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Accueil Social, économie et politique Patrick Devedjian estime que le pouvoir d'achat est le problème n°1

Patrick Devedjian estime que le pouvoir d'achat est le problème n°1

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Au lendemain des manifestations pour le maintien des 35 heures et l'augmentation des salaires, Patrick Devedjian, ministre délégué à l'Industrie, a estimé dimanche sur France Inter que le "problème numéro un" était l'augmentation du pouvoir d'achat, moteur de la croissance.

"Le pouvoir d'achat est le problème numéro un car c'est le moteur de la croissance et c'est aussi, dans un monde très moderne, la demande première de la population", a-t-il déclaré.
Rappelons notamment qu'au mois de décembre les employés d'H&M, Lesieur, Total et ElcoBrandt ont engagé des grèves ou des débrayages pour obtenir des augmentations... Entre des salaires qui progressent à peine et des prix qui continuent d'augmenter, sans parler de l'immobilier qui flambe, les salariés voient dans le même temps le CAC 40 se rapprocher des 4000 points et les profits des entreprises exploser. C'est ainsi que BNP Paribas a annoncé la semaine dernière un bénéfice de 4,7 milliards d'euros en 2004, en hausse de 24 %. Logiquement, les grands groupes devraient en profiter pour investir, embaucher ou augmenter les salaires : or, ils préfèrent choyer leurs actionnaires par de généreuses distributions de dividendes pour soutenir le cours de l'action. Le gouvernement, quant à lui, se concentre sur les prix à la consommation, sans grand succès pour l'instant, et cogite toujours sur une hypothétique réforme de la loi Galland...

Patrick Devedjian peut bien y aller de sa petite analyse. Selon lui, la mobilisation de samedi "comporte deux paradoxes" : "Le premier, elle était constituée à 90% de gens issus du secteur public qui ne sont pas concernés par la loi sur les 35 heures, et le deuxième, ils manifestaient aussi pour une augmentation du pouvoir d'achat". "Or on sait que les 35 heures ont ravagé le pouvoir d'achat des salariés", a-t-il dit, soulignant que lors des "deux années de croissance les plus fortes que nous avons eues, en 1999 et 2000", le pouvoir d'achat a peu ou pas augmenté car "c'était les années de mise en place des 35 heures". "En 1999, avec 3,2% de croissance, le pouvoir d'achat des salariés n'a augmenté que de 1,2% et en 2000, la croissance était de 3,8%, le pouvoir n'a pas augmenté du tout".

Sur l'assouplissement des 35 heures, M. Devedjian a redit qu'il estimait qu'avec une croissance en difficulté, "c'était le moment de faire un effort supplémentaire pour prendre des dispositions et travailler davantage". "C'est le meilleur moyen d'avoir de la croissance", a-t-il réaffirmé. Bien sûr...

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Mis à jour ( Lundi, 07 Février 2005 00:26 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2005-02-07 00:03 06/02 - AFP - 13:12
Les syndicats, qui avaient appelé à manifester dans toute la France samedi, s'accordent avec le gouvernement pour établir un lien entre les 35H, le pouvoir d'achat et l'emploi, mais en tirent des conclusions opposées. Voici un résumé des arguments pour et contre la proposition de loi réformant l'application des 35H.


L'ARGUMENTAIRE DES PARTISANS DE LA REFORME (gouvernement, UMP et Medef) :

- Elle fait "laisser la possibilité aux salariés qui le souhaitent de travailler plus pour gagner plus", selon Pierre Morange (UMP), co-signataire et rapporteur du texte.

- La réduction du temps de travail "quand elle n'est pas justifiée par des gains de productivité, est dangereuse économiquement", estime un autre initiateur du texte, Hervé Novelli (UMP), évaluant son coût à 15 milliards d'euros. Dans les secteurs où "la part de main d'oeuvre est décisive", elle a "probablement freiné une part du développement économique", selon le ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo.

- Il faut "donner aux entreprises la capacité de produire plus si besoin est, dans le respect du libre choix des salariés", estime M. Novelli. Le président du Medef, Ernest-Antoine Seillière, salue le fait que "chefs d'entreprises et salariés qui le voudront pourront répondre à des commandes supplémentaires ". Car "vouloir contraindre tous les secteurs à travailler de la même façon (…) conduit obligatoirement les entreprises à ne pas pouvoir s'adapter à l'offre", selon le député UMP Bernard Accoyer.

Tous affirment que travailler plus permettra de relancer le pouvoir d'achat, favorisant la consommation donc l'emploi.


L'ARGUMENTAIRE DES ADVERSAIRES DE LA REFORME (syndicats sauf la CFE-CGC et la gauche):

- Les salariés n'auront en fait pas le choix de faire ou non des heures supplémentaires . "La loi permettra éventuellement des négociations dans les entreprises pour monter le contingent d'heures supplémentaires jusqu'à 220 heures, mais c'est de toute façon, l'employeur qui décidera de les faire ou pas", selon François Chérèque (CFDT).

- C'est la remise en cause de la négociation collective, "puisque cette possibilité sera permise dans le cadre d'un accord simple 'de gré à gré' entre employeur et salarié", selon l'Unsa.

- Le dispositif d'assouplissement s prévu revient à "faire des heures supplémentaires une composante normale et presque systématique de la rémunération des salariés", ce qui est "inadmissible", selon le député Gaétan Gorce.

- Le temps de vie privée des salariés se trouve menacé, selon Ségolène Royal, députée PS pour qui la réforme va "surtout peser sur les femmes qui, grâce aux 35H, avaient réussi à récupérer du temps". La CFTC est "convaincue que la vie de famille perdrait (…) dans cette transformation".

- Enfin, la réforme est idéologique et ne favorisera pas l'emploi, selon ses opposants. Maxime Gremetz, député PCF, estime que "cette cabale contre les 35 heures ne répond qu'à des exigences idéologiques". Pour Gaétan Gorce, on fait "porter aux 35 heures, pourtant déjà largement remises en cause, la responsabilité de l'échec économique de ce gouvernement, incapable de soutenir la croissance et de favoriser la création d'emplois".

- Enfin, cette réforme est "inutile" et "même pas demandée par les entreprises", qui ont déjà très peu utilisé les assouplissement s introduits par la loi Fillon de janvier 2003, selon le porte-parole du PS, Julien Dray.
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