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Accueil Social, économie et politique Tony Blair et l'imposture travailliste

Tony Blair et l'imposture travailliste

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Politique spectacle : samedi, au conseil national de l'UMP réuni au Palais des Sports de Paris, l'humoriste Tony Blair a volé la vedette à son «ami Nicolas»...

L'homme du New Labour - le Parti travailliste "rénové" -, badinant sur son positionnement politique, s'est ainsi exprimé dans un français parfait : «Moi, je suis un politicien de centre gauche. Aux Etats-Unis, je serais démocrate. Au Royaume-Uni, je suis travailliste. En France je serais... probablement au gouvernement», a-t-il ironisé sous les rires et les applaudissements des pires cravateux libéraux qu'engraisse notre pays. «Non, je plaisante», s'est-il repris plus sérieusement : «Je serais au Parti socialiste, aux côtés de ceux qui ont à cœur de le transformer».

L'ancien ministre PS Paul Quilès n'a pas manqué de réagir à cet humour so british en estimant que la présence de l'ex premier ministre britannique à ce conseil, «ovationné par les cadres de l'UMP et encensé par Nicolas Sarkozy», est «la continuation du brouillage idéologique entrepris, avec succès, par le chef de l'Etat, citant un jour Jaurès et Blum, rendant hommage une autre fois à Guy Môquet, attirant dans ses filets quelques socialistes alléchés par les ors du pouvoir», raillant ainsi sur une droite qui «aime les socialistes... morts ou étrangers».

On sait qu'en France le Parti "socialiste" n'a déjà plus grand chose… de socialiste. Mais au Royaume-Uni, le Parti "travailliste" tel qu'il se définit est surtout un parti… en faveur du travail - et non des travailleurs - qu'il s'efforce de promouvoir à n'importe quel prix. Avec ses 26% de salariés à temps partiel (ici, 17%), ses working poors à la pelle et son taux de pauvreté qui frise les 20% (chez nous, 12%), sa position de lanterne rouge au classement Unicef sur le bien-être des enfants de 21 pays de l'OCDE, un taux d'émigration qui explose depuis dix ans, sans oublier ses 2,5 millions d’«invalides» escamotés du taux de chômage officiel (mais nous avons aussi nos millions de chômeurs invisibles…), ses détecteurs de mensonge pour piéger les "chômeurs qui fraudent" et la misérable allocation mensuelle de 345 € qu'on leur alloue pendant 6 mois maximum, tout cela, depuis longtemps, n'a plus grand chose à voir avec un quelconque "socialisme".

La preuve : Nicolas Sarkozy, qui a dit qu’«un socialiste comme ça, il a toute sa place au gouvernement français», compte largement s'inspirer du modèle britannique pour exécuter son mandat. Pourtant, la Grande-Bretagne a une plus faible productivité que la nôtre, elle vient de se faire doubler par la France au classement mondial, ses infrastructures routières et ferroviaires sont dans un état déplorable - et déploré par les investisseurs - et, depuis 15 ans, il est avéré que la France a créé plus d'emplois qu'elle. Le modèle libéral britannique n'est donc pas supérieur au modèle social français. Mais c'est celui que veut le président pour lequel 53% d'électeurs ont voté.

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Mis à jour ( Dimanche, 26 Septembre 2010 06:53 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2008-01-15 16:01 Pour l’ancien premier ministre britannique, la mondialisation libérale est un raz de marée auquel il serait vain et «dangereux» de résister.

Ce n’est plus une «amitié». C’est carrément une love story. Tony Blair s’est taillé un franc succès, samedi, devant les cadres de la droite française réunis au Palais des Sports, à Paris. Ceux-ci ont réservé à l’ancien premier ministre britannique une standing ovation à faire pâlir d’envie Nicolas Sarkozy. Le rôle imparti à la vedette de la réunion du conseil national de l’UMP donnant le coup d’envoi de la campagne des municipales ? Renvoyer le PS français dans le camp d’une gauche «archaïque», «conservatrice» pour installer le parti de droite, dans le paysage politique français, comme celui du «mouvement», de «l’ouverture» et du «changement».

Impopulaire dans son pays après dix ans de pouvoir, le partenaire de Bush dans la désastreuse croisade en Irak s’est volontiers prêté à l’exercice. Il a longuement exalté, dans un discours en français, les «opportunités» offertes, selon lui, par la mondialisation. Un nouvel ordre planétaire décrit comme un phénomène inéluctable, un «raz de marée» auquel il serait «futile» et «dangereux» de résister. «Faire miroiter la perspective d’en éviter le choc, c’est aller contre nature», a-t-il résumé. Il en découle, aux yeux du zélateur de la «troisième voie», que le principal clivage politique ne se situe plus entre la droite et la gauche, mais entre «une politique tournée vers l’avenir et une autre qui s’accroche au passé», entre «le modernisme et le déclin». «Fini la production de masse, l’emploi à vie, la zone de confort pour les entreprises qui veulent rester à la pointe du marché et pour le secteur public !» a-t-il assené, en appelant à s’adapter au «monde moderne» et aux «changements». «Dans un monde qui change, malheur a celui qui stagne», a-t-il prévenu.

