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L'Etat obligé d'ouvrir ses portes aux SDF

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Après le succès des tentes offertes aux sans-abri, un rapport préconise la création de 1.000 places d'accueil d'urgence et un meilleur traitement social.

Opération réussie. En distribuant cet hiver 300 tentes à des sans-abri parisiens, Médecins du monde (MDM) souhaitait «rendre plus visible» la grande exclusion. «On s'est habitués à voir des personnes dormir dehors. Ces tentes, ce sont comme des balises de détresse vouées à attirer l'attention», commentait à l'époque Graziella Robert, responsable de la mission SDF à MDM. Des campements sont apparus un peu partout dans Paris : aux abords du canal de l'Ourcq et du canal Saint-Martin, sur le quai d'Austerlitz, ou encore sur le boulevard Richard-Lenoir. Suivant l'exemple de MDM, des particuliers ont offert des tentes à des SDF qui en étaient dépourvus. Si bien qu'on compterait aujourd'hui près d'un demi-millier de ces abris de fortune dans la capitale.

Cette sédentarisation de l'extrême pauvreté dans certains espaces urbains a mis en exergue les limites de l'hébergement d'urgence. Et a obligé le gouvernement à procéder à une remise à plat des politiques publiques d'accueil des SDF. Tout d'abord en commandant un rapport sur «la situation révélée par le phénomène des tentes» à Agnès de Fleurieu, la présidente de l'Observatoire national de la pauvreté. Le document a été remis hier à Catherine Vautrin, la ministre déléguée à la Cohésion sociale, qui a annoncé dans la foulée le déblocage d'une enveloppe de 7 millions d'euros. Ils serviront pour l'essentiel à financer dans les centres d'hébergement d'urgence la création d'un millier de places qui accueilleront les sans abris 24 heures sur 24 avec un accompagnement social adapté.

La ministre a insisté sur la nécessité d'un «hébergement de stabilisation». Ce qui revient à admettre que, dans son fonctionnement actuel, l'hébergement de première urgence maintien les SDF dans l'errance. Dans la plupart de ces centres, les personnes accueillies doivent évacuer les lieux après le petit-déjeuner, c'est-à-dire vers 8 heures du matin. En outre, les admissions se font pour une durée de quelques jours, voire d'une semaine, éventuellement renouvelable. Ensuite, la personne sans domicile fixe doit à nouveau appeler le 115 pour tenter de décrocher une autre place. Sans certitude d'y parvenir, ce numéro d'urgence étant souvent engorgé. L'urgence balade les SDF de centre en centre, la seule capitale en comptant une trentaine. «On tend la main aux gens pendant trois jours, et après on leur dit "au revoir". On maintient les personnes déjà précaires dans l'errance», se désole Alain Raoul, directeur général de la Fondation Armée du Salut. L'appropriation des tentes et l'organisation de campements par les sans-abri peuvent s'analyser comme une quête d'un semblant de stabilité. La tente, indigne abri de fortune, devient un lieu où l'on est sûr de pouvoir dormir le soir, et où l'on peut entreposer ses effets sans avoir à les transporter en permanence dans un sac à dos.

Le système d'accueil des sans-abri comporte pourtant plusieurs strates : en théorie, après un passage par la case urgence, la personne sans domicile fixe doit se voir proposer un hébergement plus pérenne dans un centre d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), ceci pour une durée de six mois, renouvelable plusieurs fois s'il le faut. Avec un suivi social personnalisé, notamment en matière de réinsertion par l'emploi. Problème : ces structures sont saturées. Selon le rapport remis hier par Agnès de Fleurieu, 30% des personnes logées dans les CHRS «ont terminé depuis de nombreux mois, voire des années leur parcours d'insertion». Mais leur sortie vers un logement ordinaire bute sur le manque d'offres de HLM aux loyers accessibles aux plus démunis. Du coup, toute la chaîne de l'hébergement est ankylosée. A sa manière, la crise de l'hébergement d'urgence est aussi révélatrice d'une crise du logement qui pénalise les plus pauvres.

(Source : Libération)

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Mis à jour ( Jeudi, 10 Août 2006 10:17 )  

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