Actu Chômage

mardi
19 novembre
Taille du texte
  • Agrandir la taille du texte
  • Taille du texte par defaut
  • Diminuer la taille du texte
Accueil La revue de presse Déclassement : l'ascenseur social français est bel et bien en panne

Déclassement : l'ascenseur social français est bel et bien en panne

Envoyer Imprimer
Les sociologues l'avaient annoncé, le Centre d'analyse stratégique (CAS) a confirmé : 22 à 25% des trentenaires et quadragénaires se situent plus bas dans l'échelle sociale que leurs parents tandis que les jeunes, même diplômés, ont de plus en plus de difficultés à prendre l'ascenseur en route.

Sociologues et chercheurs l'annonçaient depuis longtemps, le rapport du CAS rendu jeudi 8 juillet leur a donné raison. En France, l'ascenseur social, garant du progrès social et donc de l'égalité, est tombé en panne. Le rapport, remis à la secrétaire d'Etat à la prospective Nathalie Kosciusko-Morizet, a confirmé la tendance au déclassement dans la société française.

Aujourd'hui, de 22 à 25% des trentenaires et des quadragénaires se situent plus bas dans l'échelle sociale que ne l'étaient leurs parents, contre environ 18% au début des années 1980, selon le sociologue Camille Peugny, auteur de "Le déclassement" (Grasset, 2009).

Le déclassement "est un phénomène en progression" note l'organisme d'experts placé sous la tutelle de Matignon, même si la part des promus socialement est globalement deux fois plus élevée dans la société française que celle des déclassés. Ainsi, selon le rapport citant des chiffres issus des enquêtes emploi de l'INSEE, les "mobiles ascendants" représentaient 38,7% des 30-59 ans en 2003 et 37,7% en 1983 alors que les "mobiles descendants" ou "déclassés" représentaient 21,9% des 30-59 ans en 2003 et 18,6% en 1983. L'ascenseur monte moins vite qu'il ne descend depuis les années 1990.

"Les héritiers"

En outre, depuis le début des années 1980, l'accès aux positions supérieures est devenu "plus inégal" et les enfants de cadres sont avantagés, ce qu'annonçait déjà le sociologue Pierre Bourdieu en 1964 dans son ouvrage "Les héritiers". Les enfants de milieu modeste subissent davantage le phénomène de déclassement, comme le montrent notamment les études du Cereq (Centre d'études et de recherches sur les qualifications) citées dans le rapport.

Par ailleurs, les diplômés ne sont plus épargnés. A la fin des années 1960, 70% des bacheliers accédaient à un emploi de cadre ou de profession intermédiaire, contre seulement 22% aujourd'hui. Depuis 2002, la part des postes non qualifiés dans l'emploi des diplômes du supérieur long a fortement augmenté, les élèves issus des grandes écoles restant les plus susceptibles d'occuper un emploi de cadre.

Le CAS explore d'autres façons de quantifier le déclassement, au delà du maintien de la position sociale des parents : logement, surendettement, qualité de l'emploi...

(Source : Le Nouvel Obs)

Lire aussi :
Articles les plus récents :
Articles les plus anciens :

Mis à jour ( Samedi, 11 Juillet 2009 04:09 )  

Votre avis ?

Après plus de 6 mois, que vous inspire le mouvement Gilets Jaunes ?
 

Zoom sur…

 

La lutte contre le chômage est une escroquerie intellectuelle

Vous estimez que la lutte contre le chômage n'est, visiblement, pas la priorité de ceux qui nous gouvernent ? Vous vous étonnez qu'il n'y ait, sur ce point et depuis si longtemps, jamais de proj...

 

Ces associations qui se battent pour les chômeurs

Au nombre de quatre au niveau national, elles méritent la gratitude et l'adhésion de tous les précaires et privés d'emploi. Grâce à elles - il faut le dire -, en 2004, les «Recalculés» n'aura...

 

TPN/TSS : EDF, GDF et le gouvernement arnaquent les plus pauvres

Des centaines de milliers de Français modestes ou pauvres n’ont toujours pas accès aux tarifs sociaux de l’électricité (TPN) et du gaz (TSS). Du côté d’EDF, de GDF et du gouvernement, tout...