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Zoom sur le Salaire à vie

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Nous avons rencontré l'économiste et sociologue Bernard Friot, qui nous a accordé une interview où il développe ce concept d'avant-garde sous son versant anticapitaliste.

Car le revenu universel, ou revenu de base, ou revenu d'existence, a deux visages. Celui du libéralisme bon teint, comme exposé dans le film-essai suisse réalisé par Daniel Häni et Enno Schmidt, très convaincant quand il s'agit de justifier le bien-fondé de ce «droit civique» novateur dans un contexte de chômage de masse et d'exclusion sociale persistants, où croissance ne rime plus avec créations d'emplois et où les machines remplacent les humains. On sourit quand, à la question : «Et si vous disposiez d'un revenu de base suffisant, iriez-vous quand même travailler ?», environ 60% répondent : «Oui, comme avant», environ 30% : «Oui, mais pas à plein temps» et 10% «Non». Alors qu'à la question : «Et si les gens touchaient un revenu de base leur permettant de vivre sans travailler, pensez-vous qu'ils continueraient à aller bosser ?», 90% des sondés soupçonnent les autres d'être des fainéants qui préfèreraient rester chez eux. Comme quoi il est nécessaire de rompre avec nos vieux schémas de pensée.

Mais le doute surgit quand on comprend qu'à travers ce modèle dit «bâlois», l'individu reste cantonné au rôle du consommateur qui doit continuer à faire tourner l'économie de marché et dont le pouvoir démocratique se situe «à la caisse»... Sous le prétexte louable de libérer l'homme du travail, et surtout du travail qui n'a pas de sens, sous le principe de déconnecter le travail du revenu, on assiste à l'élaboration d'un mode de financement qui propose une fusion de l'impôt sur le revenu et des cotisations salariales, sous forme d'un impôt unique sur la consommation géré par l'Etat via le fisc. On pense à la fameuse «TVA sociale» chère à Jean-François Copé, et on tique... Car la pression fiscale des entreprises sera transférée sur le consommateur, et on s'aperçoit que le montant de ce revenu — non défini — ne sera peut-être pas suffisant pour la compenser, donc «nous libérer [véritablement] de la dépendance salariale». Et du fait de ce revenu, contrairement à ce qu'on pourrait croire, les employeurs, bien que considérablement allégés de leurs cotisations sociales, ne seront pas forcément incités à mieux rémunérer leurs collaborateurs : on voit ce que ça donne avec la baisse de la TVA dans la restauration… et c'est pareil avec toutes les niches dont bénéficient les entreprises.

Bernard Friot nous donne sa version

Les mots sont importants et ceux qui nous dirigent le savent, eux qui les dévoient et pratiquent la manipulation sémantique pour formater nos esprits. Par exemple, il est usuel de parler de «charges», si pesantes pour les employeurs, au lieu des «cotisations patronales» (qui sont du salaire socialisé), alors que les véritables charges patronales pour l'entreprise sont les dividendes distribués aux actionnaires. De même, on a tendance à dire : «Je n'ai pas de travail», alors que c'est «Je n'ai pas d'emploi» qui est approprié.

D'abord, distinguons le revenu du salaire, et le poste de travail de la qualification :




Ensuite, distinguons le travail de l'emploi.
Bernard Friot propose d'en finir avec l'emploi et son «marché du travail», de mutualiser les cotisations salariales + une cotisation économique (question de rétablir ce que les actionnaires ont volé au salariat depuis les années 80) sur la valeur ajoutée, et de confier la gestion du Salaire à vie à la Sécurité sociale :



A vous de vous faire une idée, et n'hésitez pas à poster un commentaire.

Enfin, pour ceux/celles qui s'imaginent encore que ce salaire universel les empêchera de "travailler" et nuira à la productivité du pays, répétons que rien n'est plus faux : chacun aura, simplement, le choix et la maîtrise de son travail, qui ne sera plus subi et/ou dévalorisé. Au contraire, avec un salaire universel, le travail redeviendra motivant.

SH/PS

Post-scriptum :
• Si vous en redemandez, lisez cette interview de Bernard Friot parue en novembre dernier.
• Sinon, courant mars, nous allons rencontrer Jacques Berthillier et Yoland Bresson, de l'Association pour l'Instauration d'un Revenu d'Existence (AIRE). De quoi confronter les points de vue. À suivre...

