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Accueil Social, économie et politique Création d'emplois : Fillon ment par omission

Création d'emplois : Fillon ment par omission

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François Fillon estime que l'économie française aura créé «sans doute plus de 300.000 emplois» en 2007 contre 239.600 en 2006.

A la veille de la publication des chiffres du troisième trimestre, tandis qu'il se félicitait devant les membres de l'association patronale Croissance Plus - dont le président n'est autre que l'ingénieux Charles Beigbeder - de la baisse «spectaculaire» du chômage retombé à 7,9% fin septembre (en métropole… les DOM, c'est pas la France pour M. Fillon non plus), notre Premier ministre a dit : «On aura sans doute demain de très bonnes nouvelles s'agissant des créations d'emplois nettes au troisième trimestre, avec un total sur l'année de sans doute plus de 300.000 emplois créés». Des résultats qu'il juge encore insuffisants, car la France «reste très en dessous des performances des autres Etats européens qui ont choisi depuis longtemps de moderniser leur économie».

Insuffisants, oui, et cela à deux titres. D'abord, il y a toujours 2,2 millions de chômeurs "officiels" à caser : au rythme de 300.000 créations nettes par an, il faudrait encore 7 ans pour en venir à bout. Vu les performances de la précédente législature dont l'année 2003 fut le fleuron en terme de… destruction d'emplois, on ne peut que ricaner ! Ensuite, pour vanter l'efficacité de sa politique, M. Fillon se contente de données quantitatives, surtout pas qualitatives : il ne révèle donc pas la teneur de ces 300.000 créations, essentiellement dopées par l'intérim tandis que les CDD et autres contrats précaires s'y taillent la part du lion. A ce stade, il ne s'agit plus de création d'emplois mais d'institutionnalisation du sous-emploi. Et dans la logique sarkozyenne du "tout simplifier" vite fait mal fait, M. Fillon n'a évidemment cure de la notion d'équivalent temps plein.

Moderniser l'économie ? Oui ! S'il s'agit de "revaloriser le travail" - c'est-à-dire lui redonner de la valeur -, alors ces deux pistes sont à suivre : • taxer les employeurs qui licencient alors qu'ils font des bénéfices ainsi que ceux qui usent et abusent de la précarité, au profit de l'assurance chômage, • réviser tout le système d'allègements et d'exonérations de "charges" qui, attribué à l'aveuglette pour des montants colossaux, déresponsabilise les employeurs, et ce au profit de la sécurité sociale. C'est la qualité des emplois qui permet à une économie d'être considérée comme moderne. Quant à leur quantité, si c'est pour se satisfaire du retour des emplois d'esclaves, sous-payés et instables, on ne voit vraiment pas où est le progrès.

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Mis à jour ( Jeudi, 13 Décembre 2007 17:07 )  

Commentaires 

 
0 # tristesir 2007-12-13 19:03 Chiffres du chômage. Le calcul cynique du gouvernement

Avec la publication hier des statistiques trimestrielles sur le taux de chômage par l’Insee, le gouvernement a, une fois de plus, pu s’adresser un satisfecit à bon compte. Pour la première fois depuis 5 ans, le taux de chômage en métropole au sens du BIT est en effet passé sous la barre symbolique des 8 % (soit 2,2 millions de personnes). Il s’établit par ailleurs à 8,3 % de la population active française, DOM compris.

Il y a t-il pour autant de quoi se féliciter comme le fait Christine Lagarde de « cette amélioration sensible du marché du travail ? ». Rien n’est moins sûr. Car pour ce qui concerne les temps partiels subis, les millions de personnes cantonnées à des emplois au rabais, que nous apprend l’Insee ? Sans surprise, leur nombre augmente depuis 2006, soit depuis le début de la baisse du chômage. Aujourd’hui, 1,4 million de personnes sont en situation de sous-emploi et représentent 5,6 % des personnes ayant un emploi contre 4,7 % en 2003. De plus, chaque mois, le nombre de personnes radiées des fichiers de l’Anpe suite à un contrôle est en hausse constante : près de 17 000 personnes ont ainsi été radiées pour le seul mois d’octobre dernier, soit une hausse de 23 % sur un an.

Autre source d’inquiétude, si la croissance économique avait été jugée satisfaisante au troisième trimestre 2007 (+0,7 %), les créations d’emploi dans le secteur privé ont, elles, nettement marqué le pas au cours de cette même période, avec +38 200 emplois, soit une maigre hausse de 0,2 % par rapport au trimestre précédent. De quoi laisser présager le pire pour le quatrième trimestre alors que les experts anticipent un ralentissement de l’économie.

