Les agences de notation ont permis à l’Unedic d’emprunter 6 milliards d’euros entre décembre 2009 et janvier 2010. En octobre dernier, une nouvelle fois, l’Unedic se félicitait d’avoir obtenu trois fois «AAA» de la part des trois principales agences de notation : Moody's, Fitch, Standard & Poors. Grâce à cette note, les investisseurs vont à nouveau se bousculer pour venir à la soupe !
L’Unedic est un organisme paritaire (réunissant syndicats de salariés et représentants du patronat) chargé de récolter les cotisations sociales dédiées à l’assurance chômage et de les redistribuer aux privés d'emploi. Jeudi 3 mars 2011, l’Unedic se réunit à huis-clos au siège du Medef afin de décider du sort des 4,5 millions de chômeurs. La cuisine durera jusqu’au 10 mars, date limite pour se mettre d’accord sur une nouvelle convention.
Alors que seulement 4 chômeurs sur 10 sont aujourd’hui indemnisés par le régime, près d’un million de chômeurs sont arrivés en fin de droit en 2010 et n’ont plus rien dans leur assiette. Presque autant devraient subir le même sort cette année.
Nous ne sommes pas des andouillettes AAA !
L’Unedic nous dit que c’est la pénurie dans ses caisses. En effet, alors que la crise produit de nombreux chômeurs, elle entraîne la baisse du nombre de cotisants. Or, plutôt que de chercher l’argent là où il se trouve, plutôt que de puiser de nouvelles sources de financement auprès de l'actionnariat, l’Unedic, cuisinée par les grands patrons et leur commis la CFDT, a fait le choix de profiter du déficit pour engraisser les spéculateurs sur le dos des chômeurs en empruntant sur les marchés financiers internationaux.
Désormais, la protection sociale, c’est rentable !
Mais à qui profite tout ce magot qui va permettre à l’Unedic d’afficher un excédent ? Aux chômeurs, qui seront mieux et plus longtemps indemnisés ? Pas du tout : le Medef a fixé une clause de la convention qui prévoit qu’en cas d’excédent, il y aura une baisse des cotisations patronales… ce qui signifie la baisse des allocations chômage. Cerise sur le gâteau : c’est aux salariés de rembourser les taux d’intérêt. Les marchés financiers peuvent remercier les chômeurs et tous les salariés !
Si les syndicats du patronat refusent de partager le gâteau, il ne faut pas prendre les précaires pour des andouilles ! La moutarde nous monte au nez, et nous refusons qu’ils spéculent sur notre protection sociale !
Nous demandons à l’Unedic :
• une augmentation de la durée d’indemnisation des chômeurs et une hausse des allocations,
• le recours à de nouvelles sources de financement : taxation des profits financiers, augmentation des cotisations patronales,
• l’arrêt du financement via les marchés financiers,
• la participation de représentants des associations de chômeurs aux négociations de la convention d’assurance chômage.
Rendez-vous pour une action surprise demain matin, jeudi 3 mars 2011 à 10H, place de la République, sur le terre-plein central à côté du manège.
Apportez des andouillettes AAA, de la cellophane et des faux billets…
Le collectif Droits Nouveaux (AC!, MNCP, APEIS, CIP-IdF, L'Appel et la Pioche, Actuchomage, Réseau Stop Précarité, CNDF, Fondation Copernic, DAL, MQJS, SNU-Pôle Emploi, Union Syndicale Solidaires…)
NOTRE COMPTE-RENDU EN VIDÉO :
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Commentaires
Les chômeurs ne veulent pas être traités comme des andouillettes. Une trentaine de membres de l'association «L'appel et la pioche» ont fait irruption ce jeudi matin dans les bureaux de l'agence de notation Fitch Ratings, située dans un immeuble cossu du 8e arrondissement de Paris. Ils voulaient dénoncer d'une manière spectaculaire les trois «A» accordés par cette agence à l'Unedic, qui ont permis à celle-ci d'emprunter une forte somme d'argent sur les marchés financiers pour indemniser les chômeurs.
