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Accueil La revue de presse La France souffrirait-elle d'une absence d'inflation ?

La France souffrirait-elle d'une absence d'inflation ?

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Les prix à la consommation ont à nouveau baissé en France en novembre, démentant largement les craintes de surchauffe évoquées par la Banque centrale européenne, mais cette évolution ne rassure guère les économistes qui jugent l'inflation insuffisante pour faire repartir l'emploi.

Après un recul de 0,1% en octobre, les prix à la consommation ont diminué de 0,2% en novembre en France. La hausse des prix sur un an est désormais ramenée à 1,6%, après 1,8% le mois précédent et une brève incursion au-dessus de la barre des 2% en septembre à 2,2%. Selon l'INSEE, l'évolution constatée en novembre "reflète principalement la baisse des prix de l'énergie et en particulier celle des produits pétroliers", qui diminuent respectivement de 2,8% et de 5,1%. Dans la grande distribution, les prix des produits de grande consommation restent quasiment stables (+0,1%).

Pour les économistes, il est plus que jamais évident que "les tensions inflationnistes en France ont été limitées au secteur énergétique", et qu'"il n'y a pas eu de transmission aux autres secteurs", comme le résume Nicolas Claquin (HSBC). L'inflation sous-jacente, calculée sans les prix les plus volatils (énergie, produits frais) augmente de 0,1% en novembre et son évolution en glissement annuel est de 0,9%. "Elle sera autour de 1% sur l'ensemble de l'année, niveau historiquement très bas, le plus faible depuis 1999", souligne M. Claquin.
Tout cela montre, selon Marc Touati (Natexis Banques populaires), que "l'inflation n'est absolument pas un danger" et que la Banque centrale européenne "a faux sur toute la ligne".

Après deux ans et demi de statu quo monétaire, la BCE a décidé le 1er décembre d'augmenter d'un quart de point à 2,25% son principal taux directeur, pratiquant sa première hausse depuis cinq ans, principalement par crainte de surchauffe inflationniste dans la zone euro liée à la montée des prix du pétrole. "Le niveau de risques pour la stabilité des prix était tel que nous devions procéder à cette correction modérée" des taux, avait alors expliqué son président, Jean-Claude Trichet.
Marc Touati insiste au contraire sur le fait qu'en France, "pour le 10e mois consécutif, le glissement annuel des biens manufacturés est négatif". Autrement dit, "cela fait bientôt un an que l'industrie manufacturière française est en déflation", résume cet économiste, qui s'interroge : "comment peut-on alors raisonnablement parler de risques inflationnistes ?"

Les analystes ne cachent d'ailleurs pas leurs craintes face à ce faible niveau d'inflation. Même si c'est "plutôt un signe positif pour le consommateur, en revanche, pour les entreprises, cela signifie une compression des marges, et donc moins de marges de manoeuvre pour investir et embaucher", explique Nicolas Claquin. L'inflation, qui devrait tendre vers 1,4% au printemps prochain, "est déjà et sera donc encore plus insuffisante pour permettre un rebond significatif de l'emploi", acquiesce Marc Touati.

Parmi les économistes, tous ne donnent cependant pas tort à la BCE, qui avait certes justifié sa hausse des taux par les prix pétroliers, mais aussi par la croissance, à ses yeux trop rapide, de la masse monétaire et des crédits aux particuliers. Nicolas Bouzou (Xerfi) estime ainsi que la baisse des prix dans certains secteurs (habillement, produits de santé, transports) confirme que "la concurrence et la compétition internationale affaiblissent considérablement la capacité des entreprises à augmenter les prix". Cela signifie selon lui que "l'inflation ne se lit plus dans les prix à la consommation mais dans les prix des actifs (immobilier, actions, obligations, matières premières)", ce que la BCE, "même si elle ne l'a pas dit clairement, a bien compris".

(Source : Voila.fr)

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Mis à jour ( Mercredi, 14 Décembre 2005 02:37 )  

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