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Accueil Social, économie et politique Christine Lagarde et sa demi-heure de travail en plus

Christine Lagarde et sa demi-heure de travail en plus

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Christine Lagarde a fait un rêve touchant qu'elle a dévoilé vendredi à la presse : «Si chaque salarié pouvait, au début de chaque année, décider de travailler une demi-heure de plus chaque semaine, nous rejoindrions en cinq ans la moyenne de la zone euro pour le temps de travail, et nous gagnerions alors un quart à un demi-point de croissance» !

Rappelant que «la productivité horaire française [est] l'une des meilleures au monde», elle a tout de même réaffirmé l'intention du gouvernement d'inciter les Français à «travailler plus». C'est la formule magique : travailler plus comme unique moyen de parvenir à arrondir ses fins de mois et, surtout, pour «créer des richesses» sans que la question de leur répartition ne soit jamais évoquée...

On se demande comment cette ministre de l'Économie, à ce point ignorante des réalités du monde du travail, puisse débiter autant de sottises (et qu'elle soit même payée pour ça) ! Explications :

D'abord, ce n'est pas le salarié qui décide de travailler plus, comme ça, par magie : c'est bien évidemment son employeur qui le lui impose ou propose. Il faut donc cesser de faire croire à qui veut bien l'entendre que le salarié est à égalité avec son employeur dans les choix qui sont faits. Ce mensonge est vraiment insupportable !

Travailler une demi-heure de plus chaque semaine ? Sait-elle seulement qu'en France des millions de salariés effectuent chaque jour des heures supplémentaires sans même être payés ?
- Dans le privé, c'est légion : on connaît déjà la situation des stagiaires qui bossent gratuitement dans l'espoir d'être embauchés un jour et à laquelle le gouvernement n'est pas pressé de remédier; on sait moins que 85% du travail dissimulé est constitué d'heures supplémentaires non rémunérées ni déclarées, ce qui représente chaque année quelque 1,2 million d'heures dérobées aux salariés par leurs patrons, soit l'équivalent de 680.000 emplois.
- Dans le public, avec des millions d'heures supplémentaires non payées ainsi que des millions de journées de RTT non récupérées, équivalentes à des dizaines de milliers d'emplois manquants, on sait comment l'Etat, patron voyou numéro un traite, par exemple, ses policiers ou son personnel hospitalier.

Quant à la moyenne de la zone euro pour le temps de travail, on sait bien que la France est au-dessus : avec 38 heures par semaine, les salariés français effectuent une heure de plus que les Anglais et 2h30 de plus que les Allemands. Sans compter son obstination pitoyable à invoquer une croissance supérieure à la réalité, de la part d'une soi-disant ministre de l'Economie, si ce n'est pas de l'ignorance crasse c'est bien… de la propagande !

Et, pour finir, Christine Lagarde nous a assuré que l'Etat allait tenir son engagement de compenser le manque à gagner auprès de la Sécurité sociale en ce qui concerne les cotisations non versées pour ses fameuses heures supplémentaires. Malheureusement, telle Roselyne Bachelot qui jongle avec son personnel soignant alors que «les caisses sont vides», comment compte-t-elle rembourser ce que l'Etat lui doit déjà, à savoir un arriéré de 6 milliards d'euros correspondant aux multiples exonérations de cotisations sociales accordées aux employeurs depuis quinze ans ?

Marteler bêtement qu'il faut «travailler plus» alors que 5 millions de chômeurs et précaires ne travaillent pas du tout ou alors pas assez, et que des millions de salariés souffrent du vol éhonté de leurs heures conjugué à un sous-effectif chronique dans leurs entreprises, quelle indécence de la part de cette «Marie-Antoinette» (ainsi surnommée à l’Assemblée nationale depuis qu'elle a suggéré aux Français, en novembre dernier, de prendre leur vélo pour aller travailler en guise de solution à la hausse des prix du carburant)... Quand on traite les chômeurs de parasites, faut-il rappeler qu'il y en a bien plus ailleurs, y compris jusque dans les hautes sphères du pays ?

