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Accueil Social, économie et politique Ceux qui voient des «signes de reprise» sont des affabulateurs

Ceux qui voient des «signes de reprise» sont des affabulateurs

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En France ou ailleurs, ils sont nombreux à minimiser les effets de la récession, à dire que «le plus dur est derrière nous» et à même entrevoir «le bout du tunnel». Mais, selon le directeur général de l'Organisation internationale du travail, il faudra attendre jusqu'à 8 années pour retrouver le niveau d'emploi d'avant la crise !

En deux trimestres, le capitalisme antisalarial — système vicié qui enchaînait régulièrement les crises avant de provoquer aux Etats-Unis une crise du surendettement, puis la crise financière, économique et sociale majeure que nous subissons aujourd'hui — nous a fait basculer plus de trois ans en arrière, et l'activité a chuté dans des proportions sans équivalent depuis la Seconde Guerre mondiale.

Dans son dernier numéro, Alternatives Economiques évoque «plusieurs années pour regagner le terrain perdu en termes de production et d’emploi». «Le moment de la reprise demeure incertain. Dans le meilleur des cas, nous touchons peut-être au fond de la récession, mais pas à sa fin. Et si les plus optimistes prévoient un retour à une croissance positive avant la fin de cette année, il faudra deux, trois, voire cinq ans pour remonter la pente et retrouver le niveau de production antérieur à la chute», précise lucidement le magazine.

Un décalage ignoré par les politiques

Juan Somavia, diplomate chilien qui dirige l'OIT depuis 1999, n'y va pas avec le dos de la cuillère. Ouvrant la Conférence annuelle des 183 membres de sa vénérable organisation, il a prévenu : «Le monde peut avoir devant lui une crise de l'emploi et de la protection sociale d'une durée de six ou huit ans». «Il y a de premiers signes bienvenus que la récession ralentit, que la chute libre se freine», reconnaît-il. Cependant, il déplore que «les leaders politiques n'ont pas prêté suffisamment d'attention aux implications humaines et sociales du décalage» entre récupération économique et reprise du marché de l'emploi.

«Pourtant, le monde aurait besoin de créer environ 300 millions de nouveaux emplois d'ici 2015, ne serait-ce que pour absorber l'arrivée sur le marché du travail de 45 millions de personnes supplémentaires chaque année», a-t-il relevé. Or, «les choses vont dans la direction opposée» : l'économie mondiale va se contracter de 1,3% cette année, les faillites augmentent de façon «exponentielle» et le chômage risque d'augmenter encore en 2010 et en 2011.

«Le manque d'emploi et de protection sociale nourrit l'instabilité. Les ferments de la violence, de l'agitation sociale, de la tourmente politique prolifèrent», a-t-il mis en garde en faisant appel à une «solidarité minimum avec les personnes les plus vulnérables». Dans ce but, M. Somavia a préconisé aux membres de l'OIT, réunis jusqu'au 19 juin à Genève, d'adopter un «Pacte mondial pour l'emploi» ayant pour priorité de «faire passer en premier les personnes, pas seulement le dire mais le faire». Sera-t-il entendu ? Nous en doutons.
Mis à jour ( Mercredi, 03 Juin 2009 17:59 )  

Commentaires 

 
0 # tristesir 2009-06-03 17:18 En outre, L'impression de reprise ou une accalmie de la <> ne pourrait être que très provisoire comme ce fût le cas début 1998 dans la <>… Répondre | Répondre avec citation |
 
 
0 # superuser 2009-06-05 22:01 Le nombre de défaillances d'entreprises en France, déjà en hausse de 15% en 2008, devrait croître de 25% cette année et franchir le niveau historique de la dernière récession de 1993 pour atteindre 73.000, selon Euler Hermes SFAC. Et dans le monde, il devrait croître de 35%.

