Actu Chômage

jeudi
19 janvier
Taille du texte
  • Agrandir la taille du texte
  • Taille du texte par defaut
  • Diminuer la taille du texte
Accueil Mobilisations, luttes et solidarités Chômeurs et Précaires, restez invisibles… même au CESE

Chômeurs et Précaires, restez invisibles… même au CESE

Envoyer Imprimer
Le CESE - Conseil économique social et environnemental - est une des grandes institutions de la République. Les 7 à 8 millions de Chômeurs et Précaires n'y sont pas représentés officiellement.

Le 10 novembre, le CESE a rendu un avis favorable à l'expérimentation d'un projet porté par ATD Quart Monde (lire ses conclusions en commentaire).

ATD souhaite tester son initiative «Territoires Zéro Chômeur de longue durée», déjà évoquée sur Actuchomage.

En marge des discussions, nous avons interpellé la Présidente de la section en charge du travail et de l'emploi du CESE, Madame Françoise Geng.

Rappelons que le Conseil économique social et environnemental se penche régulièrement sur les grandes problématiques liées au chômage, à la précarité, aux protections sociales…

Nous nous étonnons donc que Chômeurs et Précaires n'y soient pas officiellement représentés. La réponse de Françoise Geng s'inscrit dans la rhétorique qu'on nous réserve à chaque fois que nous interpellons des responsables d'organismes et institutions en charge, directement ou indirectement, des questions de chômage et de précarité (Unédic, Pôle Emploi, Assemblée Nationale, Sénat…).

«Ils sont représentés par les syndicats. Nous les auditionnons également», nous précise sans surprise Françoise Geng (une syndicaliste CGT). Peut-être, mais les Chômeurs et leurs organisations sont les grands absents de la section travail et emploi du CESE.

20% de la population active comptent MOINS que du beurre !

La suite est plus instructive encore : «Ce serait aussi une note un peu pessimiste de considérer que le chômage longue durée et les chômeurs en général doivent être inscrits dans le marbre de la troisième assemblée de la République», insiste-t-elle non sans ironie.

Ah bon, parce que le chômage de masse et la précarité ne sont pas inscrits dans le marbre de la République depuis 40 ans ?

On a compris le message. Chômeurs et Précaires, moins on vous voit, moins on vous entend, moins vous êtes représentés là où se joue votre sort, mieux les apparatchiks de la République se portent. Dormez sur vos deux oreilles braves gens !

Voir notre interpellation vidéo.


Articles les plus récents :
Articles les plus anciens :

Mis à jour ( Jeudi, 10 Décembre 2015 07:29 )  

Commentaires 

 
0 # Yves 2015-11-10 19:54 Communiqué de Presse du CESE (le 10 novembre).

L’augmentation du chômage et plus particulièremen t du chômage de longue durée est une réalité préoccupante dans la plupart des pays de l’OCDE depuis 2008. Avec un accroissement de 56% du nombre de chômeurs de longue durée entre 2008 et 2013, la France n’a pas échappé à cette tendance. Dans ce contexte, la recherche de solutions doit s’intensifier : la privation durable d’emploi a des effets particulièremen t graves sur les personnes qui en sont victimes et sur le fonctionnement global de l’économie. Les chômeurs les plus éloignés du marché de l’emploi sont aussi ceux qui ont le moins de chance de retrouver un emploi en cas de reprise de la croissance.

Face à cette réalité préoccupante et à la nécessité d’intensifier la recherche de solutions, Claude Bartolone, Président de l’Assemblée nationale a saisi le 29 juillet dernier le Conseil économique social environnemental (CESE) sur le problème du chômage de longue durée et sur la possibilité d’expérimenter un «Fonds zéro chômage de longue durée». A travers une analyse constructive, le CESE précise les apports et les conditions de réussite du projet d’expérimentati on, sur quelques territoires particulièremen t mobilisés pour remédier à la privation durable d’emploi.

L’avis Expérimentation «Territoires zéro chômage de longue durée » : Conditions de réussite, a été présenté par son rapporteur par M. Patrick Lenancker (Groupe de la coopération) en présence de la présidente de la section du travail et de l'emploi Mme Françoise GENG (Groupe CGT). Il a ensuite été soumis au vote de l’assemblée plénière du CESE et adopté avec 174 votes pour et 1 abstention.

La principale innovation de l’expérimentati on projetée est d’agir autant sur l’offre que sur la demande, à l’échelle de quelque micro-territoires. De fait, il importe pour le CESE que l’expérimentati on se développe en s’adaptant aux spécificités de chaque territoire afin que les compétences et les besoins particuliers des demandeurs d’emploi soient mis en relation avec les nouvelles activités identifiées.

