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Accueil Social, économie et politique Baisse du chômage : pour combien de temps ?

Baisse du chômage : pour combien de temps ?

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Le chômage baisse depuis un an, nous dit-on (en réalité, on est péniblement revenus au taux de 2002 et la précarité s'est massifiée). Mais avec les milliers de suppressions d'emplois qui se profilent à l'horizon, la pérennité de la "pente vertueuse" tant vantée par les Breton-Borloo-Larcher et Cie semble fort peu probable.

Aubade qui délocalise et supprime 180 postes, Yoplait qui licencie 220 personnes, 300 emplois supprimés chez Total Petrochemicals France, de 550 à 1.000 à la Fnac sur 3 ans… Très vite, ce n'est plus par centaines mais par milliers que des entreprises affichent leurs intentions : des milliers d'emplois sacrifiés chez Airbus, 3.000 emplois menacés chez les câblo-opérateurs et leurs sous-traitants, plus de 5.000 suppressions d'emplois chez les équipementiers automobiles, 7.000 dans l'industrie du verre, de 7 à 8.000 chez PSA Peugeot Citroën, 3.000 chez AXA France... la liste est - hélas - non exhaustive. Que ce soit pour cette année ou celles à venir, tout cela ressemble malgré tout à une belle hécatombe ! Et on se demande quels nouveaux emplois viendront compenser ces pertes faramineuses...

Alors la question est : le chômage baisse, certes, mais à cette allure combien de temps ses chiffres vont-ils rester "bons" ??? Pour l'instant "tout va bien", en apparence... le gouvernement Villepin a soigné son image et peaufiné ses résultats aux petits oignons, le temps d'une investiture qui doit s'achever "en beauté". Mais le pire est à venir. Imaginons la posture du gouvernement qui écopera de ce bilan désastreux en 2007 : si c'est la gauche qui revient aux affaires, elle collera des pansements sur des jambes de bois et on l'accusera d'incompétence ; si c'est la droite en la personne de Nicolas Sarkozy, il en profitera pour durcir la lutte contre les chômeurs et les pauvres. Dans les deux cas, ce sera catastrophique.

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Mis à jour ( Vendredi, 06 Octobre 2006 23:03 )  

Commentaires 

 
0 # thesofasurfer 2006-10-06 22:27 La baisse du chomage est l'arbre qui cache la foret…

Il faut savoir que les reprises d'emploi en interim et en CDD courts ont explosé ces derniers mois, ce au détriment du CDI…

Et l'ANPE ne fait aucune disctinction entre le CDI et le CNE.. aucun chiffre n'est publié sur ce contrat et surtout sur le nombre de ruptures pendant la periode d'essai de deux ans…

La précarité n'a jamais été aussi forte qu'aujourd'hui, meme si le chomage " baisse".
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0 # superuser 2006-10-06 23:44 Par Laurent Neumann, directeur de la rédaction de Marianne :

La semaine dernière, l'INSEE, dans une note intitulée Les salaires en France, a peut-être, sans le savoir, livré l'une des clés, sinon LA clé, de l'élection présidentielle de 2007. Ce texte est une véritable bombe. Une bombe à retardement qui risque bien d'éparpiller quelques candidats façon puzzle !

Que dit-il, ce texte ? Que la France sous-paie ses salariés. Que le salaire net moyen des employés ne dépasse pas les 10.878 euros par an soit 906,5 euros par mois. Bref, que depuis dix ans, des millions d'employés se sont appauvris - oui, vous avez bien lu, «appauvris» ! Ils travaillent dans les grandes surfaces, l'industrie textile, la téléphonie, l'hôtellerie (y compris de luxe), les entreprises de nettoyage, les fast-foods… Ce sont eux, les nouveaux prolétaires ! Sept millions de «prolos» que personne ne voit, ou ne veut voir. Ceux que, naguère, on appelait la classe ouvrière et que la tertiarisation de l'économie a, année après année, déclassés.

De 1996 à 2004, pour prendre la période de référence des statisticiens de l'Insee, le salaire moyen a progressé de 3% quand le PIB, lui, augmentait de 18% ; quand les dividendes des actionnaires grimpaient de 52% ; quand, surtout, des grands patrons de sociétés cotées au CAC 40 s'attribuaient, sans vergogne, des montagnes de stock-options, des primes pharaoniques, des retraites dorées sur tranche et des salaires équivalents à 600 ou 1.000 fois le Smic. Quel être humain peut décemment justifier, sauf à être devenu psychiatriqueme nt fou, qu'il vaut 600 ou 1.000 fois plus qu'un autre ? Qui ?

«L'ordre économique juste» commence là. A la fin du mois sur la fiche de paie. Or, à ce jour, ni l'UMP ni le Parti socialiste n'ont pris la juste mesure de ce défi.

Un exemple : Airbus a pris deux ans de retard dans la livraison de l'A380. Or, que décide la direction d'Airbus ? De supprimer des milliers d'emplois. Pourquoi ? Pour que ces retards n'affectent pas les dividendes versés aux actionnaires. CQFD !
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0 # superuser 2006-10-09 21:29 Les suppressions de postes "sans licenciements" sont en vogue : départs en retraite ou pré-retraite non remplacés, intérimaires et CDD non renouvelés… Ces destructions d'emplois planifiées en douceur se comptent désormais par milliers.

