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Accueil Social, économie et politique Remaniement : Par ici la bonne soupe !

Remaniement : Par ici la bonne soupe !

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Loin d'être populaire, elle est fort goûteuse. Tels les morpions aux poils pubiens, nos oligarques s'accrochent au pouvoir avec, pour unique obsession, de le conserver après 2012.

Et on les comprend. Si entrer en politique et servir son pays est, pour certains, une vocation mue par le désir d'œuvrer au nom de l'intérêt général, pour d'autres, gouverner est un métier où l'on fait carrière jusqu'au cercueil. Une fois entré dans le sérail, on intègre une dynastie qui œuvre pour ceux qui vous y maintiennent (et qui, détrompez-vous, n'ont rien à voir avec le "peuple souverain"…). Il faut dire que ça vaut le coup : salaires et indemnités diverses, avantages en nature, protection sociale, possibilités de cumul… le bénéfice est somptuaire.

C'est, paraît-il, «le coût de la démocratie» où «les politiques sont des professionnels» dont il faut récompenser le dévouement. Certes il est vrai que, dans le privé, certains seraient encore mieux payés : ainsi rêvent-ils de ressembler à ces grands patrons qui, même s'ils ont mis leur entreprise à genoux, partent avec des parachutes dorés et des retraites-chapeau. Dire que, dans leur bouche, le corporatisme est un mot noir quand il concerne des salariés qui défendent leur métier et leurs acquis, alors que le corporatisme en politique est bien réel, et le plus farouche qui soit.

La soupe est vraiment très, très bonne

Dans la vraie vie, grâce à la crise les salaires stagnent; grâce au chômage, les salaires d'embauche sont de plus en plus bas. Alors que 50% de la population vit avec moins de 1.600 € par mois et que 20% se débrouille avec un Smic, nos élites politiques se situent dans la tranche des 1% de Français qui disposent de plus de 7.500 € mensuels.

Dans la vraie vie, quand vous postulez pour un boulot, il vaut mieux avoir moins de 40 ans et un profil en totale adéquation avec le poste proposé : parcours atypiques et autodidactes s'abstenir. Au gouvernement, un âge avancé est signe de respectabilité (alors que, partout ailleurs, il est un critère d'obsolescence). Pour eux, l'emploi des "seniors" n'est pas un problème — il n'y a que ça, des vieux, au gouvernement — et on leur donne régulièrement une chance de se reconvertir ou de tenter une nouvelle expérience : ainsi peut-on troquer l'Immigration pour l'Industrie, l'Emploi pour les Affaire européennes, de l'Espace rural et l'Aménagement du territoire à la Justice...

Dans la vraie vie, la plupart de ceux qui cumulent plusieurs boulots le font par nécessité économique, jonglant avec précarité et salaires de misère. Au gouvernement, on vous autorise à occuper plusieurs postes (valorisants et très bien payés) et à cumuler intégralement vos traitements, même si vous négligez certaines de vos fonctions.

Dans la vraie vie, la sécurisation des parcours professionnels n'en est qu'au stade du débat et la protection sociale est considérée comme un privilège coûteux qu'il faut rogner. Au gouvernement, la "précarité" et la "pénibilité" ne sont pas de vains mots et indemnisés en conséquence.
Dans la vraie, quand votre casier judiciaire n'est plus vierge et que vous avez goûté à la prison, le marché du travail vous recale sans état d'âme. Au gouvernement, on accueille les ex-condamnés à bras ouverts. Etc, etc...

Objectif : 2012 !

A droite comme à gauche, tous n'ont que cette échéance en tête. A la télévision, les éditocrates et autres "experts" dissertent à longueur d'antenne sur ces stratégies politiciennes dont l'immense majorité des Français — qui a bien d'autres préoccupations — se moque. Le spectacle que nous prodiguent ces élites totalement déconnectées de la réalité est non seulement affligeant mais fleure bon le mépris.

Rien à fiche, de tous ceux qui souffrent de la crise. Rien à fiche de ce qui nous attend encore en 2011. De ce qu'elle voit, lit ou entend, l'immense majorité des Français a l'impression de ne plus être partie prenante. Elle assiste aux tribulations d'un petit monde qui n'a rien à voir avec le sien, qui l'ignore ou la traite avec condescendance, exigeant d'elle le contraire de ce qu'il s'applique pour lui-même. Elle ne se sent ni représentée, ni considérée. Même les plus assidus éteignent leur poste afin de ne plus subir cette comédie du pouvoir qui fait mal et ôte tout espoir. Assez ! Assez ! Comment faire cesser ce cauchemar ?