Le CESE considère que les personnes les plus éloignées de l’emploi ne sont pas suffisamment caractérisées par le ciblage tel qu’il apparait actuellement dans la proposition de loi. En conséquence, il préconise de viser en priorité les demandeurs d’emploi inscrits depuis plus d’un an et qui ont épuisé leurs droits à une indemnisation au régime d’assurance chômage ou qui n’ont pas suffisamment cotisé pour bénéficier d’un tel droit.

Selon le Conseil, une autre condition essentielle de faisabilité réside dans un renforcement substantiel du volet «accompagnement » des personnes recrutées par les entreprises conventionnées. Les principaux acteurs d’accompagnemen t vers l’emploi (le Conseil départemental, Pôle emploi, les missions locales et le Conseil régional) doivent se mobiliser pour répondre aux besoins de ces personnes dans leur parcours d’insertion sociale et professionnelle .

En parallèle, les moyens nécessaires à la formation des salariés des entreprises conventionnées sont à prévoir. A ce titre, le CESE demande que l’expérimentati on projetée intègre les évolutions en cours de la formation professionnelle . Il recommande que les droits acquis par les demandeurs d’emplois pendant leur période d’inactivité puissent être mobilisés dans le cadre des entreprises conventionnées en plus du droit à la formation ouvert au titre de l’activité.

Enfin le CESE recommande de ne pas déroger, dans le cadre de l’expérimentati on au droit commun du contrat à durée déterminée. Le contrat de travail des personnes en emploi dans les entreprises conventionnées devra préciser les mesures d’accompagnemen t auxquelles elles auront accès. Elles demeureront inscrites à Pôle emploi et pourront, à ce titre, bénéficier d’un accompagnement spécifique.

Le CESE recommande la constitution d’un comité national d’expérimentati on ayant notamment pour fonction de gérer le fonds d’Etat consacré à l’expérimentati on et de le répartir entre les territoires. Ce comité devrait pouvoir assurer la plus grande homogénéité des critères territoriaux d’expérimentati on et procéder à la coordination des comités locaux de pilotage.
Un comité local devrait parallèlement être institué pour veiller à la mobilisation des acteurs du territoire sur l’ensemble de la durée de l’expérimentati on mais également pour s’assurer de son suivi et contribuer à en dresser le bilan.

Il est important de souligner qu’à ce jour, le financement de l’expérimentati on n’est pas assuré. Outre le fait que le recours à des fonds économisés sur l’allocation de retour à l’emploi se heurte à une impossibilité juridique, aucun financement précis n’est envisagé dans le projet pour les investissements nécessaires au développement des activités nouvelles. Ainsi, il est impératif pour le CESE qu’un financement spécifique soit inscrit dans la loi de finances au-delà de la mobilisation des financements issus de la solidarité nationale et des fonds territoriaux.

Par ailleurs, le CESE recommande que les fonds territoriaux soient directement mobilisés au niveau local de l’expérimentati on .
Enfin, le CESE préconise que les futures entreprises du dispositif signent une convention avec tous les financeurs publics et le représentant du service public de l’emploi (SPE).

Le CESE préconise de distinguer clairement les rôles d’animation des structures de pilotage de l’expérimentati on et d’animation du dispositif afin d’éviter tout risque de confusion. En effet, il importe que l’évaluation ex-post soit confiée à un organe qui n’aura pas exercé de responsabilité de gouvernance sur l’expérimentati on .

Le CESE recommande que l’évaluation de l’expérimentati on , réalisée sur quelques territoires, soit aussi exhaustive que possible et porte sur des éléments autant quantitatifs que qualitatifs tenant compte des exigences de développement durable.

Le Conseil considère que l’objet de l’évaluation doit être clairement défini. En ce sens, il recommande, pour cette dernière, l’adoption de critères précis. Le Conseil souligne que l’évaluation d’une loi d’expérimentati on revient au législateur lui-même. Il recommande néanmoins de permettre à tous les acteurs de l’expérimentati on d’exprimer leurs points de vue à l’adresse des évaluateurs dès lors que celle-ci sera parvenue à son terme.

Ainsi, le CESE sous réserve des conditions de faisabilité précisées dans ses recommandations , se déclare favorable à l’expérimentati on territoriale qui lui a été soumise.

