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Accueil Social, économie et politique Le sort du CNE dépendra des élections

Le sort du CNE dépendra des élections

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Alors que Nicolas Sarkozy va le maintenir et s'en "inspirer" pour l'avenir, Ségolène Royal promet son abrogation.

Traité par la gauche de "candidat du CPE", Nicolas Sarkozy souhaite la mise en place "d'un contrat unique inspiré du CNE", affirmant que ce dernier "est un progrès" et qu’"il ne faut pas y toucher". D'ailleurs, pour la présidente du Medef Laurence Parisot - qui réclame "la séparabilité à l'amiable" calqué sur le divorce par consentement mutuel, une idée récusée par les syndicats qui soulignent que l'employeur et le salarié ne sont pas sur un pied d'égalité -, le CNE est "un succès" et prouve l'intérêt de faire disparaître "le carcan" actuel.

Pour Ségolène Royal, "candidate du CDI", ce sésame de la stabilité professionnelle doit redevenir "la référence du contrat de travail" et le CNE enfin abrogé. La disparition du CNE est également souhaitée par l'ensemble de la gauche et des syndicats de salariés.
Même le candidat UDF François Bayrou estime que le CNE "ne peut devenir la base du droit du travail en France. La base doit être le CDI", et juge "extrêmement aléatoire" la proposition de M. Sarkozy.

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Mis à jour ( Vendredi, 26 Janvier 2007 11:13 )  

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0 # superuser 2007-01-26 10:24 Sarkozy travaille son côté popu. Le candidat a creusé hier dans l'Aisne le versant social de sa campagne, en évoquant les «travailleurs» et en s'appropriant les symboles de gauche.

Une usine de carte postale, avec sa fonderie, son vacarme, ses ouvriers en bleu de chauffe et leurs gestes répétitifs. Sur ces terres ouvrières de l'Aisne, «Arlette» Sarkozy a poursuivi hier son offensive en direction des «travailleurs» , comme il dit désormais. Son postulat : «La gauche les a trahis et abandonnés.» Pour les récupérer, il tente de les séduire en s'appropriant ses codes, ses références historiques et ses grandes figures. Sans oublier de promettre du pouvoir d'achat supplémentaire à coups d'heures supplémentaires défiscalisées.

A l'usine du Creuset qui fabrique des casseroles en fonte, l'homme de Neuilly s'est mijoté un langage popu : «A l'usine, il n'y a pas de bureau, il y a une solidarité. Les anciens apprennent aux plus jeunes. S'il n'y a plus de jeunes c'est foutu, moi je veux des usines. Si on laisse partir les usines, on laisse tout partir.» Lui qui souhaite vider l'ISF de sa substance flingue les 35 heures et propose à son auditoire de travailler plus. «Vous savez, ici on se soutient sur les grandes avancées sociales. Une majorité de gens ici aurait préféré une visite plus Royal…», lui répond un syndicaliste.

Fort de l'avance que lui accordent les sondages parmi les classes populaires, le candidat de l'UMP veut pousser son avantage en dépouillant la gauche de ses totems. A François Hollande qui l'accusait de «captation d'héritage» pour avoir cité Blum et Jaurès, Nicolas Sarkozy a répondu hier soir lors d'une réunion publique qu'il se sentait «l'héritier d'une seule et même Histoire dont nous avons toutes les raisons d'être fiers». Provocateur, il a même accusé le couple Hollande-Royal de «n'avoir jamais lu Jaurès». Et d'accuser de «communautarism e historique» la gauche qui «proclame» que l'Ancien régime, les Croisades, la Chrétienté et la droite, «ce n'est pas la France». Tout à son souci de gommer les frontières entre gauche et droite, il a ajouté Mitterrand à ses références : «Il ne trahissait pas la gauche quand il allait parler de la mort avec Jean Guitton ou de littérature avec Jean d'Ormesson.» Sarkozy thuriféraire des hommes de gauche ? Comme dit son slogan, avec lui «tout devient possible».

(Source : Libération)
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0 # superuser 2007-01-28 10:26 Prenant ses distances à l'égard du "contrat unique", Laurence Parisot plaide pour la mise en place d'un "contrat de mission".

