Une fois de plus nous sommes ici contraints de rappeler que Nicolas Sarkozy, «l’homme de la rupture» avec un système qu’il sert pourtant depuis des décennies, est en fait «l’homme de la défaite». Il serait même plus juste d’écrire : «l’homme des défaites» tant son parcours en est jalonné, ce que les médias traditionnels, dans leur «grand souci d’objectivité», se gardent bien d'évoquer.
C’est en effet, un dénommé Nicolas Sarkozy qui soutint, en 1995, la candidature d’Édouard Balladur avec le succès que l’on connaît. En 1999, c’est le même qui présidait aux destinées du RPR (par intérim, après le retrait de Philippe Seguin) quand ce parti fit un piteux 12% aux élections européennes (contre 13% pour la liste des souverainistes Pasqua et de Villiers). Au Budget, puis à l’Économie (par alternance), le bilan du ministre Sarkozy est tout aussi insignifiant. Il n’a ni réussi à désendetter la France ni réussi à faire baisser les prix à la consommation de façon significative, un engagement qu’il avait solennellement pris à grand renfort de déclarations tonitruantes et de shows politico médiatiques réunissant les patrons de la grande distribution.
«L’homme de la rupture» est en fait «l’homme de la défaite» !
Et puis, plus récemment, ne l’oublions pas, Nicolas Sarkozy a été l’un des grands perdants du Référendum du 29 mai 2005 (rôle de super loser qu’il a partagé avec François Hollande et Jacques Chirac). Et que dire de la calamiteuse fin d’année 2005 qui a vu les banlieues s’embraser et a pulvérisé tous les records en matière de destructions de biens (40.000 véhicules incendiés sur l’ensemble de l’année, dont près de 10.000 pour le seul mois de novembre. Des dizaines d’équipements collectifs et industriels détruits par les flammes : crèches, écoles, dépôts de bus, entrepôts, ateliers…). Enfin, pour finir sur un événement encore plus contemporain, rappelons qu’en pleine mobilisation contre le CPE, Nicolas Sarkozy lançait sur Internet une pétition de soutien à ce Contrat de première «embûche» défendu par le Premier ministre. Quel grand visionnaire que cet homme-là !Ségolène est-elle une rénovatrice ? Rien n’est moins sûr !
Pour Ségolène Royal, l’analyse de son bilan est beaucoup moins évidente à faire. En fait, elle est quasiment inconnue de la très grande majorité des Français (comme de nous-mêmes, reconnaissons-le). Pour autant, nous ne sommes pas persuadés que la candidate supposée du Parti Socialiste à l’élection présidentielle de 2007 est une rénovatrice (au sens où nous le souhaiterions).Au dernier congrès du PS, en novembre 2005, son mari (Premier secrétaire du parti) a minimisé les dégâts (et les débats) qu’avaient engendré au sein de son parti le Référendum 2005. Dans une «synthèse» consensuelle, François Hollande a mis tout le monde plus ou moins d’accord : les éléphants (comme Strauss-Kahn et Lang partisans du OUI), les fabusiens (partisans du NON) et les animateurs du courant NPS (Nouveau Parti Socialiste), Vincent Peillon et Henri Emmanuelli (également favorables au NON). Hollande a mis tout le monde d’accord, sauf un irréductible empêcheur de tourner en rond, le représentant de l’aile véritablement réformiste du PS : Arnaud Montebourg, co-fondateur du NPS, aujourd’hui en dissidence de ce courant, et initiateur de «Rénover Maintenant».
La VIe République, c’est l’affaire de Montebourg… et de l’UDF ?
Est-il utile de rappeler que le député Montebourg (dont l’interview est consultable sur le site) place au cœur de son engagement politique l’instauration d’une VIe République ? Paradoxalement, il semble plus suivi sur ce thème par Hervé Morin et François Bayrou de l’UDF que par les cadres dirigeants de son propre parti, et sans doute par Ségolène Royal elle-même. Selon Arnaud Montebourg, l’éventuelle candidate du PS «estime qu’en changeant les hommes à la tête de l’État (grâce à l’alternance), on changera les pratiques. Il n’est donc pas nécessaire de rénover nos institutions (1).»
Lui est évidemment convaincu du contraire et rappelle à ses partisans les dérives (et autres affaires) qui ont jalonné les quatorze années de la présidence de François Mitterrand. Sur ce sujet, il renvoie dos-à-dos PS et UMP.