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Mis à jour ( Dimanche, 20 Janvier 2008 05:46 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2008-01-20 05:08 Bons voeux de Bercy

Un pur chef-d'oeuvre ! Les voeux de Christine Lagarde au personnel du ministère des Finances, le 10 janvier. Thème choisi : "Que serait ma vie sans vous ?"

En pur Lagarde dans le texte : "D'abord, pas de chauffeur pour me rendre à Bercy. En plus, je devrais observer les feux de circulation, moi qui aime tant observer le ballet des extraordinaires motards qui nous ouvrent la route, et qui effraie mon directeur de cabinet et quelques autres quand je les encourage à prendre les artères un peu à la marge et parfois à contresens. Ensuite, aucun officier de sécurité pour me défendre et pour porter les cadeaux que nous offrons à nos hôtes étrangers… et pour me porter mes sacs et mes valises."

Et de poursuivre : "A ma table de travail, je n'aurais rien, pas même un dossier de presse. Cette presse dont Hegel disait que c'était comme une prière du matin et qui, parfois, est pour moi une pénitence."

Conclusion de la ministre : "Le plus grave serait qu'il n'y aurait (sic) rien à manger. Et quand on est habitué au raffinement des mets qui nous sont servis, on n'a guère envie de connaître d'autres tables."

Le plus grave, peut-être, c'est que Lagarde cherchait à faire de l'humour.

(Source : Le Canard Enchaîné du 16 janvier 2008)
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0 # superuser 2008-01-20 05:12 Christine Lagarde voit des paresseux partout !

« […] Ainsi, les Français l'ignoraient : le travail, c'est rien que du bonheur ! Ils doivent cette révélation à la nouvelle ministre de l'Economie qui leur a ouvert les yeux dans son discours philosophico-politique sur la "valeur travail", aussi historique que délirant.

Depuis des siècles, en effet, on leur mentait. La faute, en gros, aux fainéants, aux gauchistes et à "quelques bobos à la mode", a-t-elle dit, qui le dénigrent selon une bonne vieille "tradition française du mépris qui trouve sa source dans l'Ancien Régime". Tradition qu’"on retrouve au XIXe siècle chez de nombreux auteurs. Paul Lafargue, dans son livre "Le droit à la paresse", recommande à l'homme de ne travailler que trois heures par jour, et de passer le reste du temps à fainéanter et bombancer", s'est aussi indignée la patronne de Bercy. Et le "dernier avatar de ce droit à la paresse, c'est la loi des 35 heures, ultime expression de cette tendance historique à considérer le travail comme une servitude" ! L'ouvrier qui trime n'a jamais compris sa chance…

Et la ministre, déchaînée, de s'en remettre joyeusement, après Tocqueville et Mirabeau, au sage Confucius qui conseillait il y a bien longtemps : "Choisissez un travail que vous aimez, et vous n'aurez pas à travailler un seul jour." Toutes ces subtilités ont échappé à la femme de ménage ou à la caissière de supermarché…

Formée à l'école anglo-saxonne. Ce n'est pas le cas de la ministre Christine Lagarde, et pour cause : cette grande prêtresse de l'économie mondiale est un peu déconnectée du terrain. Elle oublie de le rappeler dans ses discours mais, avant de revenir en France en 2005 comme sous-ministre au Commerce extérieur de Villepin, puis de rejoindre Bercy deux ans plus tard, sa connaissance du monde du travail s'est forgée dans les milieux d'affaires américains et les salons VIP internationaux. Et moins sur les chaînes de montage automobiles.

Pour mémoire, Lagarde a effectué la majeure partie de sa carrière comme avocate au cabinet Baker & Mac Kenzie de Chicago, l'un des plus gros de la planète, où elle est rentrée à 25 ans, en 1981. Dès 1991, elle en est devenue "avocat associé", un statut qui l'a sûrement poussée, dans son laïus du 10 juillet, à lancer cette jolie formule : "Une feuille de paie est le plus sûr garant de la paix…" Aux Etats-Unis, Lagarde avait effectivement la paix : dans un cabinet comme Baker & Mac Kenzie, la rémunération annuelle d'un avocat associé va du million au million et demi de dollars.
A Chicago, par la suite, Lagarde est même montée en grade. Elle a pris la tête de ce cabinet de 1999 à 2004. Du coup, Le Canard a sollicité la "chief executive" de Bercy pour connaître son salaire à cette époque. Elle nous a juré qu'elle n'émargeait alors qu’à "800.000 dollars, soit 600.000 €". Ça rapproche tout de suite des travailleurs. Et on mesure le sacrifice qu'elle a consenti en condescendant à devenir ministre en France.