On connaissait les plans sociaux - pudiquement appelés "plans de sauvegarde de l'emploi" (PSE), obligatoires dans toutes les entreprises d'au moins 50 salariés - qui sont une procédure de concertation avec les représentants du personnel visant à limiter les licenciements. La DARES en a recensés 1.270 en 2005, pointant au passage les résultats décevants de ces dispositifs : si à peine 30% des "reclassés" ont décroché un CDI, un an après, seulement 20% des salariés ayant subi un PSE ont retrouvé un emploi stable.

Pour faire une omelette il faut bien casser des œufs… Or la nouvelle mode consiste à prôner le contraire : désormais il est possible de dégraisser son personnel sans gonfler les chiffres du chômage. On restructure, on supprime des postes, mais rassurez-vous : on ne licencie pas !!!

Le "choc démographique" n'aura pas lieu

Les départs en retraite des papy-boomers réjouissaient Jean-Louis Borloo qui déclarait en 2004 que, grâce à eux, le chômage se résorberait et que nous aurions même "une crise du recrutement" à affronter dès 2007. Mais il s'avère que ce choc démographique est surtout l'occasion rêvée de réduire ses effectifs pour un tiers des entreprises…
Quand l'Etat lui aussi s'y est mis en annonçant la suppression de 15.000 postes dans la Fonction publique, Laurence Parisot déclarait en juin dernier : "Il s'agit bien de départs en retraite qui ne sont pas à nouveau pourvus. Il n'y a aucune suppression d'emplois pour quiconque". Dans toutes les grandes entreprises (EDF, SNCF, Air-France, La Poste, Valéo, Total, et tout récemment PSA Peugeot Citroën ou Axa…) le refrain est le même : les économies ainsi réalisées sur la masse salariale pour des raisons de compétitivité ont pour principal objectif de faire "zéro chômeur" !

Première cible : les nombreux papy-boomers qu'on ne remplace pas. Ensuite, les CDD et les intérimaires qu'on remercie. Tout le monde s'accorde pour dire que ces "non-licenciements" n'iront en aucun cas grossir les inscriptions à l'Assedic, et la bonne conscience règne ! Seulement voilà : si les intérimaires et les CDD ne sont pas vraiment licenciés, ils reviennent sur un marché du travail désastreux où la précarité touche 70% des offres, tandis que les heureux retraités percevront leur pension et ne feront plus partie de la population active.

Une seule génération au travail

Economies sur la masse salariale, délocalisations … Ces suppressions de postes massives réduisent toujours plus le nombre d'emplois disponibles en France. Face à ces inéluctables calculs à court terme, personne n'est épargné :
• les jeunes qui continuent à entrer sur le marché du travail ne pourront pas prétendre remplacer les anciens,
• les demandeurs d'emploi plus âgés ne pourront pas non plus prétendre à ces postes détruits,
• les salariés en poste, animés par la crainte du chômage et de la précarité, s'accrochent à leur emploi en acceptant de travailler doublement.

Ainsi se concrétise ce que l'ex Premier ministre Jean-Pierre Raffarin faisait semblant de dénoncer : face au chômage des jeunes et des seniors, c'est bien "une seule génération au travail" qui est maintenue, celle des 25-35 ans, cible préférée des recruteurs. Aux jeunes la précarité, aux seniors le chômage de longue durée, et aux salariés d'en payer le prix.
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0 # 2006-10-10 20:41 Si j'adhère à ce qui est dit sur la situation réelle de l'emploi -catastrophique- et masquée par des statistiques trompeuses, je ne suis pas d'accord avec l'idée qu'une politique de gauche ne changerait rien. En effet la situation de l'emploi dépend largement de l'évolution des investissements non financiers et localisés en France.

Or il est possible de :

- favoriser les entreprises qui investissent réellement par des mesures fiscales appropriées et en surimposant celles qui ne le font pas.

- subventionner de façon "ciblées" certains secteurs stratégiques en matière de développement, recherche etc… beaucoup plus qu'on ne le fait actuellement.

- exiger des contreparties en termes d'emploi et/ou de salaires des employeurs qui bénéficient d'exemptions de charges.

- taxer les rachats d'action (ce qui revient à refuser d'investir et donc à détruire des emplois futurs.

Ces mesures, et bien d'autres, les 3 candidats du PS, les proposent -ensemble ou séparémént . Or elles seraient beaucoup plus efficaces que toutes les dépenses, soit disant anti-chomages mais qui servent surtout à réduire les salaires et à masquer la réalité :

Si la situation économique de notre pays est si lamentable c'est que la droite mène en réalité une politique de rentiers (sa clientèle) opposée à un vrai développement qui fabrique une précarité croissante, la baisse des revenus réels de la majorité des salariés avec l'alibi de la mondialisation.

La vérité est que ce sont les patrons qui ont peur d'investir parce que leurs rentes sont plus confortables que le risque de l'investissement. Jusques à quand …?
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0 # superuser 2006-10-11 17:59
Il est évident que si la droite reste, elle durcira sa politique anti-chômeurs : comme elle défend le libéralisme - qui créé du chômage pour mieux s'en nourrir -, il ne sera pas question de revenir sur ce système économique et elle fera de son mieux pour faire peser toujours plus la responsabilité sur les victimes.

Quant à la gauche, telle qu'elle est aujourd'hui, elle ne remettra pas non plus en question le libéralisme. Si Arnaud Montebourg dit qu'il faut le domestiquer, son parti s'en est toujours accommodé : si le PS revient aux manettes, il continuera de jongler avec mollesse. Comme le dit Arlette Laguiller, les élus n'ont aucun pouvoir face au patronat. Même s'il vaut mieux le PS que l'UMP, en cela le PS collera des pansements sur une jambe de bois.
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