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Accueil s'informer Mobilisations, luttes et solidarités Nouveauté Livre : Crise, la solution interdite

Nouveauté Livre : Crise, la solution interdite

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Plutôt que le travail du dimanche ou l'emploi en miettes, seules propositions que ce gouvernement soit capable de faire, pourquoi ne pas envisager la semaine de quatre jours ?

Clairvoyant et entêté, ainsi est Pierre Larrouturou. Clairvoyant, car l’ancien délégué national à l’Europe du PS est de ceux qui, vraiment et depuis des années, prédisaient la crise qui vient de nous exploser au visage. Une crise qui «n’est pas financière» mais bien conséquence de la sous-rémunération du travail. Entêté car, depuis au moins aussi longtemps, il milite pour la mise en œuvre de la très décriée semaine de 4 jours. Et à l’aune de ce séisme qui secoue la planète, il pense que l’avènement des 32 heures est venu. C’est la thèse qu’il développe dans ce dernier essai.

Depuis le temps qu’il porte cette croix — car c’en est une — son argumentaire, il faut le reconnaître, est bien rodé. Tout en se montrant critique à l’égard des 35 heures («On a donné 70 milliards de francs d’exonération, mais on ne demandait aux entreprises aucune contrepartie en emplois !»), il sait jouer avec les chiffres pour amener ses lecteurs à penser qu’un nouveau partage du temps de travail pourrait être la clé pour en finir avec le chômage de masse et créer, dit-il, «1.600.000 emplois».

Statistiques à l’appui, il prend un malin plaisir à tordre le cou à toutes les idées reçues qui se mettent en travers de la route des 32 heures. Les Français travailleraient moins que les autres ? «Ce n’est pas vrai. En 2008, la durée moyenne du travail — tous emplois confondus — était de 31,4 heures aux Pays-Bas, de 31,9 heures en Grande-Bretagne, de 34,6 heures au Danemark et de 36,3 heures en France.» Peut-être, mais notre productivité laisse franchement à désirer ? «Les Anglais et les Japonais ont une productivité nettement plus faible que la nôtre : selon Eurostat, si la productivité horaire est en moyenne de 100 pour l’Europe des 15, elle est de 118 en France et de 95 seulement en Grande-Bretagne.» De toute façon, la semaine de 4 jours n’est qu’une théorie qui, si elle était mise en pratique, se révèlerait fumeuse ? «La semaine de 4 jours est déjà une réalité dans plus de quatre cents entreprises : Fleury Michon, Mamie Nova ou Monique Ranou, mais aussi des centaines de PME inconnues.»

«Vous ne voulez pas gagner plus ?»

Son argumentaire est tellement rodé que, lorsqu’il rencontre Nicolas Sarkozy en 1993 pour le convaincre des bienfaits supposés des 32 heures, celui qui est alors ministre du Budget n’a qu’une seule et unique question à lui poser (Pierre Larrouturou travaille à l’époque pour Andersen Consulting, devenu depuis Accenture) :
«- Vous gagnez combien chez Andersen ?
- 30.000 francs à peu près.
- C’est pas beaucoup ! Quelqu’un comme vous, vous pourriez gagner beaucoup plus ! Vous ne voulez pas gagner plus ?
Et le voilà qui me donne des conseils pour “gagner plus”. En quelques minutes, l’entretien a tourné court. Il refuse absolument le débat sur les 4 jours puisque son conseiller lui a dit que j’avais réponse à tout. Et il me donne des conseils pour “gagner plus” alors que je viens lui parler de chômage et de précarité, et que je suis sans doute parmi les salariés les mieux payés du pays...»

Pierre Larrouturou estime «qu’en réalité 4,7 millions d’hommes et de femmes sont directement touchés par le chômage». «Si l’on crée 1,6 millions d’emplois, explique-t-il, la négociation se fera dans un tout autre climat. Un nouveau partage de la valeur ajoutée, nettement plus favorable aux salariés, va assez vite se mettre en place». C’est exact : le chômage de masse joue en leur défaveur. L’idée est belle. A condition que sa mise en œuvre ne sombre pas dans le même écueil que les lois Aubry qui ont, au final, favorisé le gel des salaires et donc… contribué à la crise.

(Source : Marianne)

Crise : la solution interdite par Pierre LARROUTUROU - Desclée de Brouwer - 306 p - 18 €

Pierre Larrouturou comptera parmi les participants des États Généraux du Chômage et de la Précarité qui se dérouleront les samedi 16 et dimanche 17 mai à Bobigny (93).

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Mis à jour ( Vendredi, 07 Janvier 2011 17:07 )  

Commentaires 

 
0 # naejjm 2009-05-12 11:15 Le Socialisme Néomoderne ou l'Avenir de la Liberté

Jacques Généreux

Après l'échec de la modernité libérale …

Le culte de l’individu autoconstruit et la mondialisation du capitalisme libéral n’ont pas accompli la promesse moderne de l’émancipation. Elles ont juste défait les liens sociaux, sans lesquels aucune liberté ne peut grandir. L’hyper-libéralisme engendre une dissociété violente et désordonnée. Et face aux désordres, les nouveaux « libéraux » organisent le retour vers un ordre pré-moderne, mélange de répression policière, d’intégrisme religieux, de contrôle communautaire et d’abrutissement dans le travail.

Le défi politique du XXIe siècle est de penser un ordre social qui n’effacerait pas trois siècles d’émancipation. Il nous faut abandonner l’illusion d’une construction libérale de la société pour engager la construction sociale de la liberté. Or, tel a toujours été l’essence du projet socialiste, de Leroux à Blum, en passant par Marx et Jaurès. Les multiples dévoiements de ce projet ne le disqualifient pas ; ils exigent sa refondation néomoderne : une nouvelle modernité dont les principes politiques ne découlent plus du mythe moderne de l’individu autonome, mais de la réalité anthropologique de l’être social.

À la lumière des sciences humaines, et à l’opposé d’une gauche « moderne » qui s’attarde à courir derrière des idées libérales dépassées, l’auteur dessine un socialisme qui dépasse la modernité pour en accomplir la promesse, qui offre un nouvel avenir à la liberté.

Jacques Généreux, auteur d’une vingtaine d’ouvrages, est professeur à Sciences Po.

Cet ouvrage est le deuxième opus d’une refondation anthropologique de la philosophie politique inaugurée par La Dissociété (Seuil, 2006).

19 €, 400 pages, édition du Seuil 2009.
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