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Ça chauffe chez Miko

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Une dizaine de salariés ont été blessés lors de la libération musclée, ce matin, du directeur de l’usine en restructuration Cogesal-Miko (groupe Unilever) qui fabrique des entremets glacés à Saint-Dizier, retenu toute la nuit dans son bureau par des grévistes en colère face à l'absence totale de dialogue social.

Quatorze salariés, essentiellement des femmes, bousculé(e)s lors de l’évacuation du directeur par la police, souffrent de blessures légères ou psychologiques, ont indiqué les pompiers. Quatre ambulances étaient présentes sur les lieux. Vers 10H30 une dizaine de policiers, encadrant le commissaire de police de Saint-Dizier, ont fait sortir de son bureau Prakash Patel, le directeur retenu depuis lundi soir. «Certains salariés, pourtant pris en flagrant délit de séquestration, se sont opposés physiquement aux policiers. Ils ont essayé d’obstruer une porte. Les policiers ont dû pousser pour passer. Il y a eu une bousculade», a précisé le préfet de Haute-Marne. «La police a cassé une photocopieuse dans l'opération, un salarié a eu une côte cassée, un autre une blessure au pied», déplore la déléguée syndicale CFDT du site. De son côté, la CGT dénonce l'usage du tonfa, qui ressemble à une matraque mais n'en aurait pas la vigueur...

Les salariés étaient en grève depuis mardi dernier. Puis le mouvement s'est durci dans la matinée de lundi alors qu'une réunion syndicats-direction doit avoir lieu jeudi sur les conditions matérielles de la restructuration du site pour les licenciés : 254 suppressions d'emplois sur 493 avaient été annoncées par la direction le 13 novembre 2007. Or, la procédure n'a pas été respectée (lire en commentaire) et cette "réunion d'information" ne prévoit pas d'aborder la question du plan social. «On se bat pour la pérennité du site et aujourd’hui, on se retrouve devant des gens qui ne veulent pas amener de solution», regrette le délégué CGT : «J’en suis à me demander s’il ne vaudrait pas mieux discuter du montant des indemnités plutôt que d’essayer de le conserver. Aujourd’hui, tous les salariés sont "cassés" par le manque de dialogue». «On voulait une réunion le plus rapidement possible sur la question des primes de licenciement», explique la déléguée syndicale CFDT. La situation s'est donc envenimée.

«Je comprends l'inquiétude, voire la colère que suscite ce projet indispensable pour que Miko vive à Saint-Dizier», a affirmé Daniel Degove, le président de Cogesal-Miko qui rappelle dans un communiqué que «négocier, nous y sommes prêts et nous l'avons répété sans cesse. Le dialogue social, c'est la seule voie pour expliquer ce projet industriel.» Unilever, la maison mère de Cogesal-Miko (qui a engrangé quelque 11 millions d’euros de bénéfices en 2007…), a annoncé, après la libération du directeur, l'organisation d'une deuxième réunion du comité d'entreprise le 30 janvier où «l’expert financier demandé et choisi par les représentants des salariés rendra son rapport sur le programme d’accompagnement social».

L’usine est toujours occupée par les salariés.

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Mis à jour ( Mardi, 15 Janvier 2008 22:12 )  

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