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Accueil Social, économie et politique Négociations Unedic : troisième séance

Négociations Unedic : troisième séance

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Les partenaires sociaux de l'assurance-chômage se sont retrouvés aujourd'hui pour une nouvelle réunion de «confrontation d'idées et de chiffrages». Au menu des discussions : toujours la baisse des cotisations, et la simplification du système d'indemnisation.

Il s'agit d'élargir la couverture aux jeunes et aux précaires, et d'améliorer l'égalité de traitement. L'idée d'une filière unique accessible après 4 mois de travail (au lieu de 6 actuellement) semble faire consensus, sauf pour la CGT qui estime le projet insuffisant, «une indemnisation à partir de quatre mois de cotisation ne bénéficierait qu’à 10% des 600.000 à 700.000 précaires», selon son négociateur Maurad Rabhi, qui propose deux filières dont une spécifique à cette catégorie.

Il rappelle que «60% des entrées au chômage résultent de la fin de contrats précaires, principale cause du déficit de l'Unedic» (actuellement à 5 milliards d’€). En effet, sur les 24 milliards annuels consacrés à l'indemnisation des chômeurs, 7 milliards viennent secourir une partie du précariat dont le chômage est typiquement récurrent, tandis que le produit des cotisations issues de ces types d'emplois n'atteint qu’1 milliard. Avant de songer à baisser les cotisations chômage pour satisfaire un gouvernement incompétent sur le problème des retraites, il faudrait peut-être oser multiplier par dix celles des employeurs qui, usant et abusant de la précarité, font supporter leurs choix économiques à la collectivité toute entière.

Par contre, pas de cadeau : une ouverture des droits plus tôt se ferait contre un raccourcissement drastique de la durée d'indemnisation, y compris pour les plus de 50 ans (36 mois actuellement). Dans le nouveau système proposé par le patronat, la durée d'indemnisation serait proportionnelle à la durée de cotisation, ce qui aurait pour effet de priver de couverture de 179.000 à 377.000 chômeurs par rapport au système actuel. Et de permettre au régime de revenir à l'équilibre tout en diminuant les cotisations chômage...

La CFDT ouvre la boîte de Pandore

Sur cette diminution, vivement souhaitée par le gouvernement et les organisations patronales qu'il a prises en étau en imposant d'emblée la hausse de 0,3% des cotisations vieillesse au 1er janvier, la CGT déplore que «François Chérèque ait entrouvert une porte» en évoquant la possibilité d'une baisse des cotisations à partir de fin 2009, si la situation du chômage et les finances de l'Unedic s'améliorent. N'y voyant pas malice, la CFTC, FO et la CFE-CGC ne semblent pas non plus s'opposer à cette concession aussi vaine qu'inconséquente. Seule la CGT a réaffirmé «son opposition à toute baisse de cotisation», car «la crise va augmenter le nombre de chômeurs» et «le déficit de l'Unedic reste important». Prônant la prudence, elle a affirmé qu’«une baisse des cotisations serait un feu vert à une baisse des droits des chômeurs».

Etendre le CTP : une charge supplémentaire

En déplacement aujourd'hui dans le Nord, Nicolas Sarkozy a encore promis l'élargissement du Contrat de transition professionnelle pour les licenciés économiques : lire en commentaire... Or, l'Unedic est le principal financeur de ce dispositif onéreux (17.500 € par an pour chaque bénéficiaire, rémunération et accompagnement compris), qui lui coûterait 3 milliards d'euros par an s'il était généralisé, et dont l'efficacité — comme pour n'importe quel dispositif d'accompagnement — n'en est pas moins tributaire… de la situation de l'emploi en France.

Non seulement Nicolas Sarkozy, au nom de l'état d'urgence sur le front du chômage, se permet de prendre des décisions sans consulter les principaux intéressés, mais il se permet de leur reprocher de ne pas négocier assez vite ! Comment vont-ils réagir face au cynisme du chef de l'Etat ?

Prochaines réunions les 5, 9, 16 et 23 décembre.

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Mis à jour ( Mardi, 25 Novembre 2008 18:20 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2008-11-25 20:12 Nicolas Sarkozy, aujourd'hui en visite à Valenciennes (Nord), a annoncé des mesures pour aider les licenciés économiques à retrouver du travail par le biais du contrat de transition professionnel (CTP).

Le CTP sera étendu de 7 à 25 bassins d'emploi "en difficulté", dont celui de Niort touché par les problèmes de la CAMIF et celui de Sandouville (Seine-Maritime) où Renault en bénéficiera alors que ce contrat ne concerne, normalement, que les entreprises de moins de 1.000 salariés.

Dans ces 25 zones, qui pourraient être plus nombreuses à l'avenir, les salariés victimes d'un licenciement économique pourront combiner recherche d'emploi, formation et périodes de travail tout en touchant 80% de leurs salaire brut antérieur pendant un an.

"A ceux qui me disent que ça coûte cher, moi je veux dire que ce qui coûte cher, c'est le massacre humain de laisser des gens totalement démunis devant le chômage", a plaidé le chef de l'Etat, reprenant une argumentation déjà utilisée il y a un mois à Rethel (Ardennes). Quel cynisme dans ces propos, alors qu'il passe habituellement son temps à stigmatiser les chômeurs accusés d'être des profiteurs, des fraudeurs et des fainéants !

Or, c'est l'Unedic - qu'il n'a même pas consultée - qui devra assumer le coût du CTP bien qu'on lui demande déjà parallèlement de renoncer à une partie de ses recettes en acceptant de baisser ses cotisations, et que le nombre de chômeurs va continuer à augmenter.

Malgré cela, Sarkozy s'est offert une nouvelle charge contre les partenaires sociaux de l'assurance chômage, accusés de ne pas négocier assez vite. "Moi mon affaire, c'est quand ça va pas", a-t-il répondu à ceux qui l'accusent de faire pression sur des négociations entre syndicats et patronat. "Je ne demande pas mieux que de pas intervenir", a-t-il affirmé, "mais alors allez vite, j'attends des résultats."

Vite fait mal fait : on connaît sa méthode !
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