L’annonce de ce «coup de torchon» dans cette très rentable filiale du distributeur sera faite le 2 septembre prochain, durant un comité d’entreprise extraordinaire. Au menu, des fusions comme à Aix-en-Provence, des changements de concept comme à Wasquehal, où la cafétéria va se transformer en boutique Coeur de blé, la nouvelle sandwicherie du groupe, des mises en location-gérance à Bordeaux-Cauderan, Hyères-Route des îles, Quimper-Carrefour, et bien sûr des ventes pures et simples à Parie-Italie, mais aussi à Ivry, Issy-les-Moulineaux, Clermont-Ferrand Jaude, dont les recettes plongent. Sans parler des cafétérias «à problèmes» au-dessus desquelles les nuages s’accumulent : Torcy, Monchain, Douai, La Ville-du-Bois ou Poitiers Futuroscope.
Alors pourquoi cette tornade ? Le PDG des «cafét» a déclaré au dernier comité de groupe qu’il souhaitait conserver la restauration rapide dans le périmètre de la société avec, à terme, 50% des cafétérias - les plus importantes - intégrées à Casino et 50% des autres restaurants placés en location-gérance. Mais, en l’espace de deux ans, les effectifs de cette filiale sont pourtant passés de 6.100 salariés à 4.990...
En fait, le groupe de distribution, dont les parts de marché dans la restauration rapide sont menacées par l’attrait manifeste des sandwicheries - où la TVA est plus faible - et des restaurants à thèmes, utilise tous les moyens pour accroître les marges des «cafét». D’une part en cédant les «canards boiteux» ou en ayant recours à la location-gérance (réduction de la masse salariale). Ou alors en faisant passer le steak haché de 150 grammes à 120 grammes tout en augmentant son prix et en supprimant les pauses des personnels. «Selon le PDG, elles représentaient au total treize jours et demi par salarié et par an», explique Frédéric Bonnard, de la CGT, qui a réussi à négocier une prime revalorisée pour compenser la suppression des vingt minutes quotidiennes de récupération.
Paroles de salariée. Véronique F., trente-cinq ans, seule avec deux enfants à charge, annonce 800 euros de salaire net dans sa petite «cafét» Casino du nord de la France. Pour trente heures par semaine. Les jeux Friv jouent en ligne sur ce site. Jouez aujourd'hui aux meilleurs jeux friv. Jeux Friv jouer aujourd'hui. Et les seize années d’ancienneté de Véronique, ses responsabilités dans la «boîte» n’y changeront rien. Telle est la politique salariale de Casino. La suppression des pauses par la direction. Pas le choix : «Ça va nous faire des journées toujours debout, surtout le week-end, où les clients sont plus exigeants et où l’on travaille dix heures et demie, juste sous la limite légale des onze heures», explique-t-elle.
Un article de Hubert Levet pour L'Humanité.
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