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Semaine sociale : Un vrai sursaut syndical

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C'est sous le titre "Réponse cinglante des Français à Chirac" que L'Humanité analyse les mobilisations des postiers, des agents SNCF, des fonctionnaires et autres corporations qui se sont succédées cette semaine.

Une semaine sociale qui ressemble à une chanson de Jacques Brel, tout en crescendo. Après les postiers mardi, la forte mobilisation des agents de la SNCF mercredi, le point d’orgue a été atteint hier avec la journée nationale de grève dans la fonction publique. Une grève massivement suivie dans l’éducation nationale, avec jusqu’à 65% de grévistes parmi les professeurs des écoles. Dans le second degré, le SNES avance un taux de 58% de grévistes, tous établissements confondus. De son côté le ministère de l’Éducation nationale recense 43,33% de grévistes en moyenne nationale. Une montée en puissance renforcée également par le succès des manifestations qui ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes dans toute la France.

Une situation sociale inédite au lendemain de la période traditionnelle des voeux du chef de l’État qui, habituellement, est plutôt synonyme de trêve. La mobilisation syndicale à la SNCF semble avoir servi d’accélérateur. D’autant que le bras de fer entre les cheminots et la direction a plutôt tourné en faveur des salariés. Les cheminots ont contraint Louis Gallois à céder sur l’embauche de 300 agents supplémentaires. Ils l’ont également forcé à engager une discussion sur les salaires et ont gagné des avancées sur l’avenir du fret (voir l’Humanité du 20 janvier). Ces premières concessions, lâchées par la direction de la SNCF, n’ont pu se faire sans l’accord du gouvernement. Signe que celui-ci commence à s’inquiéter de la montée d’une contestation sociale ouvertement soutenue par la grande majorité des Français.

Les observateurs faisaient de cette semaine un test aussi bien pour le gouvernement que pour les syndicats sortis affaiblis de la bataille des retraites. Les résultats du test sont tombés : l’avantage est aux syndicats. C’est le secteur public dans son ensemble qui demande des comptes au gouvernement. Le mécontentement a atteint le trop-plein et déborde dans la rue. L’enjeu pour Jean-Pierre Raffarin est maintenant que ce débordement ne se transforme pas en torrent incontrôlable.
Malgré les concessions lâchées aux cheminots, le gouvernement veut casser toute éventuelle dynamique. Pour éviter toute «contagion», il reprend les mêmes recettes qu’en 2003. Sanctions et division. Dominique Perben, le garde des Sceaux, a envoyé un courrier au Syndicat de la magistrature qui appelait à la grève, expliquant qu’«une telle action de la part d’un magistrat constituerait un manquement aux devoirs de son état» et que ce «manquement» est un motif de poursuites disciplinaires. De son côté, le ministre de la Fonction publique, Renaud Dutreil, a affirmé aux fonctionnaires que les journées de grève ne seraient pas payées. Un moyen de rappeler particulièrement aux enseignants l’année 2003 durant laquelle le gouvernement avait fait preuve d’une brutalité sociale sans précédent en refusant toute négociation de sortie de conflit. Alors que toute la semaine le premier ministre est resté silencieux sur le sujet, sa seule intervention, hier, a été une mise en garde contre une «rupture» du dialogue social à laquelle le gouvernement opposerait la «fermeté nécessaire».
La droite mise également sur la fameuse «sinistrose» pour éviter un mouvement d’ampleur. Une «sinistrose» qu’elle pense pouvoir alimenter en accélérant le rythme et démontrer que le gouvernement n’infléchira pas sa politique devant la colère de la rue, pas plus qu’il ne l’a fait après les défaites électorales du printemps dernier. Ainsi la proposition de loi UMP visant à «assouplir» les 35 heures sera examinée à l’Assemblée nationale du 1er au 3 février afin de tenter de prendre de vitesse les syndicats qui, par la mobilisation notamment sur les 35 heures, le 5 février, risquent de réussir à étendre le mouvement du public au privé, le ministre des Finances Hervé Gaymard osant même affirmer que cette réforme avait «partagé les salaires» et frappé le pouvoir d’achat. Quant à François Bayrou, président de l’UDF, seconde composante de la majorité, il oppose pouvoir d’achat et emploi en estimant que «cet objectif (d’augmentation du pouvoir d’achat) est strictement contradictoire avec l’augmentation perpétuelle du nombre des fonctionnaires que demandent les syndicats». De son côté Nicolas Sarkozy relance l’idée du service minimum. Dans Le Parisien, il explique que «les usagers ne doivent pas avoir le sentiment d’être pris en otages» et «demande» sa mise en place dans les transports. Il estime que cet «engagement collectif» pris en 2002 «doit être tenu avant la fin de cette législature en 2007».

Reste que cette «sinistrose» marque également un fort mécontentement vis-à-vis de la politique de la droite au pouvoir. Une colère qui pourrait bien ne pas rester éternellement muette. Henri Vacquin, sociologue spécialisé dans les conflits du travail, «constate un début de ras-le-bol à l’égard des réformes mises en place depuis 2002». Et d’ajouter : «Le vrai test maintenant, c’est la manifestation du 5 février. Ce ne sera pas tant la réforme des 35 heures qui sera en jeu que le refus d’un libéralisme excessif.»

(Source : L'Humanité)

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Mis à jour ( Vendredi, 21 Janvier 2005 16:17 )  

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