La stratégie du remaniement ministériel n'a pas pour but de continuer à redresser le pays (bien au contraire) mais de rester aux manettes. La finalité de l'homo politicus, c'est la grande cérémonie des élections présidentielles : là, il sort de sa tour d'ivoire pour draguer la plèbe. Avant, on rase gratis; après, on fait le contraire de ce qu'on a promis en défendant plus ou moins discrètement son bol de soupe.

Alors, sur la base de ce constat, certains diront que mes propos discréditent la fonction politique et jouent contre la démocratie. C'est oublier que ce sont ces individus, cette oligarchie, ces castes endogènes qui la foulent aux pieds continuellement et nous insultent, aujourd'hui plus que jamais.

SH
Mis à jour ( Dimanche, 21 Novembre 2010 20:48 )  

Commentaires 

 
+1 # superuser 2010-11-16 14:39 Tout ça pour pas ! Non, il n'y a pas de coquille, Nicolas Sarkozy a bien remanié pour constituer le «gouvernement du pas», un gouvernement de campagne renfermé sur l'UMP tendance ex-RPR et expurgé de quasiment toute ouverture vers les autres tendances.

► Pas de changement de Premier ministre
François Fillon, qui a démissionné samedi soir, a été renommé dimanche matin et ainsi préféré à ses concurrents : Michèle Alliot-Marie, François Baroin et surtout Jean-Louis Borloo.

► Pas de changement dans tous les grands ministères
Le statu quo observé à Matignon se retrouve aussi dans de nombreux grands ministères tels l'Economie, le Budget, l'Intérieur, l'Education nationale, l'Enseignement supérieur, l'Agriculture, la Culture…

► Pas de virage social
Incarnée à tort ou à raison par Jean-Louis Borloo ou encore Valérie Létard, la fibre "sociale" de la majorité est absente de ce nouveau gouvernement, au profit de la fibre gaulliste (François Fillon, Alain Juppé, Michèle Alliot-Marie, Roselyne Bachelot, François Baroin…).

► Pas de faveur aux centristes
Certes, Michel Mercier arrive au ministère de la Justice et Maurice Leroy au ministère de la Ville, mais qui connaît le premier en congé du MoDem et le second en froid avec le Nouveau Centre ?
Le poids des centristes au gouvernement vient de perdre nettement en importance avec le départ de Jean-Louis Borloo et Hervé Morin, respectivement présidents du Parti radical et du NC.

► Pas d'ouverture
C'est la fin officielle de l’"ouverture", qui n'a jamais porté ses fruits ni sur le plan des idées, ni sur le plan électoral.
Si l'on excepte Eric Besson, désormais encarté à l'UMP, il n'en reste plus un de cette grande «rupture» tant vantée par Nicolas Sarkozy en 2007. Même Jean-Marie Bockel, président de Gauche moderne, est évincé de son inutile secrétariat d'Etat à la Justice.

► Pas de parité
Sur les 31 membres que compte le gouvernement, en incluant le Premier ministre, les ministres et les secrétaires d'Etat, il n'y a que 11 femmes. On est plus près du tiers que de la moitié.

► Pas de diversité
Après Rachida Dati en 2009, c'est au tour de Rama Yade et Fadela Amara de quitter le gouvernement. Les deux représentantes de la "diversité" ne sont remplacées que par une seule, Jeannette Bougrab, jusque-là membre de l'UMP et présidente de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde). Nora Berra demeure quand même au gouvernement.

► Pas de société civile
Martin Hirsch déjà out, Fadela Amara connaît le même sort ce dimanche. Il ne reste plus de représentant de la société civile.

Nicolas Sarkozy a érigé un gouvernement avant tout politique, tout entier dirigé vers la présidentielle de 2012.

(Source : Rue89)
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+1 # tristesir 2010-11-16 14:52 Casseroles et conflits d'intérêts : Hortefeux, Berra, Mercier, Lefebvre et Bougrab, cinq ministres à surveiller

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Méfiez-vous de la grippe B !
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