Enfin, la ministre a regretté aussi que la France soit "un pays qui pense, alors qu'il faut cesser de penser, de tergiverser et se retrousser simplement les manches". Pourtant, elle-même pensait, naguère : dans sa période étasunienne, elle a compté parmi les membres actifs du Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS) de Washington. Autrement dit, un puissant cercle de réflexion euro-atlantique, truffé de businessmen et de barbouzes où l'on cogite beaucoup, mais plutôt en faveur des intérêts militaires…

C'est simple, le 14 juillet, devant des journalistes, Sarko 1er était en extase en évoquant sa protégée : "C'est la meilleure ministre qu'on ait jamais eue aux Finances. Elle bat tous les records !" Sur ce dernier point, on peut difficilement lui donner tort.

(Source : Le Canard Enchaîné du 18 juillet 2007)
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0 # superuser 2008-01-22 07:04 Nicolas Sarkozy est revenu sur le thème du pouvoir d'achat, à l'occasion de ses vœux aux "forces de la nation". Pour dire quoi ?

On ne peut pas lui reprocher un manque de constance, il chante toujours le même refrain : "Il n'y a pas de création de richesses, pas de redistribution possible, pas de pouvoir d'achat sans travail. (…) Ce que nous voulons, c'est qu'en travaillant davantage on puisse augmenter son pouvoir d'achat". Mais la ritournelle du chef de l'Etat est dénoncée par Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, comme "un discours culpabilisateur sur le pouvoir d'achat que je n'accepte pas. De nouveau, c'est de la faute aux salariés s'ils ne gagnent pas assez, ils ne travaillent pas assez".

Dans ce contexte, le député socialiste Arnaud Montebourg, lors de l'émission Mots Croisés de mercredi sur France 2, a parfaitement souligné le paradoxe que voudrait nous faire oublier le Président du pouvoir d'achat des riches, qu'on peut résumer en deux mots : "bouclier fiscal". "Pendant que Monsieur Sarkozy dit : Les caisses sont vides, je ne peux rien faire pour vous, Mesdames et Messieurs les Français… vous avez aujourd'hui 468 contribuables parisiens qui viennent de se partager un chèque de 42,847 millions d'euros, soit un chèque, pour chacun de ces foyers, de 91.555 €. C'est-à-dire qu'en ce moment on rembourse ceux qui, en effet, n'avaient pas de problème de pouvoir d'achat, et on dit aux autres : Ah les gars, vous attendrez, vous, votre tour !"

C'est donc logiquement que le PS, dans un communiqué signé Michel Sapin, secrétaire national chargé de l'Économie, estime "possible et surtout impérieux" d'annuler le paquet fiscal, "aussi injuste qu'inutile", pour affecter les sommes ainsi économisées à la revalorisation du pouvoir d'achat des ménages modestes, citant des mesures d'urgence comme l'augmentation immédiate de 5% des petites retraites, le rattrapage des traitements de la fonction publique, la mise en place du chèque transport et la diminution de la TVA sur les produits de première nécessité. On peut toujours espérer… Mais si le Président bling-bling se sentait concerné par la situation des ménages modestes, ça se saurait.

(Source : Le blog d'Olivier Bonnet)
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0 # superuser 2008-01-22 19:34 Les heures supplémentaires , «ça marche». En déplacement vendredi à Sens (Yonne), Nicolas Sarkozy a assuré le service après-vente d’une des mesures phares de sa campagne.

Entouré de «vrais ouvriers», le Président a tiré un premier bilan du volet «heures supplémentaires » de la loi Tepa. Mais entre chiffres extrapolés et termes approximatifs - il parle indistinctement de défiscalisation et d’exonération de cotisations sociales, citant le premier mécanisme pour détailler le second -, la réalité est un peu moins optimiste. Citations présidentielles à l’appui.