Le contenu de ce «changement» ? Derrière la promesse de réconcilier «la prospérité économique et la justice sociale» il s’agit, en fait, d’en finir avec «un marché du travail rigide», d’apprendre aux personnes exclues à «s’aider soi-même» et de créer, en dérégulant toujours davantage l’économie, «le milieu dans lequel les entrepreneurs se sentiront libres de réussir». La stratégie ? Convaincre les syndicats de jouer le rôle de «partenaires, d’agents du changement, et non pas d’agents de la résistance». Et surtout tenir, contre vents et marées, face aux protestations que soulèvent les politiques néolibérales. «Le changement ne plaît jamais, a-t-il exposé en revenant sur son expérience au 10 Downing Street. Dès que vous l’annoncez, on vous dénonce. Dès que vous le mettez en œuvre, tout le monde proteste. Et quand vous parvenez enfin à le faire aboutir, tout le monde l’accepte. Et au final, vous vous dites souvent que vous auriez dû (…) aller plus loin.»

En matière d’Europe non plus, «il ne s’agit pas de droite et de gauche», a plaidé le candidat au poste de président de l’Union européenne, ambition que Nicolas Sarkozy est tout disposé à soutenir. C’est que, sur le fond comme sur la forme, il n’y a pas l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette entre les deux hommes. Le fondateur du New Labour, tout en se définissant comme «un politicien de centre gauche», a d’ailleurs assumé totalement cette proximité idéologique. «Aux États-Unis, je serais démocrate, au Royaume-Uni, je suis travailliste, en France, je serais… probablement au gouvernement», a-t-il confié, déclenchant rires et applaudissement s d’un auditoire conquis. Avant de corriger : «Non, je plaisante. Je serais au Parti socialiste, aux côtés de ceux qui ont à cœur de le transformer.» Commentaire de Nicolas Sarkozy, qui a ensuite longuement défendu son choix de recruter des ministres issus des rangs du PS : «Un socialiste comme ça, il a toute sa place au gouvernement français.»

(Source : L'Humanité)
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0 # superuser 2008-04-16 01:28
=> L'insupportable «toujours mieux que rien»

C'est l'argument massue (et masochiste) consistant à nous vendre un modèle mortifère.
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0 # superuser 2008-04-17 15:31 Il est temps de rétablir quelques vérités. Oui, le Royaume-Uni est un pays dynamique dont l’économie est “résistante et fondamentalemen t solide” (dixit Gordon Brown), mais les belles années sont probablement déjà loin… Je n’invente rien. Il suffit de compiler quelques chiffres pour s’en rendre compte.

Croissance fragile. Le bon côté des Britanniques, c’est qu’au moins ils ne font pas semblant. Alors que Christine Lagarde continue de bluffer sur la croissance française (”promis, on aura 2% de croissance en 2008…”), le chancelier de l’Echiquier (alias ministre des finances en GB) n’en fait pas mystère : il a récemment révisé à la baisse la croissance 2008 entre 1,75 et 2,25%. On est bien loin des 2,5 à 3% envisagés quelques mois plus tôt.
Alors oui - et je vois déjà les mauvaises langues me tomber dessus -, vous me direz que l’environnement économique mondial a changé et qu’il est désastreux. La crise financière de l’été a laissé place à une fracture dans ce qu’on appelle “l’économie réelle” (la vraie vie, quoi), mais les fondamentaux du modèle anglais semblent touchés.

La finance et l’immobilier en danger. Le cocktail est acide pour les observateurs. Les deux piliers de l’économie britannique sont grippés. La crise du crédit a restreint les transactions immobilières, ce qui a provoqué la chute des prix. En mars, la chute est même supérieure aux attentes des analystes.
Certes, les maisons dans certaines villes comme Londres sont toujours surévaluées, mais les acheteurs se font plus rares. Voilà qui réduit les revenus et les placements financiers. Or, la finance, c’est un emploi sur 5 en Angleterre et entre 10 et 20% du PIB. Alors, quand la liquidité manque et que les dépréciations s’accumulent dans les banques, c’est l’emploi du secteur qui trinque : selon la presse, rien que dans la City (bastion de la finance mondiale), entre 30.000 et 40.000 postes devraient être supprimés dans les prochains mois !

Le chômage en trompe l’oeil. Voilà qui ne devrait pas arranger les chiffres de l’emploi. Car même si les statistiques font pâlir d’envie des pays comme la France (5,2% de chômeurs), la réalité n’est pas aussi douce le long de la Tamise. Selon un excellent dossier de Challenges, le système britannique ne compte pas les travailleurs invalides (2,8 millions de personnes) et 4,5 millions de britanniques sont sans qualification. Certainement une des raisons pour lesquelles les plans de retour à l’emploi, via des boîtes privées, se révèlent moins durables que prévu.

Une monnaie de moins en moins forte. Reste un dernier élément qui fait glousser la plupart des Français habitant en Angleterre : la livre sterling a violemment perdu de sa valeur. Hier à 1,50 €, elle est aujourd’hui autour de 1,25 €. Ça veut dire qu’en un an et demi, un Français payé en livres a perdu au moins 15% de pouvoir d’achat en euros. Un mouvement qui ne devrait pas s’arranger alors que la banque d’Angleterre est dans un cycle baissier de ses taux directeurs. Elle a déjà baissé le loyer de l’argent la semaine dernière en passant de 5,25 à 5%.

Tout ça avec une conséquence inattendue. En janvier dernier, le Financial Times titrait sur le recul de la Grande-Bretagne en termes de produit intérieur brut. Selon le quotidien éco, le PIB français est repassé au-dessus du PIB britannique, grâce à la forte dépréciation de la livre par rapport à l’euro, redonnant à la France le rang de 5e puissance économique mondiale, un rang perdu en 1999. C’est mécanique mais ça fait quand même plaisir, non ?

(Source : French in London)
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