Alors que la croissance est en berne et que le rythme des créations d’emploi s’est ralenti, le gouvernement semble pourtant bel et bien trouvé la formule magique, pour atteindre les 5 % de chômage d’ici à 2012, comme l’a promis Nicolas Sarkozy.

C’est en misant sur les radiations et les emplois précaires ou au rabais (7 embauches sur 10 sont à l’heure actuelle des CDD), que le gouvernement compte faire baisser le chômage. La CGT s’oppose à ce calcul cynique. Afin que la situation s’améliore réellement sur le marché du travail, la CGT revendique une politique offensive en faveur de la hausse du pouvoir d’achat afin de favoriser la consommation et une offre d’emploi de qualité.

Source:
http://www.cgt.fr/internet/html/lire/?id_doc=5631
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0 # tristesir 2007-12-13 19:13 Selon l'INSEE:
"Le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) a reculé à 7,9% de la population active métropolitaine, en baisse de 0,2 point comparé au deuxième trimestre et d'un point sur un an. Ce taux, seule base de comparaisons internationales , est une estimation à "plus ou moins 0,4 point"

Il y'a une incertitude, que les média et les politiques se sont empressés d'oublier, estimée à 0,4 qui est plus forte que la baisse supposée de 0,2 point.
En effet, avec la méthodologie de l'INSEE le taux de chômage est compris donc
entre 7,5% et 8,3% .
Je serais assez étonné d'apprendre que la levée de l'incertitude conduise à un taux inférieur à 8%.
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0 # superuser 2007-12-14 19:57 L'INTÉRIM CONTINUE DE BRIDER LA CROISSANCE DE L'EMPLOI SALARIÉ, confirment Les Echos :

Selon l'INSEE, 258.700 postes ont été créés entre janvier et septembre 2007. Le nombre d'emplois dans le secteur privé a augmenté de 0,2% à 0,4% au 3e trimestre, selon les indicateurs. La décrue du marché intérimaire fait planer le risque d'un ralentissement en 2008, estiment les économistes.

En matière d'emploi salarié, l'année 2007 pourrait bien se révéler comme la meilleure du siècle. Cette remarque, formulée par l'Unedic à l'occasion de la publication des chiffres du 3e trimestre, est une manière de dire que les créations de postes au cours des 9 premiers mois de l'année, dans le secteur concurrentiel, n'ont jamais été aussi dynamiques depuis… 2000 : quelque 200.000 emplois ont été créés entre janvier et septembre, selon les statistiques de l'assurance-chômage. Pour l'INSEE, la progression atteint 258.700 postes avec 66.200 emplois supplémentaires au troisième trimestre (+ 0,4%), qui s'inscrit dans la même tendance que le précédent (+ 69.000 postes) mais marque une nette décélération par rapport au premier trimestre (+ 123.500 postes). L'ACOSS, qui dispose d'un champ sensiblement différent, fait état d'une progression de 0,2%, en retrait par rapport aux trimestres précédents, ce qui explique la croissance moins rapide de la masse salariale (+ 0,6%), toujours soutenue par les salaires (+ 0,3%).

La décélération de l'emploi salarié observée depuis le deuxième trimestre s'explique, de manière quasi intégrale, par la décrue de l'emploi intérimaire. Après un deuxième trimestre médiocre, les effectifs intérimaires se sont encore réduits de 1,5% au troisième (- 10.600 postes), selon l'Unedic. Les signes d'amélioration ne sont toujours pas perceptibles. Le mois d'octobre a marqué une nouvelle chute de 0,9%, indique l'assurance-chômage. Le secteur tertiaire se révèle, de ce fait, plus de deux fois moins créateur d'emplois (+ 44.500) qu'au cours du premier trimestre (+ 104.200). Le secteur de la construction, en revanche, reste vigoureux avec une progression de ses effectifs salariés de 1% (+ 14.100 postes). Dans l'industrie, l'hémorragie entamée depuis six ans s'est poursuivie avec une baisse des effectifs de 0,3% (- 10.000 postes).

«La baisse de régime de l'intérim n'est pas forcément de bon augure pour l'avenir», estime Alexander Law (Xerfi), qui table sur seulement 100.000 créations d'emplois l'an prochain. «Les entreprises devraient resserrer leurs effectifs pour préserver leurs marges», renchérit Mathieu Lemoine (OFCE). Une vision partagée partiellement par l'Unedic, qui anticipe 182.000 créations nettes d'emplois en 2008.
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