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Seniors : la dernière de Laurence Parisot

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Hier matin, lors de sa conférence de presse mensuelle, la patronne des patrons a créé la surprise en renonçant — «tant que le gros de la crise n’est pas derrière nous» — à la baisse des cotisations chômage, tout en demandant à François Fillon «de suspendre également son projet d’augmenter les cotisations retraite».

Du coup, les négociations Unedic se sont décoincées. Et en ce qui concerne les seniors, le projet d'accord rédigé par le camp patronal, posé hier après-midi sur la table de l'avant-dernière séance de discussion, les épargnait au final : il prévoit bien de maintenir les 36 mois d'indemnisation pour les chômeurs de plus de 50 ans (au lieu de 30 dans la mouture précédente) contre 22 mois pour les autres, sans modification de l'âge minimum (qui devait être relevé de 50 à 55 ans).

Or, le matin même, Laurence Parisot déclarait : «Prévoir pour les plus de 50 ans une période d’indemnisation plus large revient-il à mieux protéger des salariés qui ont plus de difficultés que les autres à retrouver un travail ou à affaiblir leur capacité à rechercher un nouveau job ? Je souhaite que cette question soit mise en débat. Elle doit notamment être mise en parallèle avec notre objectif maintes fois répété d’augmenter l’emploi des seniors, apparemment contradictoire avec le maintien d’une filière à part pour les plus de 50 ans».

Vous noterez en passant que Mme Parisot, fervente amatrice de précarité, parle de «job» et non d'emploi digne de ce nom...

Cette «sortie» a provoqué l'irritation de la délégation patronale de l'Unedic, tandis que les syndicats raillaient son amateurisme, «preuve supplémentaire que Parisot ne connait pas ses dossiers». Du coup, la question des seniors n'a même pas été abordée.

Le discours ne prend plus !

Une fois de plus, l'hypocrite Parisot a tenté de se servir de «l’emploi des seniors» pour faire… des économies sur leur dos. Dans ce contexte grave qui faisait dire à Stéphane Lardy (FO) «on a l'impression que le patronat est dans un monde sans crise et sans chômeur», continuer à arguer que le maintient d'une filière plus longue pour les seniors est contradictoire avec l'objectif de faire progresser leur taux d'emploi, et probablement contre-productif sur leur incitation à rechercher rapidement un travail, est totalement malhonnête.

Comme toujours, ce dogme sous-entend que les seniors seraient des fainéants responsables de leur situation alors que la vraie contradiction, c'est que les entreprises s'en débarrassent dès qu'ils atteignent l'âge de 40 ans, puis les discriminent ensuite à l'embauche. Tout juste vont-elles s'y intéresser quand ils coûteront moins chers… après 60 ans. La suppression de la DRE (la mal nommée «dispense de recherche d'emploi», qui les dispense de pointage et de suivi mensuels, pas de recherche) a été décidée sur le même principe fallacieux.

Or, la triste réalité c'est que depuis quelques années il n'y avait déjà plus beaucoup d'emplois pour eux : et, en 2009, il n'y en aura plus du tout ! Comment peut-on croire que les jeter dans la misère plus rapidement sera, comme par miracle, créateur d'emplois ? C'est le patronat qui créé les emplois — et qui s'en sert comme variable d'ajustement en les détruisant ou en les précarisant —, et c'est le patronat qui est le VRAI RESPONSABLE de ce scandale.

A cela on peut rajouter qu'il est, bien sûr, toujours possible d'imaginer toutes sortes de formules d'accompagnement, de suivi «renforcé» et de «formations commando» : mais tant que la création d'emplois ne suit pas derrière, tous ces dispositifs, plus ou moins coûteux ou coercitifs, ne resteront que pansements sur une jambe de bois !

Il est heureux que, pour une fois, les déclarations scélérates, «intempestives et non préparées» de Mme Parisot n'aient pas été entendues par son propre camp.

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Mis à jour ( Mercredi, 17 Décembre 2008 15:31 )  

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