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Le procès des marchés publics s'est ouvert

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Le procès des marchés publics d'Ile-de-France s'est ouvert à Paris. Quarante-sept personnes, dont des personnalités proches du président Jacques Chirac, ont comparu lundi 21 mars à Paris dans un procès d'une ampleur exceptionnelle pour corruption dans l'octroi de marchés publics en région parisienne dans les années 90, qui éclabousse les partis, en particulier à droite. Ce procès pourrait durer jusqu'à la mi-juillet.

L'affaire est emblématique d'une dérive du financement des partis politiques dans les années 90. L'instruction a mis au jour un vaste système de corruption portant notamment sur l'attribution des marchés des lycées de la région Ile-de-France (région parisienne), qui était subordonnée au versement par les entreprises de contributions aux formations de droite comme de gauche.

Michel Roussin, ex-directeur adjoint du cabinet de Jacques Chirac lorsque le président était maire de Paris, et l'ancien président du conseil régional Michel Giraud (RPR, nom du parti gaulliste alors présidé par M. Chirac), les deux prévenus "stars" de ce procès, sont arrivés, visages fermés, entourés d'une nuée de caméras et d'appareils photo.
Les ex-trésoriers - officiels ou présumés - des partis, Louise-Yvonne Casetta (RPR), Jean-Pierre Thomas (Parti républicain, droite libérale) et Gérard Peybernès (Parti socialiste) ainsi que l'ancien président du PR et ancien ministre, Gérard Longuet, figurent parmi les prévenus ainsi qu'une quinzaine de chefs et de cadres d'entreprise du bâtiments et travaux publics (BTP) (Dumez, Bouygues Bâtiment, GTM, etc.).

Seule absence à relever : Guy Drut, ancien ministre de la jeunesse et des sports et membre du comité pour la candidature de Paris aux Jeux olympiques, poursuivi pour un emploi fictif, était représenté par son avocat.

Dix ans de prison

Certains prévenus sont passibles d'une peine de dix ans de prison, assortie d'inéligibilité.

Les entreprises devaient rétrocéder 2 % du prix des marchés aux principales formations représentées à la région, selon "une clé de répartition" : 1,2 % au RPR à partager avec le Parti républicain (droite libérale), 0,8 % au Parti socialiste, selon l'instruction.

A l'époque, les dons des entreprises aux partis étaient autorisés par la loi mais ils n'étaient "ni spontanés, ni libres, mais bien remis en contrepartie de l'attribution des marchés", selon le juge d'instruction Armand Riberolles. Selon lui, le financement a aussi pris une forme "occulte" avec des versements en espèces et quelques emplois fictifs.
Des chefs d'entreprise ont évoqué un "racket" auquel ils se sont soumis par peur d'être exclus des marchés.

Sommes colossales

Dans cette région, la plus riche de France, les sommes en jeu étaient colossales : près de 12 milliards de francs (1,83 milliard d'euros) de marchés auraient été attribués aux principales entreprises du BTP entre 1990 et 1995, tandis que les partis auraient reçu dans le même temps près de 30 millions d'euros, selon un expert judiciaire.

Après l'affaire Gaymard, du nom du ministre de l'économie et des finances Hervé Gaymard, contraint à la démission pour avoir loué sur les deniers de l'Etat un luxueux appartement, ce procès va accentuer la méfiance des Français à l'égard des hommes politiques dans un climat de malaise social. Et ce à deux mois du référendum sur le Traité constitutionnel européen.

(Source : Le Monde)

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Mis à jour ( Mardi, 22 Mars 2005 16:51 )  

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