«En explorant la voie du développement d’activités nouvelles à l’échelle locale, l’expérimentati on s’inscrit dans un volontarisme de nature à fédérer l’ensemble des acteurs contre le fatalisme et le découragement qui prévalent habituellement face au chômage de longue durée», souligne le rapporteur de l’avis Patrick Lenancker.
Répondre | Répondre avec citation |
 
 
+1 # Yves 2015-11-10 20:04 Au vu des recommandations (justifiées) préconisées par le CESE (notamment le volet financier), l'initiative "Territoires Zéro Chômeur de longue durée" n'est pas prête de voir le jour.

Nous avons soutenu ce projet porté par ATD Quart Monde. Nous considérons aujourd'hui qu'il s'agit d'une (nouvelle) usine à gaz. Une fausse bonne idée qui impose une multitude de conditions complexes à réunir. Pour sortir les Chômeurs du Chômage, il faut faire simple !

Mais cette complexité présente un avantage notable : Permettre aux personnalités qualifiées qui siègent au CESE (dont l'avis est consultatif) de justifier leurs confortables émoluments… financés par les impôts dont s'acquittent également Chômeurs et Précaires.
Répondre | Répondre avec citation |
 
 
+1 # Pili 2015-11-10 22:11 Bravo et Merci pour cette interpellation !
;-)
Répondre | Répondre avec citation |
 
 
0 # Artho 2015-11-11 12:58 Le financement, tout à fait ! D'autant, très curieusement, les finances des collectivités pas au rendez-vous à première vue :
www.lemonde.fr/politique/article/2014/10/14/collectivites-locales-alerte-aux-deficits_4505660_823448.html
Et d'autant également la bonne suggestion CONNUE faite par l'assos MFRB même si les montants proposés et étudiés dudit Revenu de base sont discutables voire, attaquables et peuvent être revus à la hausse.
revenudebase.info/tag/mfrb/
Personnellement , la question que je poserais à ceux et celles qui soutiennent ce projet de loi, en particulier ATD Quart Monde et certains députés est : ''Est-ce que ça ne vous gêne pas plus que ça, qu'à l'occasion de vos prises de position en faveur soi-disant des laissés pour compte, vos propres contradictions ou même, votre hypocrisie dévoilent que vous cherchez seulement à gagner du temps et à calmer la grogne et non pas tant que ça, à trouver des solutions ?''
Répondre | Répondre avec citation |
 
 
0 # Yves 2015-11-11 14:02 C'est un mauvais procès fait à ADT Quart Monde et aux élus locaux (sur ce projet "Territoires Zéro Chômeur"). Encore ta parano Artho. ;-)

Alors je t'explique : Cette initiative cible les zones rurales, très rurales même, les petites communes ou communautés de communes. D'un côté, il y a des besoins non satisfaits (exemple : entretien des bois, des campagnes, des chemins), il y a des artisans qui vivotent et pourraient développer leur activité, former quelqu'un… De l'autre, il y a des chômeurs de longue durée, souvent très isolés, très seuls, qui survivent au RSA.

Le but est de créer un cadre légal pour que ces besoins soient satisfaits et que les chômeurs retrouvent un emploi, en CDI, rémunéré au minimum au Smic.

J'ai rencontré des personnes impliquées dans ce projet : des maires, des artisans, des bûcherons…, enfin que des gens du peuple qui s'étonnent de voir leurs campagnes et leurs villages (monuments historiques, églises, fortifications, vieilles demeures…) de moins en moins entretenus alors qu'il y a de plus en plus de gens qui ne bossent pas.

Voilà en gros le projet d'ATD Quart Monde. Mais pour le mettre en œuvre, c'est une vraie usine à gaz. Il faut une loi spécifique pour que le RSA puisse entrer dans son financement (et trouver d'autres sources aussi).

Le CESE a rendu un avis favorable à une "expérimentation ". Rien de plus.  

Pour ma part, j'estime que ce projet a peu de chances de voir le jour. Ou alors il faudra 10 ans pour le rendre opérationnel (entre cadre législatif, expérimentation , validation, généralisation… ).

Même si l'idée de départ est juste (et louable), tout est devenu horriblement compliqué à mettre en œuvre en France.

