise, une "bonne guerre" disaient les anciens, ou une dévaluation, ou une révolution, pour repartir sur des bases assainies.

Je crois bien qu'on y est là …

Petite consolation: ceux qui sont tout en bas, aux minima en tout genre, ne sentent pas grand chose : c'est tout en haut de la pyramide que la tempête souffle le plus fort.
Grosse crainte : il y aura, au moins temporairement, encore plus de gens qui vont de retrouver tout en bas…


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