Le PS favorable à la «révolution du statu quo»
Et en effet, il est à craindre que si un candidat socialiste est élu à la tête de l’État en 2007, rien ne change sur le fond. Alors, Arnaud Montebourg met en garde le PS contre ce qu’il appelle la «révolution du statu quo» (1), c’est-à-dire l’absence de vraies réformes concernant des aspects essentiels de la vie démocratique, à savoir : la représentativité équitable des Français à l’Assemblée nationale et au Sénat, l’indépendance de la justice, le contrôle de l’exécutif par les élus du peuple, le non cumul des mandats…
Mais voilà, le Parti Socialiste est-il prêt à accepter ces réformes, notamment celle visant une meilleure représentativité des Français à l’Assemblée nationale et au Sénat ? Rien n’est moins sûr, pour la bonne et simple raison qu’il y laisserait des plumes (entendez par-là qu’il y perdrait certainement des sièges). De même, les élus socialistes sont-ils prêts à accepter l’interdiction du cumul des mandats, eux qui en sont tout aussi friands que leurs collègues de droite ? Pas certain.
Pour 76% des Français, l’Assemblée nationale ne les présente pas
Pourtant, Arnaud Montebourg touche ici le cœur du sujet qui nous mobilise. La France est malade d’un système qui exclut un nombre croissant de Français. Et, cette exclusion – ce déni de démocratie avéré – se traduit en premier lieu sur le terrain de la représentativité politique, à l’Assemblée et au Sénat (les derniers sondages publiés dans Le Figaro et Le Parisien attestent en effet que 76% de nos concitoyens estiment que l’Assemblée nationale ne les représente pas).
Si, en mai 2005, Jacques Chirac n’avait pas soumis le projet de Constitution européenne au suffrage universel, en se contentant de le faire adopter par le seul Parlement, il aurait été entériné par 92% des députés, alors que 55% des Français l’ont rejeté.
Et ce déni de représentativité trouve son prolongement dans l’exclusion économique et sociale, car l’establishment politique de droite et de gauche a depuis des décennies tissé à son profit des réseaux de soutiens financiers, industriels et médiatiques. Tout est donc réuni pour que ceux qui sont en bas, dans «les sous-sols de la République» (2), y restent encore longtemps, quand ceux d’en haut conserveront leurs acquis et leurs privilèges. Et cette perspective ne peut que radicaliser des millions de Français comme nous avons pu l’observer ces derniers mois avec la crise des banlieues et la mobilisation anti-CPE.
Pour ou contre le statu quo ? C’est la question de 2007 !
En avril 2007, nous ne voterons pas pour ou contre une candidate ou un candidat, mais pour ou contre le statu quo qui, aujourd’hui, sert les intérêts d’un establishment de droite et de gauche, et relègue la majorité des Français dans une minorité sans porte-parole, sans élus et donc sans pouvoir. C’est inacceptable !
Il n’est pas acceptable de revivre des situations comparables à celles que nous connaissons depuis plus de 10 ans et qui se traduisent par : une augmentation constante de l’abstention, une montée en puissance des populismes et des communautarismes, une confiscation du débat politique, et pour finir, une élection «plébiscitaire» comme nous en avons connue au second tour des présidentielles de 2002.
Malheureusement, c’est exactement ce à quoi on nous prépare : un duel qui se résume à un affrontement entre une femme (dont la candidature inédite pour un grand parti justifierait à elle seule sa présence au second tour) et un candidat, Sarkozy, qui veut concentrer plus encore les pouvoirs entre les mains d’un seul homme. Car, si Nicolas Sarkozy envisage bien lui aussi une réforme des institutions, c’est dans le seul but de renforcer le régime présidentiel et de réduire à peau de chagrin les prérogatives du Parlement.
Un objectif : Soumettre tous les contrepouvoirs !
Comme l’affirme Arnaud Montebourg : «Avec Sarkozy, on s’oriente vers une dictature douce» (1), une dictature qui n’a qu’un objectif : conforter la puissance de ceux qui ont déjà tous les pouvoirs financiers, économiques, médiatiques et politiques entre les mains, et soumettre au silence tous les contrepouvoirs militants, syndicaux et associatifs.