ATD Quart Monde et élus locaux (qui y travaillent depuis 3 ans) ne sont pas responsables de cette lourdeur.
Répondre | Répondre avec citation |
 
 
+1 # Artho 2015-11-11 16:08 Selon la page 41 du doc au lien ci-dessous (étude pour 2010), il apparaît qu'une majorité de chômeurs habitent dans les zones urbaines. Donc, forcément, c'est là qu'on trouve le plus grand nombre de chômeurs longue durée. travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/ATLAS_DES_ZONES_D_EMPLOI_2010_couverture_incluse_-2.pdf Aussi, va savoir, que ce projet soit compliqué à mettre en place tient sans doute également, d'une part à ses limites géographiques qu'on cible mal (on sait ce qu'est un chômeur longue durée mais on ne sait pas ce qu'est un territoire à chômeur de longue durée) mais d'autre part, à qu'on ne sait pas comment, dans quelle proportion, qui et non plus, quel prix ce dernier est prêt à mettre sans parler des élus qui en ont assez des patates chaudes pendant que Président, ministres, députés, sénateurs, lobbys et patrons du CAC40 à Paris, détricotent le tissu social et se contentent d'occuper les plateaux télé. Répondre | Répondre avec citation |
 
 
0 # Yves 2015-11-11 17:47 Tu n'as pas tort sur le fond mais tu mélanges tout.

Que la majorité des chômeurs longue durée habitent en zones urbaines n'est guère étonnant. C'est le cas de la majorité de la population française.

"Territoires Zéro Chômeur longue durée" est initié par ATD Quart Monde et par une dizaine de "territoires", c'est-à-dire de communautés de petites communes rurales qui veulent expérimenter un nouveau dispositif. Donc ce projet est également porté par des élus, des maires, des conseillers départementaux…

Mais pour expérimenter en France, il faut une Loi. C'est ça le problème. Ça n'a rien à voir avec les lobbies, le CAC 40 ou toute autre chose.

Saisi par le Président de l'Assemblée nationale, le CESE n'a fait que donner un avis favorable à cette expérimentation , sous certaines conditions.

Mais je pense que ça n'ira pas plus loin. Enfin, on verra…
Répondre | Répondre avec citation |
 
 
0 # Yves 2015-11-20 16:30 Un communiqué d'ATD :

La proposition de loi «Zéro chômage de longue durée», portée par Laurent Grandguillaume, sera examinée par l'Assemblée nationale le mardi 24 novembre en séance publique à partir de 21h30. L'ensemble des acteurs de ce projet (associations partenaires, élus locaux, chômeurs et entrepreneurs) se félicite de son prochain examen.

L'expérimentation , initiée par ATD Quart Monde, a pour but de proposer, sur des territoires donnés, à tout chômeur de longue durée qui le souhaite, un emploi à durée indéterminée, adapté à ses compétences, sans surcoût pour la collectivité.

Il s'agit d'identifier les savoir-faire des personnes en recherche d'emploi et de créer des postes concordants selon les besoins du territoire. De nouveaux emplois utiles pourraient voir le jour dans les services à la personne ou aux entreprises, l'accueil, l'environnement, par exemple.

La réaffectation des coûts dus à la privation durable d'emploi (entre 15.000 et 17.000 euros par an par demandeur, voir notre étude macroéconomique ) financerait en partie la création de ces emplois délaissés faute de rentabilité.

Les premiers territoires engagés dans l’expérimentati on sont l’Ille-et-Vilaine, les Deux-Sèvres, la Nièvre, la Meurthe-et-Moselle et les Bouches du Rhône. D’autres territoires, urbains, sont à l’étude.

Le 10 novembre, le Conseil économique, social et environnemental , saisi par Claude Bartolone, a rendu un avis favorable à l'expérimentation . ATD Quart Monde sera vigilant pour que le texte reste fidèle au projet initial, respectueux des personnes.
Découvrez l'ensemble du projet sur Répondre | Répondre avec citation |
 

Votre avis ?

Que vous inspirent le Brexit et l'élection de Donald Trump ?
 

Zoom sur…

 

Ces associations qui se battent pour les chômeurs

Au nombre de quatre au niveau national, elles méritent la gratitude et l'adhésion de tous les précaires et privés d'emploi. Grâce à elles - il faut le dire -, en 2004, les «Recalculés» n'aura...

 

La lutte contre le chômage est une escroquerie intellectuelle

Vous estimez que la lutte contre le chômage n'est, visiblement, pas la priorité de ceux qui nous gouvernent ? Vous vous étonnez qu'il n'y ait, sur ce point et depuis si longtemps, jamais de projet ...

 

Pôle Emploi abandonne enfin la rétroactivité des radiations

A partir du 1er janvier, la décision de radiation prendra effet à compter de la date de sa notification au demandeur d'emploi, et non plus à la date du «manquement». Le décryptage de Recours-Rad...