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L'intérim, premier employeur de France

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Plus de 650.000 Français travaillent en intérim, soit 23,8% de plus que l'an dernier. Voici l'interview d'un spécialiste en recrutement et gestion de carrière qui, partant d'un diagnostic socialement juste, préconise des mesures… antisociales.

«La moitié des intérimaires pourrait être embauchée en CDI ou en CDD», estime Jean-Christophe Le Feuvre, Pdg de Piana RH Group, qui plaide pour un assouplissement du marché du travail.

Capital.fr : L'intérim est souvent présenté comme une passerelle vers un emploi durable. Pourquoi vous opposez-vous à cette idée ?

Jean-Christophe Le Feuvre : L'intérim est une exception française. La France représente 35% du marché mondial de l'intérim. Or, ce n'est pas un bon moyen d'insertion. Bien au contraire, le travail temporaire favorise la précarité des salariés. Il n'est pas rare de voir des candidats cumuler 5 à 6 années de missions. D'ailleurs, les trois-quarts des intérimaires préféreraient un emploi durable. Le pire, c'est qu'une fois entrés dans la spirale de l'intérim, ils ont peu de chance d'en sortir. Beaucoup d'employeurs refusent de les embaucher, convaincus à tort qu'ils auront du mal à s'intégrer. Mais s'attaquer à ce système fait peur car avec plus de 650.000 salariés, il s'agit du premier employeur français.

Comment expliquez-vous un tel succès ?

Depuis 2008, les 6.000 agences d'intérim peuvent effectuer des recrutements en CDI ou en CDD. Mais elles ne le font pas car il est plus rentable pour elles de placer des intérimaires. Un contrat en intérim leur rapporte environ 1.500 euros par mois, contre 5.000 euros par candidat pour un CDI. Les grands groupes d'intérim utilisent donc le recrutement pour attirer des demandeurs d'emploi vers le système intérimaire, en leur présentant des missions comme une pré-embauche.

L'intérim n'est-il pas une variable d'ajustement utile pour les entreprises ?

Effectivement, mais les chefs d'entreprise ont surtout peur de recruter en CDI, car ils ne peuvent pas mesurer quel sera le coût d'un éventuel licenciement. Pour éviter les complications et les lourdeurs administratives, ils se tournent donc vers l'intérim, plus flexible.

Que préconisez-vous pour limiter le recours à l'intérim ?

Commençons par rendre le droit du travail moins rigide et moins conflictuel. La rupture conventionnelle est un premier pas.
En théorie, la loi limite le recours à l'intérim au remplacement d'un collaborateur absent ou d'un surcroît d'activité. Mais elle est largement détournée. Il faudrait limiter la durée des missions à un mois, et au-delà obliger les employeurs à les requalifier en CDD.
Au-delà, une réforme de l'indemnisation des chômeurs s'impose, avec notamment des sanctions en cas de refus de poste. A mon échelle, sur les 5.000 emplois que nous proposons chaque année, 30% ne trouvent pas preneurs. Soit les candidats ne sont pas assez mobiles, soit le salaire est inférieur à leurs prestations Assedic. C'est une aberration.

(Source : Capital)


NDLR : D'abord, les sanctions en cas de refus d'emploi existent déjà. Ensuite, si 30% des postes que Monsieur Le Feuvre propose ne trouvent pas preneurs parce qu'en partie les rémunérations qui leur sont assorties sont inférieures au montant des allocations chômage des candidats (rappel : cette indemnisation ne représente déjà plus que 75% du salaire net mensuel antérieur), voici la solution pour sortir de cette aberration : Augmentez les salaires !
Enfin, parmi les solutions efficaces visant à limiter le recours à l'intérim, Monsieur Le Feuvre oublie la surcotisation employeurs proposée par les syndicats de l'Unedic, mais qui se heurte au refus… du patronat.



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Mis à jour ( Mercredi, 11 Juillet 2012 00:14 )  

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