Et quand on analyse les grandes évolutions de la société française depuis 1995, on constate que l’instauration de cette «dictature» est en bonne voie :
• Une minorité impose ses choix à une majorité (même si cette dernière réussit à les contrecarrer parfois, à l’occasion du Référendum et de la mobilisation anti-CPE).
• L’indépendance de la justice est gravement menacée (tout comme le droit de la défense).
• Le pouvoir de la police est considérablement renforcé et le fichage génétique et biométrique de la population va être généralisé (comme le dénonce la Ligue des Droits de l’Homme).
• Le pluralisme de l’information, donc des opinions, se réduit à mesure que les médias se concentrent entre quelques mains «amies».
• Le nombre des affaires de corruption, de malversations et de mensonges d’État liés à des intérêts partisans ne fait qu’augmenter. Comme les faits délictueux perpétrés par des lobbies et complexes militaro-industriels et financiers (dans l’affaire des frégates vendues à Taïwan, on évoque 900 millions d’euros de commissions occultes !).
Les réseaux dissidents doivent se mobiliser avant qu’il ne soit trop tard
Nous appelons donc nos lectrices et lecteurs à la plus grande vigilance pour les mois à venir qui seront décisifs pour la France. Ne nous laissons surtout pas abuser par les discours dominants qui ne manqueront pas de bénéficier de toute la force de frappe médiatique. Comme en février, mars et avril 2005, les réseaux dissidents doivent se mobiliser pour aborder en ordre de bataille la campagne des élections présidentielles de 2007. Car, ne nous y trompons pas, celles et ceux qui veulent que rien ne change sur le fond feront tout pour détourner les débats de leurs objectifs prioritaires. Ils se focaliseront (c’est déjà le cas) sur les thèmes de l’insécurité et de l’immigration qu’ils agitent comme une muleta devant un taureau. Et nous savons comment se terminent toutes les corridas… par la mise à mort de l’animal.
Il est grand temps de nous mobiliser pour déjouer leurs plans !
Yves Barraud – APNÉE/Actuchomage
PS : Il est toujours temps de signer notre Appel pour une RÉNOVATION DÉMOCRATIQUE (lire l’édito de la page d’accueil du site).
(1) Mots et phrases extraits du discours d’Arnaud Montebourg prononcé lors de la réunion nationale de «Rénover Maintenant» le 13 mai à Paris, sur le thème «Menaces sur les libertés publiques : Le danger Sarkozy».
(2) «Les sous-sols de la République», comme les qualifiait fort justement François Desanti, porte-parole de la CGT-Chômeurs.
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Commentaires
Article écrit en février 2006. Il ne prend évidemment pas en compte les mobilisations sociales autour du CPE.
Assisterons-nous à un second tour pour lequel seront retenus deux candidats ayant rallié moins de 30% des suffrages : un Sarkozy à 15% et une Royal à 13%, par exemple ? Ou un Bayrou à 15% et un Le Pen à 12% ? Ou un Sarkozy à 14% et un Fabius à 13% ? Pendant que les autres candidats, les Laguillier, Besancenot, Buffet, de Villiers, Dieudonné… se partageront, lui 6%, elle 4,5%, et le dernier 0,5% des voix.
Un Président élu avec 12% d’opinions favorables !
Comme en 2002, on risque fort de se retrouver avec un Président de la République qui aura recueilli en première intention de vote (au premier tour donc), moins de 20% des suffrages exprimés, soit l’assentiment de 12 à 14% des Français en âge de voter (résultats correspondant aux maigres performances de Jacques Chirac en 2002).
Puis, lorsque les législatives s’annonceront, nous assisterons au ras de marée habituel (lié au mode de scrutin majoritaire) qui accordera une majorité absolue à un parti politique minoritaire, probablement le PS ou l’UMP. Par le biais d’accords électoraux locaux avec ces deux grandes formations, l’UDF, le PC et les Verts tireront encore leur épingle du jeu en récupérant quelques strapontins dans l’Hémicycle. Pendant que les autres, les «petits partis», n’obtiendront pas un seul député (en 2002, même le FN qui a totalisé 18% des suffrages au second tour des présidentielles n’a pas réussi à faire élire un seul représentant à l’Assemblée !).
Une majorité absolue pour l’UMP à l’Assemblée en 2007 ?
