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Sophie Talneau : On ne vous rappellera pas...

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Le 15 février dernier, nous signalions en actu la sortie du livre de Sophie TALNEAU "On vous rappellera, une Bac+5 dans la jungle du recrutement", 16 euros chez Hachette-Littératures. Le même jour, nous l'avons contactée pour lui demander de participer à notre rubrique "Les invité(e)s du mois" afin qu'elle nous parle de son expérience représentative de jeune diplômée de l'ESC Nantes, au chômage depuis 2001, et aujourd'hui RMiste logée chez sa mère.

Avec un emploi du temps chargé, entre la promo de son livre et sa recherche d'emploi (visiblement boostée par l'événement), de plus demeurant à Nantes, une rencontre n'était pas vraiment envisageable. Nous lui avons donc proposé une interview par e-mail, qu'elle a acceptée. Nous lui avons spécifié qu'il n'y avait pas urgence : c'était pour le mois de mars.
Rapide comme l'éclair à la réception de notre mail, tandis qu'elle répondait à nos 15 questions, un bug informatique a malencontreusement détruit son travail. Obligée de recommencer, Sophie Talneau nous a alors proposé de nous retourner ses réponses… par courrier postal. Deux jours plus tard, nous recevions une feuille volante avec quinze réponses bâclées, souvent plus courtes que les questions elles-mêmes !

Déçus et vexés (certes nous ne sommes pas France 2, l'Express ou France Inter…), doutant de la motivation réelle de son livre (témoignage militant, ou tentative personnelle d'ouvrir des portes jusqu'à présent fermées…), de moins en moins sûrs qu'elle se soit seulement donné la peine de venir sur Actuchomage ne serait-ce que pour se faire une idée des interviews que nous publions, nous l'informons de l'insuffisance de sa production et lui demandons de faire un effort. Ce à quoi elle réagit en se plaignant qu'elle a "essayé d'être efficace et rapide", et que c'est bien la première fois qu'elle se fait ainsi agresser alors qu'elle est en situation précaire, en plus "par une association de chômeurs !", et qu'elle est débordée.

Inutile d'insister : nous retranscrivons tel quel ce qu'elle nous a donc adressé, en lui souhaitant bonne chance pour sa recherche d'emploi !!!

Comme le chômage des seniors et des + de 40 ans, celui des jeunes - et des jeunes diplômés - est très élevé en France. À vos yeux, quelles sont les causes d'un tel gâchis ?
Les entreprises ont peur d'embaucher car elles n'ont pas confiance en l'avenir. Elles font avec les salariés existants - quand elles les gardent ! - plutôt que de créer de nouveaux postes.

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontré dans votre recherche d’emploi ? Vous dites souvent que vous avez joué de "malchance" : comment cela ?
D'abord, j'ai démissionné de mon premier emploi, et je me suis rendu compte que c'est très mal vu. Ensuite, je n'ai pas les 5 années d'expérience que les entreprises demandent dans les offres d'emploi. Enfin, il y a très peu d'offres dans mon métier, le marketing.

Vous êtes Bac+5 : pensez-vous que le sort des jeunes non diplômés (précaires chez McDo, par exemple) soit plus enviable car au moins ils acquièrent une expérience ?
Non, leur sort n'est pas plus enviable. Les diplômes ne sont pas une garantie d'emploi, mais ils aident quand même un peu !

Quelles sont les principales "tares" des dispositifs de recrutement auxquels vous avez été confrontée ? Et qui sont les pires : cabinets privés, intérim, DRH...?
Les plus durs sont les cabinets de recrutement, car ils obéissent aux ordres des entreprises. Ils mettent la pression sur les candidats car ils n'ont pas le droit à l'erreur (un recrutement, ça coûte cher...) !

Vous dites souvent que "les recruteurs ont besoin d'être rassurés" : croyez-vous donc qu'ils sont sincères et compétents, alors qu’on s’accorde plus volontiers à dire qu’ils sont formatés, voire inhumains ?
Il y a de tout chez les recruteurs. Dans l'ensemble, je les trouve un peu formatés, en effet.

Vous percevez le RMI : comment vous êtes-vous décidée à aller le demander, et qu'avez-vous éprouvé ?
Au début, je ne voulais pas aller le demander ; je me disais que j'allais trouver du travail rapidement. Depuis, je me suis faite à l'idée qu'on peut être à la fois diplômée d'une grande école et RMiste.

Vous prononcez souvent le mot "culpabilité" : pourriez-vous nous en définir les causes, les étapes et les seuils ? Qu'est-ce qui est, finalement, le plus culpabilisant ?
Tout est culpabilisant : la démission, le RMI, le chômage, le regard de la société.

De la honte à la colère, résumez-nous l’évolution de vos sentiments depuis quatre ans.
Je suis passée par toutes les phases, alternativement.

Vous n'avez jamais été voir une association de chômeurs : pourquoi ? Que pensez-vous de ces associations en général ?
J'ai fait partie d'une association de chômeurs. C'est bien pour redynamiser, mais il ne faut pas en attendre de miracle.

Qu'avez-vous retenu de ce "chômage de très longue durée" : ce qui a été négatif, ce qui a été positif ?
Le positif : l'écriture de mon livre. Le négatif : la perte de revenu, de travail, de vie sociale, c'est une petite mort.

Cette épreuve a-t-elle modifié votre vision du travail (épanouissement, carrière...) ? Croyez-vous toujours en cette valeur, qui reste l’un des piliers de notre société ?
Je crois au travail, mais d'une nouvelle manière : télétravail, travail à domicile, travail partagé...

Cette épreuve a-t-elle renforcé votre conscience politique ?
Pas vraiment...

Croyez-vous qu'il existe des solutions pour endiguer le chômage ? Si oui, lesquelles ? Si non, pourquoi ?
Je ne vois pas de solution miracle pour endiguer le chômage. Il faudrait juste des patrons qui embauchent, qui osent. Mais la tendance n'est pas à l'audace : démissionnez, et votre CV devient invendable !

En voulez-vous à la société, aux politiques, à la France ?
Je n'en veux à personne, je mène ma barque comme je peux. Je suis une optimiste de nature !

Quelle est votre vision de l’avenir ?
Trouver du travail ; trouver du travail ; trouver du travail...
Mis à jour ( Vendredi, 25 Février 2005 19:16 )  

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