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Accueil Social, économie et politique Mais qui êtes-vous, Monsieur Borloo ?

Mais qui êtes-vous, Monsieur Borloo ?

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......Ce gars est une énigme !

Ancien élève du lycée Janson de Sailly (Paris XVI) - fondateur de Génération Écologie - député européen sur une liste centriste et diviseur de la droite aux régionales dans le Nord - porte-parole de l’UDF - brillant avocat d’affaires spécialisé dans les restructurations industrielles (classé parmi les avocats les mieux payés de la planète par le magazine Forbes dans les années 80) - Maire «social-populiste» de Valenciennes qui menaçait il y a dix ans d’organiser des «marches de la misère» du Hainaut sur Paris - indéfectible ami de Bernard Tapie - méprisé par les «petits messieurs de Matignon et du RPR» (c’est ainsi qu’il qualifia les collaborateurs du premier Ministre Édouard Balladur) - victime d’un contrôle fiscal qui pourrait avoir été «inspiré» par les mêmes «petits messieurs» - apôtre du christianisme social qui voue une admiration à deux hommes : Michel Rocard et Pierre Mauroy… Jean-Louis BORLOO, Ministre du Travail et de la Cohésion sociale, est aujourd’hui n°4 du gouvernement. Et son «plan de bataille» pour faire reculer la pauvreté fait la une des médias.

Méfiance à gauche… et à droite

À sa gauche, notamment à la CGT, dans les associations de défense des chômeurs et des mal-logés, Borloo inspire la plus grande vigilance. Son plan y est qualifié de poudre aux yeux, de rustines, de vieilles recettes remises au goût du jour. À sa gauche toujours, notamment au PS, on observe sans trop critiquer : certains soutiennent même ouvertement son action.

À sa droite, on se méfie de cet énergumène difficile à classer, difficile à canaliser, qui pourrait bien ébranler les ardeurs des chantres de l’ultralibéralisme.

Alors qui êtes-vous, Monsieur BORLOO ? Un homme investi d’une mission de salut public, ou un communicant de talent qui a l’art de noyer le poisson ?
À ce jour, il est difficile de se prononcer avec certitude sur les intentions réelles ou déguisées de ce sympathique atypique. Effet d’annonces, effet de manche (qu’il a pratiqué dans les prétoires) ou engagements solennels en faveur de cette France d’en bas, reconnaissons quand même à Jean-Louis Borloo un mérite : celui de ranimer l’épineux débat de la cohésion sociale que ces prédécesseurs de gauche comme de droite avaient ignoré ou sous-estimé.

Qu’a-t-il vraiment à gagner ?

Mais peut-on véritablement douter de sa sincérité ? Qu’a-t-il à gagner de cet engagement en faveur des plus démunis qui ne fait pas l’unanimité, y compris dans son propre camp ? Craint-il sincèrement un embrasement social si rien n’est entrepris pour combler la fracture des inégalités ?
Les détracteurs de Jean-Louis Borloo avancent et avanceront leurs arguments pour démonter pièce par pièce son fameux Plan (Actuchomage ne manquera pas de s’en faire largement l’écho).
Mais ce trublion de l'arène politique a su habilement réveiller les consciences. Dans quel but ? Couper l’herbe sous pied de tous ceux qui, à gauche, militent pour une France plus égalitaire ? Servir de «caution morale» au candidat Chirac, à l’approche de 2007 ?
Le débat est ouvert.

Son action sera-t-elle à la hauteur du problème ?

On lui doit aussi le rappel de quelques vérités qui sont toujours bonnes à marteler : «Ce pays vit sur un vieux système de rustines. Le RMI, l'ASS, l'assistanat c'est aujourd'hui 1.750.000 familles. C'est-à-dire qu'il y a 1.750.000 familles qui n'ont absolument quasiment aucun espoir de remonter dans le train économique et social.»
Et puis, Jean-Louis Borloo a dressé un état des lieux plutôt pertinent des dysfonctionnements de la République (en page 3 de son Plan de Cohésion sociale) que peu d’hommes politiques avant lui n’avaient osé entreprendre. À savoir : En 15 ans, le nombre d’allocataires du RMI est passé de 422.000 à 1.100.000. Sur la même période, le nombre de familles surendettées est passé de 90.000 par an à 165.000 par an. La France compte aujourd’hui 1.500.000 familles surendettées. Le chômage des jeunes de 16 à 24 ans dans les quartiers sensibles est passé de 28% à 50%. Chaque année plus de 80.000 enfants entrent en 6e sans maîtriser les savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter). Les grandes écoles sont trois fois moins accessibles aux élèves de milieux modestes qu’au cours des années cinquante. Le nombre de logements indécents a doublé. La liste d’attente pour l’accès au logement social a été multiplié par quatre…

Alors, Jean-Louis Borloo - ROI DE L'ESBROUFE, OU AVOCAT DE LA COHÉSION SOCIALE - réussira-t-il à inverser durablement la tendance ?

Y.B.
(Illustration de Na!)

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Lire aussi : Un ouragan nommé Borloo par Claude Askolovitch du Nouvel Observateur.
Mis à jour ( Mardi, 28 Septembre 2004 23:03 )  

Commentaires 

 
0 # zzz 2004-09-29 17:13 Je vais etre lapidaire : Mr chirac nous à encore trouvé un illustre inconn (et donc peu criticable puisque sans passif), plein de belles paroles et de jolis concepts. Mais la spécialité, reconnue par tous et toutes, de nos gouvernants demeure bel et bien d'annoncer quelque chose et de faire son contraire. Borloo futur remplaçant de Rafarien et caution morale éphemère pour terminer le mandat chiraquien, est ce encore qu'une hypothese ou un pari sans risques ? Répondre | Répondre avec citation |
 

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