Nicolas Sarkozy : «Au mois de novembre, 50% des entreprises de plus de dix salariés ont utilisé la disposition en faveur des heures supplémentaires

«Tenez-vous bien !» prévient le Président : de 40% d’entreprises utilisant le système des heures supplémentaires en octobre, «on est passé à 50% en novembre». C’est vrai, le nombre d’entreprises bénéficiant des exonérations de cotisations a augmenté. De plus en plus de salariés bénéficient des exonérations de cotisations sociales. Mais ce chiffre ne signifie pas forcément que le volume d’heures supplémentaires , en lui-même, ait vraiment progressé grâce au nouveau dispositif. En effet, beaucoup d’entreprises effectuaient déjà, en octobre, des heures sup’ qu’elle n’ont pas déclaré à l’ACOSS (Agence centrale des organismes de Sécurité sociale) pour bénéficier des exonérations, en raison de la complexité du système. Dans un doux euphémisme, la ministre de l’Economie confiait elle-même, vendredi : «On aura un chiffre en augmentation au mois de décembre, tout simplement parce qu’un certain nombre d’entreprises ont eu un peu de difficultés à mettre cela en œuvre tout de suite.»

«C’est 5 milliards d’euros de pouvoir d’achat en plus.»

C’est l’autre chiffre avancé, dans la foulée des données du mois de novembre. Mais pour l’heure, même en cumulant les deux mois pour lesquels des chiffres sont disponibles, les exonérations de cotisations salariales ne dépassent pas les 160 millions d’euros… Le montant de 5 milliards d’euros correspond, en réalité, aux projections réalisées il y a plusieurs mois, sur une année pleine, et en ajoutant aux exonérations les mesures de défiscalisation .

«5 millions de salariés utilisent les heures supplémentaires

Problème. Outre que ce chiffre est sujet à caution (inconnu à l’ACOSS), il permet surtout de faire une cruelle division : le montant total des exonérations salariales (104 millions en novembre) par le nombre de bénéficiaires cité par Sarkozy. Résultat : 20 € en moyenne par salarié et par mois… Il faudra peut-être trouver autre chose pour augmenter le pouvoir d’achat.

«On va déposer un texte pour que le nombre d’heures supplémentaires autorisées dans les entreprises soit défini par les salariés et l’employeur, dans un dialogue interne.»

Traduction : le contingent d’heures sup’, aujourd’hui à 220 heures sur l’année, serait fixé librement, par accord, au sein de chaque entreprise. Une annonce qui ne coûte pas grand-chose, puisque cette possibilité est déjà prévue à l’article L. 212-6 du code du travail. Le président annonce une loi qui existe déjà.

(Source : Libération)
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0 # superuser 2008-01-26 02:04 Les députés PS ont entonné "Tout va très bien, Madame la Marquise", ce mercredi 23 janvier à l'Assemblée nationale, lors de la séance des questions d'actualité à l'adresse de la ministre de l'Economie Christine Lagarde après qu'elle ait répondu à Laurent Fabius sur la crise financière.

Affirmant que "l'économie réelle (…) fonctionne bien", Christine Lagarde a tracé un tableau flatteur de sa politique, citant la hausse de la consommation, des créations d'entreprises et d'emplois, et assurant que la France a "fait dans ce contexte (de crise financière) avant et mieux que les Etats-Unis".

Sitôt la ministre revenue au banc du gouvernement, les élus - parfois hilares - ont repris en chœur le refrain créé en 1935 par le chanteur Ray Ventura, et lancé par le député du Nord Christian Bataille.

"Stopper l'attitude dogmatique"

Auparavant, l'ancien Premier ministre Laurent Fabius avait fait "six propositions" face à la crise financière. Il avait suggéré que le gouvernement formule des objectifs économiques "en ligne avec les évènements", mène une "action particulière en direction des PME et des ménages", agisse au niveau européen pour "stopper l'attitude dogmatique" de la BCE, exige au niveau international "une transparence des règles financières, bancaires" et demande "que le FMI se voit confier une mission d'alerte sur ces sujets".

Le PS reproche au gouvernement de "faire comme si les évènements ne concernent pas la France" et de "faire la politique de l'autruche", selon les propos de plusieurs députés.

(Source : Le Nouvel Obs)
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