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Licenciés… et réembauchés moins cher

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Avec la crise, tout est permis. Invoquant les coupes budgétaires pour justifier cette stratégie, le comté de Shropshire n'a pas hésité à licencier la totalité de ses 6.500 employés avant de leur proposer «une offre immédiate d'embauche» à un salaire inférieur de 5,4%.

Quand il s'agit de faire des économies, ce comté de l'Ouest de l'Angleterre n'y va pas par quatre chemins. D'après le syndicat britannique Unison, le comté a d'emblée annoncé la couleur à ses équipes : ceux qui n'accepteraient pas ces nouvelles conditions seront «renvoyés sans aucune indemnités». Une mesure drastique que le Shropshire affirme avoir prise «à contrecœur», selon son communiqué publié mercredi. Elle devrait surtout permettre d'éviter le licenciement de 400 personnes.

Le comté fait valoir qu'il est acculé par les restrictions budgétaires imposées aux collectivités locales britanniques par le gouvernement Cameron. Le premier ministre britannique a en effet mis en œuvre l'an dernier l'un des plans d'austérité les plus sévères d'Europe : 350.000 emplois devraient notamment être supprimés dans le secteur public sur cinq ans, sur les cinq millions que compte actuellement le pays.

Le comté du Shropshire doit économiser à lui seul 76 millions de livres (84 millions d'euros) au cours des trois prochaines années. «Ces baisses de salaires permettront d'en économiser 7 millions», a fait valoir le porte-parole du comté. «Nous ne sommes pas les seuls à faire cela. Nous sommes seulement un peu en avance par rapport à d'autres», s'est-il par ailleurs justifié.

En France, des ultimatums semblables

Si la France n'est pas soumise à une rigueur budgétaire aussi intense, le droit du travail ne permettrait de toute façon pas la mise en œuvre d'une telle mesure. Même s'agissant de salariés de droit privé, «le licenciement économique collectif y est très encadré, précise Nicolas Billon, avocat en droit social chez Simon associés. De surcroît, le juge l'apprécie généralement de façon stricte. Ce serait risquer de perdre très gros en cas d'annulation d'un Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE) : l'employeur serait contraint de réintégrer ses salariés et de leur verser des indemnités».

Les PSE prévoient bien une priorité de réembauche pour les salariés licenciés si la conjoncture économique s'améliore, ou une obligation de reclassement — deux clauses qui peuvent aboutir à réembaucher un salarié moins cher —, mais le but premier de ces plans est bien de se séparer des salariés plutôt que de les garder à moindre coût.

Ces dernières années, certaines entreprises ont cependant opposé à leurs équipes un ultimatum assez semblable. Bosch en 2004, Hewlett-Packard en 2005, plus récemment Continental ou General Motors avaient convaincu leurs salariés d'accepter des conditions de travail moins favorables avec temps de travail allongé, renonciation à des RTT ou encore baisses de salaires afin de préserver leur emploi. Des concessions souvent faites à fonds perdus : le site Continental de Clairoix a fermé ses portes en 2009 malgré ces efforts, de même que l'usine Bosch de Beauvais, fermée en 2008.

(Source : Le Figaro)

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