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Drame du logement : une femme s'immole par le feu

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En Tunisie, un chômeur qui s'immole déclenche une révolution. En France, le décès d'une mal-logée succombant à ses brûlures suscite toujours une indifférence polie.

La mère de famille de 38 ans qui s'est immolée par le feu mercredi après-midi dans le hall de la mairie de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) est décédée ce jeudi matin au service des grands brûlés de l'hôpital de Lille-Lesquin où elle avait été transportée en urgence.

A bout, Ecaterina vivait seule avec ses six enfants depuis la mort de son compagnon. Elle était hébergée par le 115 dans un hôtel de Saint-Denis et craignait de se retrouver à la rue à la fin de la trêve hivernale. Sa situation difficile était bien connue des services sociaux de Saint-Denis comme d'Aubervilliers où elle avait vécu auparavant.

Mercredi, vers 15 heures, quand elle a pénétré dans le hall de l'Hôtel de Ville, le ton est vite montée avec un agent d'accueil. Soudain, Ecaterina s'est aspergée du contenu d'une bouteille remplie d'un produit inflammable qu'elle avait apporté. Elle y a mis le feu et s'est transformée en torche vivante.

Les employés de l'accueil et un habitant qui était là au moment du drame ont saisi les extincteurs et ont aspergé la malheureuse. Celle-ci a été prise en charge rapidement, mais son état était déjà jugée critique quand elle a été évacuée par les secours.

Le conseil municipal de Saint-Denis prévu ce jeudi soir pourrait se tenir à huis clos. Le maire (PC) Didier Paillard souhaite que "les débats se déroulent dans un climat le plus serein possible" dans une mairie où le personnel est "en état de choc". C'est le troisième drame de ce type à Saint-Denis. En 2007 et en 2011, deux hommes qui réclamaient un logement avaient eux-aussi tenté de s'immoler par le feu. Ils avaient pu être secourus à temps.

Dans un communiqué, la Ville de Saint-Denis rappelle qu'elle a un taux de HLM de 45% et qu'elle continue à construire beaucoup. Sous entendu : elle ne peut pas tout faire à elle seule alors qu'une crise du logement particulièrement aiguë sévit en région parisienne. Elle souligne qu’"il est urgent que les communes qui refusent le logement social soient lourdement sanctionnées financièrement et contraintes par l'Etat à accepter les constructions indispensables".

(Source : Le Parisien)

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Mis à jour ( Lundi, 20 Février 2012 10:41 )  

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