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Accueil La revue de presse Arcelor-Mittal : la victoire des actionnaires

Arcelor-Mittal : la victoire des actionnaires

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Cas d'école : une fois de plus, le "patriotisme économique" n'aura profité qu'aux actionnaires - la valeur du titre Arcelor a doublé depuis le début de l'affaire - tandis que l'inquiétude s'installe chez les salariés qui n'excluent pas des restructurations, et les suppressions d'emplois qui vont avec…

Le titre du sidérurgiste Mittal était en hausse de 2,69% à l'ouverture de la bourse, lundi matin, après son incroyable victoire sur l'Européen Arcelor qui n'a eu d'autre choix, après cinq mois de bataille boursière, que de se résigner à la fusion. Le magnat indien, Lakshmi Mittal, cinquième fortune mondiale, l'a finalement emporté en relevant son offre de 10% et en acceptant d'être minoritaire dans le nouvel ensemble.
Aux termes de l'accord conclu dimanche, «Arcelor-Mittal», basé à Luxembourg, va devenir le premier producteur d'acier au monde avec 116 millions de tonnes par an, soit trois fois plus que n'importe lequel de ses concurrents. Cette fusion est une opération «utile», a estimé ce matin sur RTL Patrick Ollier, président de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale. «Cela crée le premier groupe sidérurgique mondial. Il est Européen et c'est une bonne chose».

Pourtant, pour couper court aux ambitions de Mittal, les autorités françaises avaient clairement privilégié une offre concurrente du groupe russe Severstal. «A l'époque, il n'y avait pas de projet industriel, monsieur Mittal avait une vision familiale de la gouvernance du groupe [...], le prix était bien en-dessous de ce qui était à espérer», se justifie aujourd'hui Patrick Ollier en précisant tout de même qu'un mariage Arcelor-Severstal «aurait pu aussi être une bonne chose. Mais là, c'est le choix des actionnaires et c'est la victoire des actionnaires».

La presse française, lundi matin, ne manque d'ailleurs pas l'occasion de souligner l'impuissance des pouvoirs publics français. Pour l'éditorialiste du Figaro, «l'Etat, défenseur auto-proclamé des intérêts du groupe basé au Luxembourg, n'aura finalement guère eu d'influence sur le dénouement du dossier».
A Moscou ce matin, la presse n'était pas tendre pour Arcelor, accusé d'avoir utilisé Severstal pour faire plier Mittal. «En faisant la cour à la fois à Mordachov (le patron de Severstal) et à Mittal, la direction d'Arcelor a mené une opération brillante qui a fait monter la valeur finale de la transaction et forcé l'Indien résistant à payer plus et accepter quelques compromis importants» écrit ainsi le quotidien Nezavissimaia Gazeta. De son côté, le quotidien «Kommersant» prévient que «le renoncement d'une des plus grandes compagnies européennes à une entente avec un partenaire russe risque de tendre sérieusement les relations entre la Russie et l'Union européenne à la veille du sommet du G8 attendu à la mi-juillet à Saint-Pétersbourg». Et avertit : «le président Vladimir Poutine a, à plusieurs reprises, laissé entendre ouvertement que la position russe concernant les livraisons d'énergie à l'Europe dépendait directement du degré d'ouverture de l'économie européenne vis-à-vis des compagnies russes». (...)

En Inde, en tout cas, l'ambiance est à l'euphorie. Le ministre indien des Finances, Palaniappan Chidambaram, s'est dit «fier» de voir un homme d'affaires né en Inde devenir «le plus grand fabricant de métal du monde». La nuit dernière, le groupe Mittal s'est félicité de cette opération qu'il a qualifié de «fusion entre égaux». La clôture de l'OPA de Mittal, prévue le 5 juillet, sera reportée de «quelques jours» après approbation des autorités de marché, a précisé le groupe qui veut aussi reporter son assemblée générale prévue le 30 juin. Mittal Steel a confirmé dans un communiqué qu'il respecterait «totalement les engagements sociaux et industriel d'Arcelor». «Il n'y aura pas de plan de restructuration, de licenciements collectifs ou d'autres plans de réduction de personnel chez Arcelor en Union européenne à la suite de l'intégration de Mittal et Arcelor...» assure-t-il. Prudent, il souligne tout de même qu'il reste «crucial» pour les actionnaires d'Arcelor, de voter à leur réunion du 30 juin contre la proposition d'alliance avec Severstal.

(Source : Libération)

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Mis à jour ( Lundi, 26 Juin 2006 14:39 )  

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