À un an des échéances électorales, nous clamons haut et fort que nous ne voulons pas revivre ce scénario catastrophe ! Et nous devons nous élever sans attendre contre un système électoral dans lequel nous ne nous reconnaissons pas.
Il n’y a pas à chercher bien loin pour trouver les arguments qui légitiment ce refus. Une fois n’est pas coutume, ils dépassent largement les clivages partisans et les frontières idéologiques qui départagent la gauche et la droite. Cette convergence des analyses et des expressions issues de tous les horizons politiques est certainement le garant du bien-fondé de cette revendication : IL FAUT CHANGER LES RÈGLES !
Plus pertinents qu’un long discours, listons les différentes déclarations et constats qui ont émaillé l’actualité de ces 10 derniers mois.
• Qui a écrit en juillet 2005 que «78% des Français ne s’estiment pas représentés à l’Assemblée nationale» ?
«Le Figaro» qui publiait un sondage de l’institut BVA.
• Qui a affirmé en août 2005 dans les colonnes du «Nouvel Observateur», à propos des hommes politiques : «Nous n’avons plus aucune légitimité !» ?
Franck Borotra, ex-numéro 2 du RPR, ex-ministre sous Juppé, ex-député, ex-président du Conseil général des Yvelines… et, effectivement, proche du Président de la République !
• Qui a récidivé en octobre 2005, en affirmant que «76% des Français ne font pas confiance à leurs représentants» ?
«Le Parisien/Aujourd’hui en France» qui s’appuyait lui aussi sur un sondage d’opinion !
• Qui a affirmé le 16 décembre 2005 que la France n'est «pas une démocratie» mais s'apparente plutôt à «une monarchie élective» ?
Hervé Morin, Président du groupe UDF à l’Assemblée nationale !
• Et qui a dit lors du même colloque : «Quand nous analysons les causes de l'échec, l'enlisement, la stagnation de la France, nous y voyons d'abord des causes institutionnell es» ?
François Bayrou !
Et à gauche, qu’observe-t-on ? Des convergences de vues de plus en plus fortes autour d’Arnaud Montebourg, chef de file du courant socialiste «Rénover maintenant» qui appelle à la réforme constitutionnel le et à l’avènement de la VIe République.
La France victime d’un profond malaise démocratique
Voilà le constat que l’on peut tirer d’une succession d’indices qui témoignent indiscutablemen t d’un profond malaise démocratique. Pourtant, rien ne change ! Les règles du grand jeu électoral sont figées dans le seul but de permettre aux partis de l’establishment , UMP et PS pour l’essentiel, UDF et PC dans une moindre mesure, de conserver leurs prérogatives et l’attribution d’une manne d’argent public qui finance leurs activités, leurs permanents et leurs campagnes.
Les règles du grand jeu électoral sont figées alors qu’il faudrait les réformer rapidement pour redynamiser l’engagement républicain de tous nos concitoyens. Mais les tenants du pouvoir semblent se contenter d’une situation où PLUS DE 50% DES FRANÇAIS ne sont pas représentés à l’Assemblée nationale, quand on additionne les abstentionniste s (30 à 35%), les votes blancs et ceux des Françaises et des Français qui se sont exprimés en faveur de formations politiques non représentées dans l’Hémicycle (LCR, LO, FN, MPF – quatre formations qui totalisent près de 30% des voix).
Et quand on s’intéresse de plus près aux origines socioprofession nelles et ethniques des «représentants» du peuple, on mesure à quel point les diversités et la mixité de la société française sont des valeurs négligées pour ne pas dire bafouées dans les plus hautes instances de la République.
Femmes, classes populaires, Français d’origines étrangères, jeunes, tous exclus !
Commençons par l’inégalité de représentation la plus visible, la plus criante : Au Palais-Bourbon, on compte 75 femmes députées pour 502 hommes (13% de l’effectif total). Elles ne sont que 11% d’élues dans le groupe UMP, 17% dans le groupe PS, 18% dans le groupe Communiste et 3% à l'UDF !
Si parmi les députés, 37 sont avocats, 44 cadres supérieurs, 27 ingénieurs, 31 médecins, 11 chirurgiens et 18 dentistes, 8 pharmaciens et 21 industriels, seuls 3 sont d'anciens ouvriers et 2 sont d’anciens marins.
