Actu Chômage

mercredi
19 juin
Taille du texte
  • Agrandir la taille du texte
  • Taille du texte par defaut
  • Diminuer la taille du texte
Accueil La revue de presse Le «plan rebond» pour les chômeurs en fin de droits ne décolle pas

Le «plan rebond» pour les chômeurs en fin de droits ne décolle pas

Envoyer Imprimer
C'était couru d'avance ! Cafouillages de courrier, retards de la CAF et période estivale n'arrangeant rien à l'affaire.

Les premiers chiffres qui seront présentés ce matin aux partenaires sociaux dans le cadre du comité de suivi du plan «Rebond pour l'emploi», ciblé sur les demandeurs d'emploi arrivés en fin de droits en 2010, vont le confirmer : un mois et demi après l'entrée en vigueur du dispositif (d'un coût total de 700 millions d'euros, partagé pour l'essentiel entre l'Etat et les partenaires sociaux), il n'a pas encore décollé.

Autour d'un millier de personnes seulement auraient commencé à percevoir l'allocation temporaire de crise d'environ 460 € créée pour les demandeurs d'emploi en fin de droits sans revenus et ne bénéficiant pas d'une formation ou d'un emploi aidé, qui leur sera versée pendant 6 mois. Un chiffre à comparer avec la prévision d'au moins 70.000 allocataires sur l'année 2010, avancé lors de la conclusion de la négociation du dispositif le 15 avril, pour un coût de 221 millions d'euros.

Les discussions d'aujourd'hui entre les partenaires sociaux, l'Etat et Pôle Emploi se focaliseront sur trois sujets. Le premier concerne les chômeurs arrivés en fin de droits entre le 1er janvier et le 31 mai derniers. Tous n'ont vraisemblablement pas été couverts par le courrier adressé par Pôle Emploi depuis début juin à quelque 230.000 personnes [1].

Un sésame indispensable

Deuxième problème : la difficulté à constituer les dossiers pour les chômeurs éligibles au plan et, en particulier, celle d'obtenir de certaines caisses d'allocations familiales l'attestation de rejet de demande de RSA, sésame indispensable pour entrer dans le plan — soutenu par l'Etat, les trois organisations patronales et tous les syndicats sauf la CGT.

Des tensions à venir

Troisième problème : une fois le dossier bouclé et un rendez-vous pris à Pôle Emploi ou à l'Apec, trouver une solution concrète (contrat aidé ou formation rémunérée) n'est pas une sinécure pour les conseillers [2] alors que la plupart des formations qui peuvent être proposées ne démarrent pas avant septembre. S'ajoutent à cela des interrogations sur l'avancée des discussions avec les régions [3].

Tout cela fait que le plan «Rebond» ne devrait vraiment démarrer qu'à la rentrée, posant de fait déjà la question de son prolongement début 2011.

Mais à chaque jour suffit sa peine. D'autant que, dans la foulée de la réunion du comité de suivi sur les fins de droits, aura lieu une autre rencontre qui s'annonce très tendue : celle sur le financement de la politique de l'emploi en 2011, pour lequel le gouvernement compte mettre les fonds de la formation professionnelle à contribution.

(Source : Les Echos)

Dans un article du 31/05, Le Monde avait déjà évoqué tout ces problèmes...

[1] Depuis le 7 juin, Pôle Emploi devait adresser un courrier à tous les chômeurs ayant épuisé leurs droits depuis le 1er janvier 2010 et qui ne sont pas éligibles à l'ASS, à l'AER ou à l'AFDEF, à raison de 100.000 lettres par mois en moyenne (sauf que, sur la base du million de chômeurs devant arriver en fin de droits en 2010, ils sont déjà quelque 800.000 à contacter). En retour, les destinataires doivent fournir leur attestation d'inégibilité au RSA, ce qui prend un certain temps, accompagnée de justificatifs de ressources.

[2] Le 8 juin, une intersyndicale SNU-FSU, CGT, Sud et Snap de Pôle Emploi avait signalé dans un communiqué qu’«aucune communication interne en direction des agents, aucune disposition validée au sein des instances représentatives du personnel, aucune finalisation des procédures spécifiques en matière d'accès aux contrats aidés, aux formations ou à l'aide forfaitaire mensuelle n'a été mise en œuvre. Une nouvelle fois, les personnels de Pôle Emploi, en première ligne, vont se trouver en difficulté pour répondre aux sollicitations pressantes et légitimes des demandeurs d'emploi qui voudront faire valoir leurs droits».

[3] Les départements et régions, déjà étranglés, doivent financer au total 20.000 places de formation supplémentaires et redoutent de voir ce poste de dépenses exploser sans pouvoir compter sur l'aide de l'Etat.



Lire aussi :
Articles les plus récents :
Articles les plus anciens :

Mis à jour ( Lundi, 19 Juillet 2010 07:41 )  

Votre avis ?

Après plus de 6 mois, que vous inspire le mouvement Gilets Jaunes ?
 

Zoom sur…

 

La lutte contre le chômage est une escroquerie intellectuelle

Vous estimez que la lutte contre le chômage n'est, visiblement, pas la priorité de ceux qui nous gouvernent ? Vous vous étonnez qu'il n'y ait, sur ce point et depuis si longtemps, jamais de projet ...

 

Ces associations qui se battent pour les chômeurs

Au nombre de quatre au niveau national, elles méritent la gratitude et l'adhésion de tous les précaires et privés d'emploi. Grâce à elles - il faut le dire -, en 2004, les «Recalculés» n'aura...

 

TPN/TSS : EDF, GDF et le gouvernement arnaquent les plus pauvres

Des centaines de milliers de Français modestes ou pauvres n’ont toujours pas accès aux tarifs sociaux de l’électricité (TPN) et du gaz (TSS). Du côté d’EDF, de GDF et du gouvernement, tout...