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Mis à jour ( Dimanche, 03 Avril 2011 04:12 )  

Commentaires 

 
# pat-du49 2011-02-19 10:42 donc ok salaire, investissement j'ai compris grosso modo.

mais ou ça pose des questions, c'est sur le patrimoine.

quasi tout le monde accede à la propriété ?
et le locatif, reste donc dans le domaine public, collectif ?
on interdit donc la rente, par exemple immobilière ?

là ou Jean Luc melanchon dit on prend tout au delà de 30000€, Bernard Friot prend tout au delà de 8000€ si j'ai bien tout compris ?

et on fait comment niveau immigration ?
il a le droit à quoi, le mec qui arrive, d'un pays, en fuyant la misère ? … car si pas fait au niveau mondial ou européen, ça fera envie 2000€ de salaire minimum garantie à vie.

donc sinon pu de TVA, pu d'impots, ni rien dans ce système, c'est du NET d'impots le salaire à vie.

faudrait prendre exemple concret pour mieux comprendre ..

je sais pas une usine de chaussettes, un "dirigeant, responsable" par exemple 8000€ des ouvriers par exemple 4000€, l'usine appartient à qui ? on s'en moque donc …
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# pat-du49 2011-02-19 10:48 ensuite l'usine produit 20 000 paires de chaussettes vendues 10€ la paire, soit 200 000€ de chiffre d'affaire.

10 ouvriers/employés à 4000€ un responsable à 8000€
salaires disont 48 000€

reste 152 000€ qu'on répartit comment et ou ?
50% mutualisés, pour les salaires à 2000€ de ceux qui "travaillent pas"
50% pour payer services publics (salaires, matériel, infrastructures , hopitaux etc santé … )

j'ai pigé ou pas ?
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# pat-du49 2011-02-19 11:50 autrement un petit esprit contradicteur Bernard
à un moment il dit "faut pas parler d'emploi" .. mais de travail, ensuite sophie tu dis donc le mot "travail" lui dit non non "emploi" lol pas "travail" ..
à force de vouloir mettre trop d'importance aux mots, y a de quoi perdre la boule ..
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# superuser 2011-02-19 16:33 Non, au contraire, il a eu raison de me reprendre : il faut être vigilants avec nos tics de langage et corriger ce qui s'avère inexact. Utiliser les mots justes est important. Répondre | Répondre avec citation | Citer
 
 
# pat-du49 2011-02-20 04:58 "Ses recherches portent sur la sociologie du salariat et la comparaison des systèmes de protection sociale en Europe."

sur son profil Wikipedia.

en attendant le salaire à vie, si ses études à Bernard sont publiées, en ligne, ça serait interressant de les voir.

ça ferait si elles sont correctement faites, tomber surement des clichés et des propagandes, à propos du système Français, ou à écouter certains politiques, il serait le meilleur au monde etc etc …

puisqu'il enseigne, j'aimerai bien voir comment il enseigne aux jeunes, à comment vivre avec ZERO€ en France, quand on a 22 ans, issu d'un milieu défavorisé, ou en rupture familiale, ou sans toit etc ..

sans se retrouver en prison, en restant dans la légalité, etc ..

