Actu Chômage

mardi
19 novembre
Taille du texte
  • Agrandir la taille du texte
  • Taille du texte par defaut
  • Diminuer la taille du texte
Accueil Mobilisations, luttes et solidarités Xavier Bertrand a des hallucinations : il a vu des postes de plongeur à 1.500 euros nets par mois !

Xavier Bertrand a des hallucinations : il a vu des postes de plongeur à 1.500 euros nets par mois !

Envoyer Imprimer
Dans un entretien au Figaro, usant d'arguments qui discréditent les chômeurs, le ministre du Travail déclare que son «premier objectif est de passer au plus vite, et en tout cas avant la fin de l'année, à un taux de chômage inférieur à 9% en métropole».

Un scénario bien rodé !

Depuis de nombreuses années le chômage et l'emploi sont des enjeux majeurs pour les élections présidentielles. Celles qui s'annoncent ne vont pas déroger à ce principe. A n'en pas douter, le gouvernement n'aura de cesse, au cours des mois qui viennent, de claironner que "le chômage baisse" et que "la crise est derrière nous" !

Xavier Bertrand a commencé tambour battant. L'interview qu'il a donnée au Figaro est un bijou de stupidité (pardonnez mon outrecuidance : je devrais dire, de langue de bois politique).

En effet, pour faire passer le message que tout va bien dans le meilleur des mondes sur le front de l'emploi, il n'hésite pas à transformer la réalité et à stigmatiser, encore une fois, les chômeurs.

Je vous livre les propos du ministre qui m'ont particulièrement choquée.

Le chômage baisse depuis 3 mois, la reprise est là…

Malheureusement, aucun indicateur sérieux n'annonce une véritable reprise économique durable !

En revanche, le monde du travail se tend à l'extrême : les petits boulots se multiplient, le chômage de longue durée et celui des seniors deviennent très préoccupants.

Peu importe la qualité des emplois, pourvu que les gens bossent !

Au journaliste qui lui fait remarquer la multiplication des "petits boulots", notre zélé ministre rétorque sans sourciller : «Je préfère qu'un demandeur d'emploi reprenne une activité réduite que pas d'activité du tout : à la fin du mois, une fiche de paie vaut toujours plus qu'une allocation» !

Cher Monsieur Bertrand, je pense qu'il est facile, du haut de vos revenus confortables, de penser que n'importe quel travail vaut mieux qu'une allocation ! Il me serait agréable, en qualité de citoyenne responsable et votre employeur, puisque vous êtes un serviteur de l'Etat, que vous interrogiez, avant de dire de telles billevesées, les salariés précaires qui constituent pour la plupart le bataillon croissant des travailleurs pauvres !

Les seniors sont entre de bonnes mains, Pôle Emploi s'en occupe...

«... des formations et des contrats aidés. Ainsi, les 500 millions d'euros alloués en janvier aux politiques de l'emploi, notamment avec des contrats aidés supplémentaires — que j'assume pleinement car ils permettent de remettre le pied à l'étrier de chômeurs de longue durée — n'ont pas encore produit leurs effets. En outre, je vais fixer une nouvelle feuille de route à Pôle emploi.»

«Ses agents ont réussi, en un temps record, la fusion de l'ANPE et des Assedic, sans aucun retard dans l'indemnisation des demandeurs d'emploi et ce, malgré les 420.000 chômeurs supplémentaires en 2009. Chapeau !» Bien sûr, pas un mot de la souffrance que le personnel de Pôle Emploi endure depuis deux ans.

Ces chômeurs qui ne veulent pas travailler...

«Les Français ne comprennent pas que l'on ait 2,68 millions de chômeurs et 200.000 à 250.000 offres non pourvues par an. Toutes n'exigent pas des années de formation ! J'ai vu sur la côte atlantique ou à Aix-les-Bains des postes de plongeur à 1.500 euros nets par mois ou de serveur à 2.100 euros pour lesquels aucun candidat ne se présentait. Pour ceux qui ont le profil et qui refusent ces postes, il faut appliquer la loi : suspendre les allocations dès qu'un chômeur refuse deux offres d'emploi raisonnables.»