Si parmi les députés, 28 sont issus des grands corps de l'État et 27 de la plus haute catégorie de fonctionnaires (la A), seuls 9 sont issus des catégories B et C de la fonction publique. Enfin, sur les 21 députés agriculteurs, un seul était salarié agricole.
Nul besoin d’une paire de lunettes à double foyers pour observer que les classes populaires sont largement sous représentées à l’Assemblée nationale. Mais cette «comptabilité de classes» s’avèrerait presque anecdotique au regard de l’analyse «ethnique» de celles et ceux qui peuplent les rangs de l’Hémicycle : Ne cherchez pas un député «issu de l’immigration» (notamment africaine), il n'y en a pas !
Enfin, 2,6% des députés ont MOINS DE 40 ANS. On comprend mieux dès lors pour quelle raison le fossé se creuse entre la jeunesse de ce pays et ses "représentants". Cerise sur le gâteau, parmi les 10 députés les plus jeunes de la majorité et de l'opposition, il y a seulement une femme… soit 10% des effectifs !
Une Assemblée qui fleure bon le XIXe siècle
Par qui sont représentés les 5 ou 6 millions de musulmans de ce pays (qui sont majoritairement des Français d’origine africaine et nord-africaine) ? Par qui sont représentés les centaines de milliers de Français d’origine asiatique, et aussi les millions de Français issus des premières vagues d’immigration d’Europe du sud (Espagne, Portugal, Italie) et de l’est (Pologne) ?
En consultant les patronymes des représentants du peuple, on a le sentiment qu’il faut être Français de souche pour avoir quelque chance d’être élu à l’Assemblée nationale. Les rares noms de famille à consonance «exotique» sont ceux des député-E-s… corses !
Voilà à quoi ressemble l’Assemblée nationale sensée représenter les Français dans toutes leurs diversités socioprofession nelles, ethniques et religieuses : une classe de Dupont/Durand, notables de province, qui fleure bon le XIXe siècle.
Mais nous sommes au XXIe et la société française est confrontée à des situations qui imposent que les communautés nationales soient équitablement représentées. Trop d’exemples récents soulignent ce déficit chronique. Lors des récents événements des banlieues, on a pu mesurer la dramatique absence de porte-parole et de représentants de ces millions de Français qui vivent dans des quartiers défavorisés, voire laissés à l’abandon. De même, la lamentable affaire de l’article 4 de la loi du 23 février 2005 qui évoque «les aspects positifs de la colonisation» a heurté les communautés d’origines antillaise et africaine, soit au bas mot plusieurs millions de nos concitoyens qui ont été complètement exclus du vote parlementaire qui a entériné (avec l’aval des socialistes rappelons-le) un article stupide et offensant.
Voilà à quoi conduit la non représentation des habitants de ce pays dans toutes leurs diversités : à des incompréhension s qui peuvent se transformer à force d’exclusions répétées en communautarisme , puis en sectarisme, voire en affrontements. De ce point de vue le pacte républicain et l’unité du pays sont en danger.
Attaquons-nous à ce déni de démocratie !
Aujourd’hui donc, nous nous élevons contre un système qui, de notre point de vue, marginalise un nombre croissant de Français. Il est nécessaire d’inverser une tendance qui prive la majorité d’entre nous d’une représentation équitable. Les élections présidentielles et législatives semblent prendre une tournure comparable à celle que nous avons connue il y a cinq ans. Sur la forme, les résultats seront certes différents puisqu’une femme ou un homme succèdera à Jacques Chirac à la tête de l'État. Mais sur le fond, notamment à l’Assemblée nationale, le mode de scrutin privera une majorité de Français de représentants et accordera certainement une «majorité absolue» à un parti politique minoritaire. C’est à ce déni de démocratie qu’il faut absolument s’attaquer !
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Un communiqué d'APNÉE/Actuchomage Répondre | Répondre avec citation | Citer
Par Muriel GREMILLET - Libération
lundi 15 mai 2006
La jolie salle à l'italienne du théâtre Dejazet se remplit d'un coup : Arnaud Montebourg va parler. Samedi, le député de Saône-et-Loire clôturait une journée de débats sobrement intitulée le «danger Sarkozy». De quoi parler des libertés publiques, de l'immigration, de la justice, de l'instrumentalisa tion de l'appareil d'Etat à des fins de guerre de pouvoir. Un programme qui aurait pu faire sourire il y a quelques semaines. En pleine affaire Clearstream, après le vote de la loi sur l'immigration, les débats ont montré qu'il n'y a vraiment pas de quoi rire. Tout l'après-midi, les témoignages de magistrats, d'avocats ou de militants des droits de l'homme ont décrit la crise institutionnell e que traverse la France, faite d'arbitraire policier et d'abus de droit. «Un coup d'Etat permanent», dénonce Arnaud Montebourg, en décrivant un Sarkozy tolérant comme «seule liberté celle des marchés et du CAC 40.»
