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Le plombier polonais préfère rester chez lui

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Depuis l'élargissement à l'Est de l'Union européenne, le nombre de travailleurs ayant migré vers l'Ouest est largement inférieur aux prévisions. Ce qui s'explique en partie par les restrictions imposées par douze pays de l'UE.

"La déferlante n'a pas eu lieu", constate La Libre Belgique. Ainsi, "l'élargissement de l'Union ne s'est pas accompagné d'un flot massif de travailleurs venant de l'Europe centrale et baltique", relate le quotidien belge. Depuis le 1er mai 2004, date de l'élargissement de l'Union, 622 ressortissants des nouveaux pays membres, d'Europe centrale et baltique (Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Hongrie, Slovénie), se sont installés en Belgique, selon les chiffres de l'Office des étrangers.

La Tribune de Genève dresse un constat similaire. "La Suisse, pas plus que les pays voisins, ne doit se préparer à un flux massif de travailleurs tchèques, lettons ou polonais." Pour le démographe Philippe Wagner, interrogé par le quotidien, "les craintes symbolisées par le désormais célèbre 'plombier polonais' relèvent du pur fantasme. De toutes récentes données montrent qu'il n'y a presque pas eu de déplacements de gens de l'Est vers les pays de l'Ouest en 2004, au moment de l'élargissement de l'UE", explique le spécialiste, directeur du Forum suisse pour l'étude des migrations et de la population. "Les projections estimaient à 3% la part de la population active des nouveaux pays membres de l'UE prête à migrer en direction des anciens membres. Nous savons aujourd'hui qu'en une année elle est demeurée nettement inférieure à 1%", ajoute le démographe. "La conjoncture actuelle ne permet guère d'assurer au plombier polonais un meilleur niveau de vie en France que dans son pays. Le profil du migrant entreprenant est identique à celui d'un entrepreneur dynamique dont une économie émergente a besoin. Il a donc souvent avantage à demeurer dans son pays", analyse-t-il.

Reste que l'afflux de travailleurs de l'Est a largement dépassé les prévisions au Royaume-Uni, seul pays à ouvrir ses frontières sans restrictions avec l'Irlande et la Suède. "Plus de 230.000 travailleurs immigrés de l'Est ont déposé une demande de permis de travail au Royaume-Uni entre le 1er mai 2004 et la fin de juin 2005, d'après un rapport du gouvernement britannique publié mardi 23 août", relate The Times. "Ce chiffre est 18 fois supérieur aux estimations du ministère de l'Intérieur britannique, qui prévoyait l'arrivée de 5.000 à 13.000 travailleurs. Ce décalage s'explique par la fermeture des frontières des autres pays européens", estime-t-il. "La majorité des immigrés viennent de Pologne, avec 130.000 demandes de permis de travail. Mais le 'plombier polonais', utilisé par les opposants à la Constitution lors de la campagne référendaire en France, se révèle n'être qu'un mythe. Seuls 95 plombiers et chauffagistes font partie des milliers de travailleurs arrivés au Royaume-Uni."

Pour l'instant, "douze pays d'Europe occidentale (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Italie, Luxembourg, Pays-Bas et Portugal) ont fermé pour deux ans leur marché aux travailleurs des huit pays membres d'Europe de l'Est, afin de répondre à la crainte populaire, réelle ou supposée, de voir l'adhésion à l'Union s'accompagner d'une déferlante de main-d'oeuvre bon marché", rappelle La Libre Belgique. "Cette limitation à la sacro-sainte libre circulation des personnes court jusqu'au mois de mai prochain et, déjà, les capitales d'Europe centrale, comme Varsovie et Budapest, poussent les Occidentaux à l'abandon d'une barrière qui pourrait être prolongée trois, voire cinq ans. Limitrophes, l'Allemagne et l'Autriche ne paraissent pas très chaudes pour l'instant, mais d'autres Etats pourraient céder", estime le journal belge.

Pour le Financial Times, "la campagne silencieuse menée par les nouveaux Etats membres pour la levée des contrôles mérite un fort soutien, car l'Union européenne a besoin du dynamisme économique que les migrants peuvent générer", assure-t-il. "Les restrictions au travail sont des vestiges de la division de l'Europe par la guerre froide. Les Européens de l'Est, qui ont lutté si longtemps pour leur liberté, éprouvent du ressentiment face à ces mesures discriminatoires. L'exemple britannique montre que la peur de voir les travailleurs immigrés voler les emplois et profiter de la sécurité sociale était exagérée. Des dizaines de milliers d'Européens de l'Est ont travaillé au Royaume-Uni, contribuant pour 500 millions de livres, soit 730 millions d'euros, à l'économie britannique l'an dernier." Pour le quotidien économique, la vieille Europe, à l'économie stagnante, a tout intérêt à "ouvrir les portes". "La levée des contrôles enverrait un signal fort : l'UE serait engagée à la fois à achever sa réunification et à relancer son économie", conclut le quotidien économique.

(Source : Courrier International)

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Mis à jour ( Lundi, 29 Août 2005 21:04 )  

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