et j'espère qu'il à interpellé les différents gouvernements sur ce sujet, depuis le PS ou c'etait déjà comme ça, jusqu'à aujourd'hui l'ump ..
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# Mentor 2011-02-24 23:12 Sur le fond de l'objectif économique, Bernard FRIOT développe un concept qui me semble judicieux et plein de bon sens pour sortir du système capitaliste. Par contre, après une écoute attentive et au mot près, la forme de son argumentation n'est pas totalement exacte. Un exemple : Le salaire est un…revenu du travail, au sens économique. Sur les trois types de revenus que nous enseignons en cours d'économie, il y a les revenus du travail (salaire ou revenus de transfert - exemple, indemnités chômage), les revenus de propriétés (immobilier ou financiers) et les revenus mixte (exemple : commerçant).
D'autres approximations sont évoqués. Mais sur le fond, je le redis, il évoque un changement plus que nécessaire sur notre fonctionnement économique. Son argumentation est complémentaire avec celle de l'AIRE et le "revenu minimum d'existence". Je suis convaincu que nous pouvons faire le lien avec ces deux propositions, pour en faire une seule dans notre PACTE pour 2012…
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# S-A-G 2011-03-08 10:53 Cette histoire de qualification est absurde.
Qui sera là pour évaluer la qualification ?
A 18 ans, en plus !!
SI l'on est pas obligé d'avoir un emploi tout le monde voudra étudier pour acquérir la qualification la plus haute qui correspondra au salaire le plus haut.
C'est une sorte de délire qui tourne à l'eugénisme.
Le mérite du système libéral est justement d'essayer de faire correspondre les revenus de chacun avec ce qu'il apporte à la société.
Bien sûr, ça ne marche pas parce qu'aujourd'hui le travail détruit le monde et le lien social.
Néanmoins le système perdure parce qu'il réussit à obliger les gens à travailler.
De toute façon le problème c'est le travail, c'est pas le salaire.
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# superuser 2011-03-08 17:00 Le mérite du système libéral est justement d'essayer de faire correspondre les revenus de chacun avec ce qu'il apporte à la société.
Ah ouais ??? Vraiment ?

Bien sûr, ça ne marche pas parce qu'aujourd'hui le travail détruit le monde et le lien social.
Euh… le travail, ou l'emploi ?

Néanmoins le système perdure parce qu'il réussit à obliger les gens à travailler.
Vous voulez dire : il oblige les gens à aller se faire exploiter ?

De toute façon le problème c'est le travail, c'est pas le salaire.
Ah bon ????

S-A-G, niveau idiotie, cette fois-ci vous vous êtes surpassé !
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# S-A-G 2011-03-08 17:58 "Le mérite du système libéral est justement d'essayer de faire correspondre les revenus de chacun avec ce qu'il apporte à la société.
Ah ouais ??? Vraiment ?"

-Oui ! Etudiez l'histoire de la révolution française, vous verrez. On quitte un système de caste, dans lequel votre gourou voudrait nous faire revenir.

"Bien sûr, ça ne marche pas parce qu'aujourd'hui le travail détruit le monde et le lien social.
Euh… le travail, ou l'emploi ?"

Le travail, précisément, c'est-à-dire le fait de produire.

"Néanmoins le système perdure parce qu'il réussit à obliger les gens à travailler.
Vous voulez dire : il oblige les gens à aller se faire exploiter ?"

Oui et non, c'est une question de point de vue.
"De toute façon le problème c'est le travail, c'est pas le salaire.
Ah bon ????"

Oui, étudiez un peu les thèses de la décroissance.
"S-A-G, niveau idiotie, cette fois-ci vous vous êtes surpassé !"

Je ne réponds pas aux insultes.
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# superuser 2011-03-08 23:15 Depuis la Révolution française, on a quitté un système de caste pour retomber dans d'autres… Aujourd'hui, les castes dirigeantes sont la finance, le patronat, les politiques et les médias, et comme au bon vieux temps, elles sont endogènes.

Le système libéral, malgré les mérites que vous lui trouvez, a la fâcheuse tendance à créer/recréer des inégalités à l'infini. Rares sont les personnes dont les revenus correspondent à ce qu'ils apportent à la société : au contraire, ce sont les plus nuisibles à la collectivité qui se taillent la meilleure part du gâteau tandis que les plus utiles sont les moins récompensés !

www.actuchomage.org/2010061711371/La-revue-de-presse/les-boulots-les-plus-utiles-sont-les-moins-payes.html

Si c'est le fait de produire (ce que vous appelez "travail") qui pose problème et que vous évoquez les thèses de la décroissance, alors oui : cessons de produire. Ne produisons que ce dont nous avons réellement besoin, et vivons frugalement (je ne suis pas contre : c'est ce que je fais depuis 8 ans et j'en suis fière). Finissons-en avec la société de consommation, et avec ces castes dirigeantes qui s'en nourrissent à nos dépends.

Si vos propos étaient clairs et étayés dès le départ, je ne serais pas vexante. Si vous voulez qu'on vous comprenne, allez au bout des choses.
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