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Viens chez moi, j'habite dans une cabane

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La Fondation Abbé Pierre, dans son rapport 2007 sur le mal-logement publié jeudi, dénonce le décalage qui s'est creusé ces dernières années entre la production de logements neufs et les besoins sociaux de la population.

C'est un boom immobilier dont on parle peu. Plus de trois millions de personnes en France connaissent un problème de «mal-logement», selon le 12e rapport de la Fondation Abbé- Pierre rendu public ce matin. Parmi ces mal-logés, on trouve bien sûr des SDF, des personnes vivant dans des conditions «très difficiles» (pas de WC, pas de douche, pas de chauffage…), mais la fondation pointe aussi la situation singulière d'individus «privés de domicile personnel» sans être à la rue pour autant. En tout, près d'un million d'hommes et de femmes qui vivent à l'hôtel, dans des cabanes, au camping, en foyer... Un phénomène de plus en plus important : selon le rapport, 100.000 personnes vivent dans des campings à l'année, autant dans des foyers d'urgence, 50.000 dans des chambres d'hôtel, 40.000 dans des cabanes ou des abris de fortune (garages, caves, soupentes…). Plus invisibles encore, près de 900.000 personnes sont hébergées chez des tiers, amis ou membres de leur famille.

«Il ne s'agit pas des SDF classiques, comme les clochards ou les marginaux, mais d'une nouvelle précarité, précise Christophe Robert, coordonnateur du rapport. On rencontre de plus en plus de femmes seules avec enfant, de travailleurs pauvres, de jeunes salariés qui décrochent dans les grandes villes...» Signe de cette exclusion grandissante, «l'explosion des demandes de domiciliation» auprès d'associations ou de centres communaux d'action sociale, pour ouvrir ses droits à la CMU ou au RMI, ou simplement recevoir son courrier. A titre d'exemple, une association d'aide aux exclus de La Rochelle a vu ses inscriptions passer de 350 en 1995 à 1.900 en 2006.

Au moment où le Parlement examine la loi sur le droit au logement opposable, la Fondation Abbé-Pierre appelle à de «véritables sanctions» en cas de non-respect. «Quand on voit comment la loi SRU n'est pas respectée concernant les 20% de logements sociaux par commune, on peut être inquiet pour le logement opposable», estime Patrick Doutreligne, directeur général de la fondation. Si l'association reconnaît qu'«on n'a jamais autant construit depuis deux ans», cette politique «ne touche pas son but» car elle «vise seulement» les classes moyennes supérieures, estime-t-elle. Après calcul, la fondation affirme que sur 410.000 logements construits en 2005, «moins d'un quart sont compatibles avec les revenus des deux tiers des Français».

(Source : 20 Minutes)

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Mis à jour ( Jeudi, 01 Février 2007 17:50 )  

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