La réforme des contrats de travail devient, à son tour, l'une des controverses clefs de la campagne électorale. Après le PS et l'UMP, qui ont mis à profit les dernières quarante-huit heures pour préciser leurs projets, c'était au tour de Laurence Parisot de dévoiler, jeudi, les revendications des patrons.

La présidente du Medef a repris à son compte l'idée du "contrat de mission", un dispositif à mi-chemin entre le CDI et le CDD dont la durée ne serait pas connue à l'avance, mais liée à l'exécution d'un projet. Il faut «concevoir des contrats de travail conformes à l'économie actuelle, qui aujourd'hui exige que les entreprises travaillent projet par projet», estime-t-elle dans son "Livre blanc".

L'idée n'est pas vraiment nouvelle. Dans le secteur du bâtiment et des travaux publics, le contrat de chantier est déjà utilisé pour la construction de grands ouvrages, tels que le viaduc de Millau. Depuis 2005, les contrats export permettent aussi de mener des projets en dehors du territoire français, pour une durée non déterminée.
Le contrat de mission, tous secteurs confondus, avait été envisagé en 2003 par François Fillon, alors ministre des Affaires sociales, qui avait chargé Michel de Virville, DRH de Renault, d'en préciser les contours. Mais son rapport était resté lettre morte.

« Séparabilité »

C'est également lui qui avait défendu la possibilité de mettre fin à un contrat par «rupture négociée», accompagnée d'un régime social et fiscal «adapté». Un concept que Laurence Parisot a développé jeudi en évoquant la «séparabilité par consentement mutuel» pour «dédramatiser les modalités du licenciement». Elle s'est également prononcée pour la suppression des seuils jusqu'à 250 salariés, ce qui impliquerait l'extension du CNE et la suppression des institutions représentatives du personnel en deçà de ce seuil.

En décalage

Enfin, elle suggère de scinder l'indemnisation chômage en deux, avec une première partie financée par l'Etat pour tous les demandeurs d'emploi, et une partie complémentaire financée par l'Unedic pour ceux ayant travaillé en entreprise.

Certaines de ces revendications figurent déjà dans les programmes du PS ou de l'UMP. La réforme proposée pour l'assurance-chômage, par exemple, est totalement conforme au projet socialiste, alors que la suppression des seuils est inscrite, à titre expérimental, dans le programme UMP.

Hormis ces exemples, les revendications du Medef s'inscrivent en décalage par rapport aux projets des principaux candidats. Mardi, Nicolas Sarkozy a ainsi réitéré son souhait de mettre en oeuvre le "contrat de travail unique". «Inspiré du CNE», celui-ci ne s'appliquerait qu'aux nouvelles embauches. Nicolas Sarkozy a toutefois, semble-t-il, édulcoré son projet : plus question de supprimer les missions d'intérim mais seulement les CDD (1).
Quant à Ségolène Royal, qui ne comptait pas dévoiler ses propositions avant le 11 février, elle a esquissé, hier, plusieurs pistes de réforme. Pour que le CDI redevienne la référence sur le marché du travail, les entreprises qui en concluront «bénéficieront d'un bonus sur les cotisations sociales», a-t-elle promis. Cette proposition, que Ségolène Royal a puisé dans le programme PS, est importée d'Espagne où les cotisations chômage sont modulées selon la nature des contrats (CDI, CDD, mission d'intérim).

(Source : Les Echos)

(1) NDLR : alors que le CDD est, justement, le contrat le plus protecteur du Code du travail !!!
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0 # superuser 2007-01-28 10:43 L'avis d'Elie COHEN, économiste et directeur de recherche au CNRS pour Les Echos :

Le Medef a-t-il des raisons de s'inquiéter de la tournure de la campagne électorale ?

Dans la mesure où l'offre politique est conditionnée par une opinion publique qui se défie de la mondialisation et de l'intégration européenne, le Medef ne peut qu'être déçu. La vraie question est de savoir en quoi les programmes et les discours sont engageants pour l'avenir. En France, on est habitué à une séparation nette entre la conquête du pouvoir et l'exercice de ce pouvoir. En clair, l'absence de discours entrepreneurial aujourd'hui ne préjuge pas de l'action politique demain.

