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Cabinets de recrutement : STOP aux pratiques scandaleuses !

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Un seul mot suffit à qualifier les activités d’un grand nombre de cabinets de recrutement : SCANDALES !

Un cabinet de recrutement, comme toute autre officine spécialisée, se doit de respecter les textes de loi qui régissent son activité. Pourtant, 20% des annonces rédigées et exécutées par ces cabinets sont illégales et bafouent ouvertement les articles du Code pénal et du Code du travail. Les mentions d’âge explicites et restrictives sont interdites et passibles de peines très lourdes : entre 45.000 et 225.000 euros d’amende - 3 ans d’emprisonnement ! Ces mentions illicites tombent sous le coup de la législation censée lutter contre toutes les formes de discriminations : à commencer par la première d’entre elles, celle qui s’opère sur l’âge.
Voilà un premier scandale dénoncé par sept membres d’APNÉE/Actuchomage qui sont bien décidés à l’éradiquer. Ils ont saisi le Procureur de la République et le Président de la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et l’égalité) qui, nous y comptons bien, infligeront de lourdes sanctions aux coupables afin de remettre un peu d’ordre dans ce panier de crabes.

Mais les cabinets de recrutement sont adeptes d’autres pratiques et agissements tout aussi scandaleux qu’il convient de dénoncer ici avec force !

Graphologie = Fumisterie

Bien des candidats sont écartés d’un poste sur la seule interprétation de leur écriture. Ici, c’est l’arrondi trop prononcé des «o» qui traduit une anxiété. Là, c’est le «r» qui exprime une trop grande émotivité. Plus loin, l’inclinaison de l’écriture symbolise un manque manifeste de rigueur ou peut-être une trop grande rigidité de comportement. Va savoir !
Ainsi, à la lecture d’une lettre manuscrite, ces graphologues - Madame Irma des temps moderne - y voient en vous comme dans une boule de cristal. En quatre lignes, ils connaissent tout de vos aptitudes professionnelles, de vos capacités d’adaptation, de votre dynamisme, de votre savoir-faire, de vos motivations…

L’usage de la graphologie comme technique de sélection relève à ce point de la magie noire qu’elle est proscrite des procédures de recrutement aux Etats-Unis (où les candidats doivent adresser des lettres de motivation dactylographiées). Sans entrer dans le détail, disons que des «écoles» de graphologie s’opposent quant à l’analyse d’une même écriture. Et plusieurs enquêtes en ont déjà démontré toutes les incohérences. Il y a quelques années des journalistes de l’émission de vulgarisation scientifique E=M6 ont mené un testing en demandant à plusieurs personnes de répondre à une même annonce. Les CV de ces «candidats» avaient été maquillés pour répondre au plus près aux exigences du poste proposé. Mais leurs profils étaient à l’opposé : du clochard au PDG. Les interprétations graphologiques furent caricaturales : le clochard étant considéré comme la personne à plus apte à occuper le poste, le PDG en étant définitivement écarté !
Mais l’enquête ne s’arrêtait pas là. D’autres graphologues furent sollicités et à chaque fois, l’analyse de l’un contredisait celle de l’autre. Et réciproquement.

Il ne nous paraît pas indispensable d’évoquer ici toutes les fumisteries dont usent et abusent les cabinets (morphopsychologie, numérologie, astrologie…) pour dénoncer l’arbitraire qui commande bien des procédures de recrutement. Quelques exemples concrets suffiront à nous en convaincre.

Une vraie enquête de police

Laissez-moi vous conter ma dernière mésaventure. Il y a quelques semaines, la recruteuse d’un cabinet spécialisé m’a demandé de lui fournir les coordonnées de mes anciens employeurs. Je n’étais pas hostile à l’idée qu’elle puisse ultérieurement prendre quelques renseignements sur moi (voyez comme je suis de bonne composition !). Mais celle-ci s’est bien gardée de me dire qu’elle le ferait avant même que je rencontre l’employeur qu’elle représentait.

Celle-ci a donc passé des coups de fil aux uns et autres. «Une vraie enquête de police», me confia stupéfait un de mes anciens employeurs qui eut le sentiment d’être lui-même l’objet de cette investigation approfondie : près d’une demie heure d’entretien téléphonique qu’il fut contraint d’abréger tant son interlocutrice était insistante ! La recruteuse perspicace avait cru déceler dans le test de personnalité qu’elle me fit passer une «grande émotivité difficilement compatible avec un poste à responsabilités». C’est avec cette «appréciation valorisante» de ma personne qu’elle tenta de faire dire à mes anciens employeurs le contraire de ce qu’ils pensaient de moi. Ahurissant !

Alors que je n’ai jamais rencontré l’employeur, cette personne s’est permis d’enquêter sur ma vie privée au risque de me déprécier auprès de gens avec lesquels je serai peut-être amené à retravailler un jour. C’est insensé !

Les exemples de cet acabit sont légion

«Combien de fois allez-vous uriner dans la journée ?», fut la question qu’un recruteur indélicat posa à une amie en plein entretien. Juste pour la déstabiliser.

Dernièrement, une jeune femme de 23 ans, titulaire d’une maîtrise de psycho, fut chargée d’évaluer les compétences professionnelles d’un copain âgé de 47 ans exerçant une activité que la recruteuse ne connaissait évidemment pas. Être évalué par une personne dont l’âge ne correspond même pas à vos 27 années d’expérience professionnelle, voilà une procédure des plus contestables. Je sais que le talent n’attend pas le nombre des années, mais quand même… Et ce n’est pas fini. Au terme de tests aussi rasoirs qu’incongrus, la jeune femme laissa mariner mon camarade plus d’une heure dans une pièce avec pour consigne de rédiger une histoire sur le thème : «Et si vous étiez une gomme, quelle serait votre vie ?». Texto !
47 ballets au compteur, 27 ans d’expérience professionnelle, gros poste d’encadrement… le voilà qui doit se mettre dans la peau d’une gomme ! Sans commentaires…

La chose serait risible si les techniques contemporaines de recrutement n’étaient pas source d’humiliations, de pertes de temps et d’argent pour les candidats (notamment quand ceux-ci doivent se déplacer à leurs frais pour honorer un rendez-vous !). La chose serait risible si des escrocs de tout poil ne s’enrichissaient sur le dos d’une activité au demeurant bien banale pour une entreprise : le recrutement de collaborateurs !
Comment expliquer de tels dysfonctionnements ? Comment expliquer que pour recruter un salarié il faille maintenant dépenser 20, 30, 50% ou plus de son salaire annuel en prestations de service ? À quoi ça sert exactement ? Et comment ont été recrutés les cadres et agents de maîtrise des années 50, 60 et 70 ? Comme ça, à l’instinct, aux compétences, à l’envie… simplement, et sans cabinets de recrutement ! Sur les centaines de milliers de cadres qui ont participé au boom économique de la France d’après-guerre, pas un n’est passé entre les pattes d’un cabinet de recrutement. Cherchez l’erreur !

Aujourd’hui, une seule solution est envisageable pour remettre dans le droit chemin les brebis galeuses d’une profession qui, d’évidence, ne s’impose pas comme facteur de développement mais, au contraire, comme facteur d’exclusion arbitraire : l’action juridique ! Y.B.

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