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Le chômage devrait «se stabiliser» en 2008

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«Se stabiliser» est un euphémisme qui masque le fait que le chômage cesse de baisser - donc, qu'il remonte - et que cela risque de durer certain temps, sinon un temps certain.

Tout est dans les mots. On nous dit : «Dans sa note de conjoncture publiée ce vendredi, l'INSEE prévoit une stabilisation du chômage au premier semestre 2008 "autour de 7,5%" de la population active en France métropolitaine». Déjà, quand on élude les DOM, le chiffre paraît plus glorieux. François Fillon avait déjà utilisé un subterfuge similaire en annonçant début mars «un taux de chômage [tombé] à 7,5% fin 2007» alors qu'il ne s'agissait que du résultat… du dernier trimestre, toujours hors DOM, bien sûr. En réalité, l'INSEE a établi le taux de chômage moyen pour 2007 à 8% de la population active en métropole et à 8,3% avec les DOM. Mais si on interroge les passants dans la rue, c'est le «7,5%» qu'ils ont mémorisé.

On nous dit aussi : «Après deux années de baisse ininterrompue…». Mais on sait que derrière ce recul obtenu à grands renforts de manipulations statistiques, de coercition et de radiations, plus de 70% des postes créés furent des CDD, des missions d'intérim et des emplois de service (1). Les emplois détruits sont les emplois de qualité; les nouveaux emplois sont précaires, sous-payés, à temps partiel, encouragés par les gouvernements - de gauche comme de droite - à grands renforts d'allègements de cotisations, pour faire baisser le chômage.

Présentés par Mme Lagarde et M. Fillon sous leur aspect purement quantitatif - sinon, ça foutrait tout en l'air… -, les «records» de 2007 ne sont que des leurres martelés pour détourner l'opinion de la dégradation de l'emploi en France. Et c'est un succès : le chômage n'est plus la première préoccupation des Français, il ne fait plus la Une des médias. Dans l'esprit des gens, il serait même pratiquement éradiqué. Et quand, pour 2008, le BIT prévoit 5 millions de chômeurs en plus dans le monde et qu'en France, l'INSEE et l'Unedic prévoient à l'unisson un sérieux ralentissement de la création d'emplois et des embauches - notamment à cause des heures supplémentaires - tout en minimisant l'impact de ce revirement, on sait que le sous-emploi précaire sera la norme et que le «C'est toujours mieux que rien» a de beaux jours devant lui, surtout avec le futur RSA de M. Hirsch qui institutionnalise l'emploi en miettes combiné à l'assistanat.

Depuis Borloo et Villepin, tous se glorifient de cette baisse qui fut aussi laborieuse qu'artificielle. Pourtant, en ce qui concerne les créations nettes globales, la législature Chirac a été totalement affligeante. D'abord, les effets du «retournement conjoncturel 2001-2003» n'ont jamais été compensés, surtout pour ceux qu'il a piégés et sont devenus chômeurs de très longue durée, condamnés à accepter des contrats aidés ou des jobs au rabais. Ensuite, depuis 2004, si l'emploi s'est mollement ressaisi, grâce au chômage de masse il s'est surtout considérablement dégradé et les créations n'ont jamais été à la hauteur des pertes. La législature Sarkozy continue de surfer sur une fausse embellie qui, aujourd'hui, marque le pas.

Enfin, 7,5% passe pour un chiffre acceptable alors qu'il ne l'est absolument pas !!! 7,5% de chômeurs officiels, ça reste énorme, surtout quand on sait qu'il y a derrière tout autant de chômeurs qu'on a rendus invisibles (1). Avec la mauvaise conjoncture que tous admettent désormais, cette imposture ne saurait durer.

(1) Il est indispensable de rappeler que, pour récolter les chiffres de la création d'emplois, toutes les catégories de postes sont recensées : CDI, CDD, intérim, temps plein, temps partiel… même les plus indignes sont comptabilisés. Alors que pour les chiffres du chômage, on ne recense qu'une certaine catégorie de privés d'emploi et on ignore toutes les autres !

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Mis à jour ( Vendredi, 21 Mars 2008 11:36 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2008-03-22 15:38
A fin décembre 2007, 15,7% des salariés du privé hors agriculture travaillaient à temps partiel, phénomène surtout répandu dans les services aux particuliers (31,1%), l'éducation, la santé et l'action sociale (30,1%).

Le temps partiel a encore progressé en France par rapport à fin 2004 (14,6%), fin 2005 (15%) et fin 2006 (15,4%).

Même progression pour les CDD : à fin 2007, ils concernaient 6,9% des salariés en moyenne contre 6,6% fin 2006, 6,4% fin 2005 et 6,6% fin 2004.

(Source : DARES)
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