Laurence Parisot a-t-elle un devoir de pédagogie ?

Les Français ne croient pas du tout au discours patronal. Les chefs d'entreprise sont assimilés aux délocalisations , aux licenciements boursiers et aux parachutes dorés. La présidente du Medef aurait tout intérêt à ne pas compromettre un candidat en le soutenant. Par contre, à l'ère de la démocratie participative, elle peut faire valoir ses idées, ses projets, ses «doléances»…

La droite a-t-elle déjà été en phase avec le monde de l'entreprise ?

La seule période où l'on a eu, en France, un consensus national autour des valeurs de l'entreprise a paradoxalement été initiée par la gauche. De 1983 à la crise économique consécutive à la guerre du Golfe en 1991, de profondes réformes ont permis de créer les conditions d'une révolution libérale en France.

Comment analysez-vous le cheminement de Nicolas Sarkozy, dont les discours semblent aujourd'hui s'adresser plus aux salariés et aux familles qu'aux entreprises ?

Il se décompose en trois temps. La première phase a été marquée par la volonté de rompre radicalement avec le modèle économique et social français. La rupture devait s'articuler autour de quatre réformes : celles du marché de l'emploi, de l'Etat, de la fiscalité et de l'école. En organisant un grand débat, Nicolas Sarkozy estimait qu'il pourrait convaincre les Français. Puis il y a six mois on a assisté à un recentrage, comme si le discours de la «rupture» était inaudible par l'électeur médian. Il a commencé à dénoncer les patrons voyous et les stock-options. Comme Ségolène Royal, il a nourri la représentation d'une France protectionniste , eurosceptique et nationaliste : tous deux ont proposé non seulement la révision du mandat de la Banque centrale européenne, mais aussi l'instauration d'un tarif extérieur commun, avec des modulations selon le pays d'origine des importations, sur des critères environnementau x et sociaux, ce qui est contraire au code de l'OMC.

Vous évoquiez une troisième phase du candidat de l'UMP…

Il hiérarchise ses priorités. Il fait maintenant de la fiscalité sur les transmissions et de l'exonération des charges sociales et fiscales pour les heures supplémentaires travaillées ses mesures centrales. Ce faisant, il privilégie l'enrichissement individuel et délégitime le prélèvement social assis sur le travail.
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0 # superuser 2007-01-29 17:13 Promoteur du contrat de travail unique, Nicolas Sarkozy comptait "s'inspirer" du contrat nouvelles embauches pour le bâtir. C'est ce qu'il a affirmé devant les patrons des petites et moyennes entreprises, réunis par la CGPME le 24 janvier : "Le CNE est un progrès, il ne faut pas y toucher", disait-il alors, précisant qu'il élaborait un "contrat unique qui s'inspire du CNE".

Ces propos ont été corrigés par Xavier Bertrand, porte-parole du candidat de l'UMP, dans un entretien à La Tribune lundi 29 janvier : "Notre intention n'est pas de le généraliser", explique M. Bertrand qui pointe certains "défauts, comme l'absence de la motivation de la rupture du contrat de travail et une période d'essai bien trop longue".

Emmanuelle Mignon, rédactrice du projet de l'UMP, clarifie : "La période d'essai n'excédera pas trois à six mois, la motivation du licenciement sera nécessaire", a-t-elle expliqué au Monde.

L'enjeu, pour l'UMP, porte plus sur "l’assouplisseme nt du droit du licenciement, le plafonnement du montant des indemnités et la réduction de la durée de la période durant laquelle le salarié pourra contester son licenciement", précise Mme Mignon. Une orientation qui devrait satisfaire la présidente du Medef Laurence Parisot, qui, tout en saluant le "succès" du CNE et en demandant son extension aux entreprises de plus de 20 salariés, souhaite assouplir les conditions du licenciement avec "la séparabilité à l'amiable". Les patrons restent toutefois réservés sur la mise en place d'un contrat unique, à l'instar des syndicats, très méfiants.

De son côté, la candidate du PS Ségolène Royal a annoncé, le 25 janvier sur RMC, que "le CNE sera abrogé et le CDI deviendra la référence du contrat de travail", accusant M. Sarkozy de "vouloir démanteler le code du travail".

(Source : Le Monde)
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