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Accueil s'informer La revue de presse Chômage de longue durée : l'exemple de New Fabris

Chômage de longue durée : l'exemple de New Fabris

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Alors que se tient aujourd'hui à l'Elysée le «sommet social», gros plan sur les chômeurs de longue durée avec les anciens de New Fabris, à Châtellerault. La fermeture de l'équipementier automobile avait défrayé la chronique, en juillet 2009, lorsque les employés avaient menacé de faire sauter l'usine.

Avec 2,8 millions de demandeurs d'emploi officiels, le chômage a atteint en France son plus haut niveau depuis 12 ans. Pour les chômeurs de longue durée, il est devenu très difficile de retrouver un travail.

C'est le constat des anciens salariés de New Fabris, à Châtellerault dans la Vienne. En juillet 2009, les salariés de New Fabris plaçaient des bonbonnes de gaz dans leur usine. En vain. L'équipementier automobile a plié bagage. Le plan social a eu lieu. Résultat : 366 salariés sur le carreau. Un tiers d'entre eux avait déjà plus de 50 ans à l'époque. Et c'est pour ces seniors que la situation est la plus compliquée.

Pourtant, ils ont bénéficié d'une cellule de reclassement spécifique. Beaucoup en ont profité pour suivre une formation. Jean-Claude, presque 58 ans dont plus de la moitié chez New Fabris, était régleur : il est devenu cariste. Mais il ne trouve pas de travail. “Y'a que dalle. Les vieux, ils sont bons à jeter aux chiens. Pôle Emploi m'envoie toujours des messages sur Internet où il est dit : il faut avoir le bac, il faut avoir ceci, il faut avoir cela. Qu'est ce que vous voulez faire avec ça ? On n'a peut-être pas le cerveau mais on a les mains”.

La reconversion n'est pas synonyme de succès. Eric Muller a 53 ans. Ce grand gaillard a profité de la cellule de reclassement pour repasser son permis poids lourds. Il a été embauché une fois par une boîte d’intérim, un contrat de cinq jours seulement. Il a beau élargir ses recherches, rien ne se passe : “Je suis prêt à faire n'importe quoi. J'ai envoyé des CV dans le bâtiment. J'ai aussi mis des prospectus dans les boites aux lettres pour proposer mes services en bricolage, entre 700 et 800 papiers. Mais rien”.

Pour l'instant, les anciens salariés de New Fabris sont toujours inscrits à Pôle Emploi. De deux ans pour les moins de 50 ans, la durée des droits est poussée à trois ans pour les seniors avec les allocations qui vont avec.

Sauf que le couperet va bientôt tomber. La fin des droits pour la plupart, ce sera cet été. Ils seront radiés de Pôle Emploi. Avec l'ATS (allocation transitoire de solidarité) dans le meilleur des cas, sinon l'ASS (allocation de solidarité spécifique) ou le RSA (revenu de solidarité active) comme seules perspectives.

Pour Patrick, 58 ans, qui n'a connu qu'un seul employeur de toute sa vie (deux avec Pôle Emploi, dit-il), la pilule est dure à avaler : “Ça va me remettre un coup d'épée dans le ventre. Je demande à ma femme de ne pas trop travailler quand je serai en fin de droits car si elle gagne plus de 1.000 euros, je n'aurais rien”.

La situation des anciens New Fabris n'est pas isolée à Châtellerault. Ici, 40% des salariés du privé travaillent dans l'industrie. Et quand le secteur tousse, tout le monde s'enrhume, à commencer par les plus de 50 ans. C'est l'analyse d'Eric Meunier, le directeur de la Maison de l'économie, de la formation et de l'emploi du pays châtelleraudais : “Du fait de la pyramide des âges dans les entreprises industrielles, nous sommes encore plus touchés que les autres par la flambée du chômage des seniors. Car les personnes qui sortent de ces entreprises ont souvent plus de 50 ans. En plus nous avons beaucoup d'entreprises d’intérim, et elles recrutent rarement à niveau CAP/BEP mais plutôt au niveau bac a minima”.