Mais le député a surtout donné à ses partisans ce qu'ils étaient venus entendre : qu'il pourrait, lui aussi, être candidat à l'investiture du PS pour la présidentielle. «Il faut se préparer à toutes les éventualités, dit-il. Soit le projet des socialistes est au rendez-vous. Soit nous devons nous préparer à prendre nos responsabilités .» Applaudissement s nourris, même si la menace est surtout un moyen de donner du poids aux propositions de son courant «Rénover maintenant». Son délégué général, Thierry Mandon, résume le deal : pour que Montebourg et ses amis se rallient au projet commun socialiste, celui-ci devra prévoir une réforme institutionnell e forte, une VIe République. Ce projet, défendu depuis longtemps par le député de Saône-et-Loire et ses partisans, n'avait pas été inclus dans la synthèse votée en novembre au Mans. «Il faut refonder la République, pas se contenter de changer les fauteuils», dit Montebourg, qui avait claqué la porte au nez de la synthèse au nom de la VIe République.
Autres engagements non-négociables, la maîtrise de la mondialisation et la prise en compte dans le projet de positions des opposants au traité rejeté le 29 mai 2005, moins libérales sur l'Europe . «Les socialistes ne peuvent pas se contenter d'être des révolutionnaire s du statu quo», dit Montebourg. «Nous n'avons pas d'autre choix que de voir les choses en grand dans la crise économique et politique actuelle.»
Ce discours avait aussi comme objectif de requinquer des militants qui manifestement ne savent pas trop à quel saint, ou à quel candidat, se vouer pour incarner cette rupture. «Fabius ? Certains de nos délégués ont du mal à croire à son changement, dit un membre de Rénover maintenant. Hollande et Ségolène ? C'est le néant.» Ils font confiance à Montebourg pour choisir le bon candidat, à défaut de l'être lui-même. D'où la tournée de politesse des candidats à l'investiture entamée par Montebourg : la première visite a été réservée à Laurent Fabius, la seconde à Ségolène Royal. Le prochain tête-à-tête sera le 18 mai, avec un ex-Premier ministre qui ne goûtait guère à cette époque les frasques du député Montebourg : Lionel Jospin.
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Comment se fait-il que l'on ne lise à peu près nulle part ce genre d'analyse et de mise en perspective des faits?
Que ces questions simples, mais ho combien essentielles, ne soient plus posées par personne et notamment par ceux dont ce devrait être le métier : les journalistes ?
Encore une fois, Actuchomage se distingue en décryptant la politique et en défendant la Démocratie.
L’année 2007 va être passionnante si le site continue sur cette qualité d’analyse et d’information !
Encore bravo. Et merci.
Nicrus
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Je suis pratiquement d'accord avec tout ce qui dit dans le commentaire. Mais, il y a un problème. La solution préconisée par ce texte " voter contre le statu-quo" n'est pas claire, car si j'ai bien compris, ce serait contre le statu-quo institutionnel surtout. Le lien vers la "pétition-appel pour une rénovation démocratique" le confirme.
Dans ce contexte, la question qui se pose est comment obtenir l'engagement solennel (non, pas une promesse!!) pour qu'une telle renovation démocratique soit bien effective après les élections.
Il n'y a que trois solutions pour sortir du statu-quo;
- soit il y a un candidat qui s'engage solennement à ouvrir un débat public clôturé par un référendum constitutionnel , dès son élection. ( le Ps le promet mais leurs propositions ne sont pas claires du tout et la confiance, ça se mérite.) Le seul envisageable vis a vis de cette confiance pour le moment serait Montebourg, mais il n'est pas précandidat et il y aurait le filtre du PS et de ses caciques de toutes façons.
- soit aucun candidat n'est clair, et il serait alors nécessaire d' envisager de désigner notre propre candidat aux élections présidentielles avec ce seul objectif. (ce qui me semble irréaliste).
