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Préretraites : comment l'Etat a levé le pied

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Les entreprises n'ont jamais assumé les conséquences de leurs choix économiques ou sanitaires, l'Etat venant toujours à la rescousse. Or, depuis dix ans, l'Etat lève le pied et il n'y a rien derrière, sinon le chômage pour des seniors plus ou moins usés dont personne ne veut, censés être remplacés par des jeunes dont personne ne veut non plus...

Aujourd'hui, l'Etat finance dix fois moins de préretraites qu'il y a dix ans, ce qui s'accompagne depuis 2002 d'une augmentation "très sensible" du chômage indemnisé parmi les plus de 55 ans, selon une étude du ministère du Travail.

En 2008, 8.260 salariés du privé — principalement d'ex-travailleurs exposés aux dangers de l'amiante — sont entrés dans un dispositif de préretraite financé en partie ou en totalité par l'Etat, contre 10.400 en 2007 et 78.780 en 1998, selon le département statistique du ministère (DARES).

Fin décembre 2008, la métropole comptait 62.388 préretraités du privé dans un dispositif faisant intervenir l'Etat, contre 237.715 en 1996. En 2008, 72% des entrées ont été le fait de travailleurs de l'amiante ayant travaillé dans un établissement leur faisant courir un risque élevé de développer un cancer à la suite d'une exposition à ce matériau, omniprésent dans l'industrie et interdit depuis seulement 1997 en France. Selon l'étude, la dépense pour l'Etat s'est élevée à 451 millions d'euros, hors cessation d'activité amiante, contre plus de 2 milliards d'euros en 2002.

L'Etat a mis en place à partir de 1963 des dispositifs de préretraites (Allocation spéciale du Fonds national de l'emploi, AS-FNE) et jusqu'aux années 2000, aux sigles divers (PRP, ARPE, CAATA, CATS) pour limiter l'impact des licenciements. Les bénéficiaires sont surtout des hommes de 57 à 59 ans, et ouvriers. Il était communément admis que cela favoriserait l'embauche de salariés plus jeunes, et devait servir aussi à permettre à des salariés ayant connu des conditions de travail éprouvantes, voire dangereuses, de s'arrêter.

Les conditions d'accès aux dispositifs ont ensuite été restreintes, la charge financière étant alourdie d'autant pour les entreprises, avant un coup d'arrêt en 2003.

Certaines entreprises, surtout les grandes, continuent d'organiser le départ de salariés âgés en préretraite sans aucun recours à un financement public (préretraite maison, dispense d'activité, congé de fin de carrière). Elles doivent payer une taxe au Fonds de solidarité vieillesse, augmentée en 2007.

(Source : Les Echos)
Mis à jour ( Mercredi, 01 Juillet 2009 18:16 )  

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