Ces propos sont indignes d'un ministre car, encore une fois, ils tendent à stigmatiser les chômeurs qui refusent des emplois dorés… qui n'existent même pas !

Le train est en marche : en route vers le plein emploi !!!

Peu importe les moyens pourvu que le gouvernement ait les bons chiffres.

Peu importe le forcing auprès de seniors qui seront contraints de suivre des formations inutiles et d'accepter des contrats aidés ou des contrats de professionnalisation qui sont une voie royale vers la pauvreté.

Peu importe que la machine des radiations abusives des listes de Pôle Emploi fonctionne à plein régime.

Peu importe que les petits boulots et missions d'intérim se multiplient, tirent les salaires vers le bas et accroissent la pauvreté.

Peu importe que les chômeurs soient mécontents car s'ils sont nombreux, leur nombre reste inférieur à celui des salariés qui ont encore un emploi à peu près stable et que l'on flatte avec une prime fantôme.

Conclusion : ce sont de futurs électeurs qui vont se sentir "rassurés" par les bons chiffres de l'emploi obtenus grâce à la saine gestion du gouvernement !

(Source : Le blog d'Artemis)


La CGT et la CFDT ont réagi aux propos de Xavier Bertrand

Sur Europe 1, François Chérèque (CFDT) l'a vertement critiqué, soulignant que, «pour le ministre, il y a deux responsables au chômage : le directeur de Pôle Emploi [...] et les chômeurs qui sont des fainéants. S'il y a 250.000 offres d'emploi non pourvues, c'est d'abord parce qu'on a des problèmes de qualifications». Alors que Xavier Bertrand évoque des postes non pourvus de serveur à 2.100 euros par mois, François Chérèque rétorque que «cela n'existe pas» et se demande «dans quel monde vit Xavier Bertrand» ?

La CGT s'est également indignée que «pour faire baisser les chiffres du chômage», le ministre du Travail et de l'Emploi «culpabilise» les chômeurs et veuille les contraindre à accepter des emplois «déqualifiés et très peu rémunérés». «L'objectif du ministre n'est pas de diminuer le chômage de masse, mais seulement de diminuer la statistique du chômage de catégorie A», affirme Maurad Rabhi dans un communiqué. «Il s'agit de contraindre les chômeurs à accepter n'importe quelle offre d'emploi, même de quelques jours, voire de quelques heures, sous peine de se faire "couper les vivres". (...) En pointant une épée de Damoclès sur les chômeurs de longue durée et en exerçant sur eux une pression psychologique et financière à travers leurs allocations s'ils n'acceptent pas ce qu'on leur propose, le ministre veut contraindre des centaines de milliers de personnes à accepter des emplois déqualifiés, dévalorisés et très peu rémunérés», poursuit-il. «Le ministre du Travail est tout simplement en train d'accroître la précarité et le sous-emploi».



Lire aussi :
Articles les plus récents :
Articles les plus anciens :

Mis à jour ( Mardi, 10 Janvier 2012 10:01 )  

Votre avis ?

Après plus de 6 mois, que vous inspire le mouvement Gilets Jaunes ?
 

Zoom sur…

 

La lutte contre le chômage est une escroquerie intellectuelle

Vous estimez que la lutte contre le chômage n'est, visiblement, pas la priorité de ceux qui nous gouvernent ? Vous vous étonnez qu'il n'y ait, sur ce point et depuis si longtemps, jamais de proj...

 

Ces associations qui se battent pour les chômeurs

Au nombre de quatre au niveau national, elles méritent la gratitude et l'adhésion de tous les précaires et privés d'emploi. Grâce à elles - il faut le dire -, en 2004, les «Recalculés» n'aura...

 

TPN/TSS : EDF, GDF et le gouvernement arnaquent les plus pauvres

Des centaines de milliers de Français modestes ou pauvres n’ont toujours pas accès aux tarifs sociaux de l’électricité (TPN) et du gaz (TSS). Du côté d’EDF, de GDF et du gouvernement, tout...