- soit il faut prôner l'abstention aux élections présidentielles et ainsi créer un mouvement d'opinions s'engageant à l'abstention aux présidentielles (de ne pas voter quoiqu'il puisse arriver) pour peser sur les candidats et partis actuels afin qu'ils intègrent cet engagement solennel dans leur programme.
OR,
Jamais les partis et les élus actuels, n'accepteront de perdre de leurs prérogatives (adieu au cumul des mandats, durée des mandats, bonjour la proportionnelle , rénovation du sénat, innéligibilité des hauts fonctionnaires ou de catégorie A, reconnaissance du vote blanc, vers une décentralisatio n démocratique etc…).
Ces partis ne peuvent envisager la "grande lessive" démocratique dont la France a besoin. Tout au plus, ils accepteront de redonner un peu plus de pouvoirs au parlement, de revoir à la baisse ceux du président avec peut être un statut pénal, de rendre encore plus obscur le systéme actuel de cumul des mandats (Dans ce dernier cas, on peut faire confiance au PS pour nous trouver des formules alambiquées).
Donc, il est nécessaire de retenir la troisième solution et d'essayer de développer un tel mouvement, ou dynamique pour faire en sorte que ce débat insitutionnel soit un débat central lors de la Présidentielle. Ce qui ne sera pas facile. (Cette présidentielle sera sans aucun doute submergée par les questions sécuritaires et migratoires. On peut faire confiance à Sarkozi.).
Pour ma part, je m'engage dans cette troisième solution au travers de mon blog: "Changer la République" . http://changerlarepublique.overblog-com/.
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Il a aussi marqué son désaccord avec la méthode prévoyant que les adhérents voteront sur un seul texte, sans amendements.
"C'est une grave déception", a dit le député de Saône-et-Loire devant la presse, au lendemain de la discussion du texte devant le bureau national du parti. Il a évoqué un projet "frileux et conformiste, sans audace et sans ambition".
M. Montebourg et ses amis sont les seuls à ne pas avoir signé la synthèse du Congrès du Mans, en novembre. Ils ont alors quitté le courant "Nouveau parti socialiste" et créé la sensibilité "Rénover maintenant".
Pour lui, "les leçons du 21 avril 2002 ne sont pas tirées", et notamment "la question centrale de l'impuissance du politique". "Il faut apporter une vision bouleversante qui déplace l'ordre des choses", a-t-il estimé, regrettant que le PS, "parti du mouvement", "se noie dans une tisane gestionnaire froide".
Demandant que le parti "se ressaisisse", il a annoncé le dépôt d'une série d'amendements au texte qui doit être discuté mardi par un nouveau bureau national élargi à la commission du projet.
Les amendements porteront notamment sur la réforme des institutions et la VIème république ("45% du parti est pour", a-t-il affirmé), la régulation du capitalisme financier, la politique de l'emploi (avec par exemple la mise en place d'un système de bonus-malus social dans les entreprises), la relance de l'Europe, la recherche…
Il a soulevé le "problème démocratique" que pose, selon lui, la méthode, avec un texte unique, d'ailleurs "inférieur" à la synthèse votée au Mans, sans vote des amendements par les militants, "sans débat à l'intérieur du parti". "Une méthode bureaucratique, et non pas démocratique", a-t-il insisté.
Thierry Mandon, maire PS de Ris-Orangis, incriminant le "centralisme non démocratique" du PS, a précisé que le vote dans les sections des partisans de "Rénover maintenant" serait fonction du "sort réservé" à leurs amendements.
Interrogé sur sa candidature éventuelle à l'investiture présidentielle, M. Montebourg a indiqué que "ce sera(it) abordé" quand le PS disposera de son projet définitif. "C'est sûr que ne pas avoir un projet satisfaisant et ne pas avoir de candidat qui porte nos idées, ça fait beaucoup pour le mouvement rénovateur", a-t-il glissé.
Source : Secrétariat de "Rénover Maintenant" Répondre | Répondre avec citation | Citer
En déplacement à Bondy, la présidentiable socialiste a notamment prôné le placement d'office des mineurs de plus de 16 ans « dans un service à encadrement militaire » dès « le premier acte de délinquance » • Elle a aussi évoqué une « mise sous tutelle des allocations familiales » et évoqué la création de « tuteurs de collèges » •
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