Les manifestants craignent que, pour répondre aux critères de l'agence de notation, l'Unedic les indemnise moins. Ils ne veulent pas que leur sort soit livré aux spéculateurs et réclament de connaître les critères fournis par l'Unedic afin de décrocher sa bonne note. Ils ont donc dispersé des tas de faux billets dans les locaux de Fitchs Ratings, mais ont également brandi de vraies andouillettes, clamant qu'ils ne voulaient pas être classés de la même façon (le nombre de «A» figurant sur l'étiquette détermine en effet la qualité du produit). Le directeur leur a remis le rapport qui a étayé la notation et les chômeurs ont quitté les lieux, désertés par les employés.
LeParisien.fr
Voir également l'article de Politis : www.politis.fr/Assurance-chomage-l-Unedic-leve,13283.html Répondre | Répondre avec citation | Citer
Ces négociations se déroulent toujours au siège du Medef, avenue Bosquet. Jamais à Montreuil ou à Belleville (c'est pas assez chic pour le patronat). Répondre | Répondre avec citation | Citer
LE CHOMAGE NE PEUT PAS ETRE LE PROBLEME DU PATRONAT QUI LICENCIE SON EMPLOYE ET APRES DONNE SON AVIS SUR SON DEVENIR.
LE CHOMAGE EST UN PROBLEME DE SOLIDARITE NLLE ET DOIT ETRE PAYE PAR LA NATION;
LE MINISTERE DU TRAVAIL DOIT NEGOCIER DIRECTEMENT AVEC LES SYNDICATS ET LE GOUVERNEMENT PREND LA RESPONSABILITE FINALE .(NOS ELUS DEPUTES ET SENATEURS SONT PAYES POUR VEILLER AUX BONNES DECISIONS BUDGETAIRE). UN CHOMEUR DOIT ETRE CONSIDERE COMME UN FONCTONNAIRE AVEC DU RESPECT, UN REVENU ET DES OBLIGATIONS D'INTERET GENERAL EN CONTRE PARTIE;
CORDIALEMENT Répondre | Répondre avec citation | Citer
Les mêmes méthodes: salariés précaires, jetables.
Demander à l'Etat sarkozyste de prendre toutes les décisions
concernant l'indemnisation du chômage ce serait la même chose que
demander à Parisot du MEDEF de s'en charger elle-même.
Si vous avez des élections cantonales en mars 2011, profitez en pour mettre une bonne baffe électorale à la droite.
@AESCHIMANN:
Le STO non merci.
Assez de faire croire que si on est chômeur c'est qu'on a commis une faute qu'on devrait payer.
Pour les patrons, les salariés sont du bétail. Une partie du bétail humain (essentiellemen t parce qu'il est surnuméraire) va à l'abattoir social, ils appellent cela le chômage, condamnant les victimes à une mort sociale presque certaine. Répondre | Répondre avec citation | Citer
Alors quelles sont les autres moyens de se financer. 1. Lever des fonds prives? Personnes ne va apporter de l'argent frais a ce niveau de rentabilite. 2. Redistribuer des ressources etatiques? oui mais ou? L'etat est dans une telle situation d'appauvrissement qu'il est difficile d'apporter une solution.
En attendant, l UNEDIC survit et c est bien grace au marche financier.
Le recours a la dette ne devrait pas couter plus cher au contribuable tant que l etat reste garant de l UNEDIC. Si la notation de l etat baisse, il sera alors louable de remunerer les preteurs pour un niveau de risques coherent! Répondre | Répondre avec citation | Citer
C'est un raisonnement curieux. Répondre | Répondre avec citation | Citer
Je pense que l'Unedic devrait arrêter de faire de la lèche aux agences de notations et décider, par exemple, de taxer les entreprises qui usent et abusent des contrats précaires : déjà, ça lui rapporterait quelques milliards ! Avant d'aller emprunter sur les marchés financiers, il y a d'autres moyens de dégager des recettes.
Et pour votre gouverne, ne confondez pas la dette publique et la dette sociale : l'Unedic, ce n'est pas l'Etat mais un organisme paritaire qui gère des cotisations issues du travail salarié. Répondre | Répondre avec citation | Citer