Résultat, il y a peu de perspectives d'embauches dans le coin pour les anciens New Fabris, comme d'ailleurs pour les autres seniors qui cherchent du travail. Le nombre de demandeurs d'emplois de plus de 50 ans a d'ailleurs augmenté à Châtellerault de près de 80% en trois ans.

(Source : France Info)

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Mis à jour ( Vendredi, 11 Mai 2012 00:45 )  

Commentaires 

 
# Thannhauser 2012-01-18 22:43 Je ne pense pas que le fait d'avoir le bac changerait quelque chose au problème. Les employeurs préfèrent des jeunes pour de multiples raisons. Le problème principal réside en la démographie. Chaque année, une masse de jeunes bien formés arrivent sur le marché du travail, l'économie ne peut /ne veut absorber qu'un certain nombre. En revanche, il y a un véritable problème en France en matière de formation professionnelle . Comme au Japon, les jeunes Francais préfèrent des formations intellectuelles et longues, suivent des formations théoriques pour lesquelles il n'y a pas d'emploi précis. Le modèle allemand marche assez bien, il fait ses preuves depuis longtemps. Avec le bac ou niveau approximatif, on y peut suivre un apprentissage qui donne la possibilité de gagner assez rapidement sa vie, et de rester employable. Répondre | Répondre avec citation | Citer
 
 
# superuser 2012-01-18 23:00 Citer:
Comme au Japon, les jeunes Français préfèrent des formations intellectuelles et longues, suivent des formations théoriques pour lesquelles il n'y a pas d'emploi précis.
N'oublions pas que la mission première de l'école est de former des êtres capables de penser librement et de s'émanciper plutôt que de devenir des sujets formatés, livrés en pâture à la société de consommation et à un marché du travail de plus en plus inhumain.
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# Murie 2012-01-19 00:45 Tout à fait ! De même que l'université n'a pas été créée pour «l'employabilité» de ses étudiants. Ce pragmatisme dictatorial est tout simplement une démarche anti-intellectuelle ! Répondre | Répondre avec citation | Citer
 
 
# Thannhauser 2012-01-19 21:45 Je suis entièrement d'accord.
Mais le pouvoir n'est pas dans la main des gens qui auraient conscience de cela, ce sont des marionettes d'un système qui est, comme vous dites, inhumain… et superficiel. Mais d'un autre côté il faut se demander à quoi servent des études en histoire de l'art, un exemple parmi beaucoup d'autres, si ce choix n'aboutira à aucun projet professionnel réalisable. J'en connais qui sont durablement frustré(e)s, ils (elles) font partie de la légion des précarisés qui "existent pour survivre".
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# RaoulPiconBière 2012-01-19 22:28 Qaund même, ça sert à garder la connaissance intacte.

Faire des études dans un but mercantile c'est obligatoirement frustrant. Ce n'est pas grave, cela aurait sans doute fait de mauvais historiens.
J'en connais légion qui sont précarisés et qui existent pour que survive l'histoire de l'Art (exemple entre beaucoup d'autres).

A mon avis, il y a plus de recalés dans le foot et le showbiz que chez les historiens de l'art Et encore je compte pas le temps passé devant les karaoké.
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# tristesir 2012-01-19 01:52 Faire croire que si les jeunes choisissaient des emplois manuels ils ne seraient pas au chômage forcément seraient les tromper.

Le réservoir d'emplois, "manuels" ou "intellectuels" disponibles ne peut pas permettre que tout le monde ait un emploi.
Il est calibré pour que ce soit exactement le contraire qui survienne.
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# Thannhauser 2012-01-19 21:52 Il est vrai que le pouvoir, poussé par les acteurs économiques souhaite que les gens consomment davantage, alors qu'il y aura de moins en moins de travail. Certains s'endettent pour maintenir un niveau ou un niveau présumé Répondre | Répondre avec citation | Citer
 

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