L'Indice global des défaillances (IGD) de Euler Hermes SFAC, qui synthétise l'évolution des défaillances d'entreprises dans le monde, est ressorti en hausse de 27% en 2008. Cette tendance devrait s'accélérer en 2009, où le nombre de défaillances d'entreprises dans le monde pourrait croître de 35%, selon la société d'assurance-crédit. "En se prolongeant dans la durée et en se propageant progressivement à la majorité des secteurs d'activité, la contraction des pays développés et au mieux la forte décélération des pays émergents risquent en effet d'accentuer le rebond des défaillances d'entreprises cette année", explique Euler Hermes SFAC dans un bulletin prévisionnel publié le 4 juin.

La France ne sera pas épargnée par cette tendance. L'an passé, quelque 57.700 procédures ont été prononcées par les tribunaux de commerce, qui se répartissent à hauteur des deux tiers en liquidations, un tiers en redressements judiciaires et 1% en sauvegardes. Le nombre de défaillances s'est inscrit en hausse de 15% par rapport à 2007.

L'augmentation de la sinistralité s'est étendue à l'ensemble des entreprises sans distinction de taille, avec cependant une augmentation significative du nombre d'entreprises employant plus de 100 salariés, ce qui alourdit les conséquences en termes d'emploi avec près de 218.800 salariés directement concernés.

La détérioration de la solvabilité des entreprises s'est propagée en 2008 à tous les secteurs d'activité. Comme en 2007, la construction et l'immobilier ont largement contribué à l'augmentation générale des dépôts de bilan de 2008, ces deux secteurs représentant 30% des défaillances nationales et 25% des effectifs salariés. Dans l'industrie, la remontée des défaillances (+ 4%) met fin à quatre années de repli. Dans les transports (+ 23%), après avoir été pénalisées par la hausse du gasoil, les entreprises sont confrontées à la contraction des volumes transportés. Enfin, la hausse de la sinistralité dans le commerce de détail (+ 23%) et la restauration (+ 26%) reflète le net ralentissement de la consommation des ménages.

Les PME, en fin de trésorerie, ne peuvent plus payer leurs dettes

"Cette année, l'explosion des défaillances d'entreprises va se poursuivre dans les secteurs de l'immobilier et du bâtiment, du commerce de détail et surtout de l'industrie, automobile mais aussi de biens intermédiaires, de transformations de métaux, etc.", commente Karine Berger, directrice des études d'Euler Hermes SFAC.

Pour l'année 2009, "aucune amélioration réelle n'est envisagée avant la fin de l'année, les mesures du plan de relance et de soutien aux entreprises mettront du temps à produire des effets", souligne Karine Berger. "Beaucoup de PME françaises, qui contrairement aux PME allemandes ne sont pas assez capitalisées en fonds propres, arrivent cette année au bout de leurs ressources de trésorerie, ajoute-t-elle. Ne voyant pas de reprises de leur chiffre d'affaires, elles vont être dans l'incapacité de payer leurs dettes et vont devoir se mettre en situation de redressement ou liquidation judiciaire."

Euler Hermes SFAC s'attend à une progression annuelle de 25% du nombre de défaillances dans l'Hexagone, qui frôlerait la barre des 73.000, dépassant ainsi le niveau historique de la dernière récession de 1993 (plus de 64.800 défaillances). 2010 ne s'annonce guère mieux, avec une prévision de hausse de 10% du nombre de défaillance en glissement annuel.

(Source : L'Expansion)
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0 # superuser 2009-06-06 15:03
Ecoutez aussi le sociologue Paul Jorion sur Parlons Net :

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Jorion ne croit pas à la reprise que certains entrevoient déjà. C'est de la «propagande», dit-il : «La crise sera longue : peut-être 5 ans, peut-être 15 ans… C'est une crise en "W", mais la deuxième branche du "W" sera pire que la première. (…) Tout le monde fait la claque, tout le monde dit "c'est formidable"… C'est bidon !»

Selon lui, les gouvernements ont mal géré cette crise, «avec une part d'incompétence et une part de méchanceté». La méchanceté ayant consisté à mettre l'intérêt des banquiers avant celui des particuliers en difficulté : «Une autre voie aurait pu consister à faire une croix sur leurs impayés».
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